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Lettre à Carla Bruni pour sauver la vie d’une femme enceinte et séropositive

17 juin 2011 (lemegalodon.net)

9 Messages de forum | | Votez pour cet article

Chère Carla,

Puisque nous nous connaissons. Puisque vous avez déjà reçu nos familles et nos enfants concernées par le VIH et le sida à l’Élysée, nous en appelons aujourd’hui à votre humanité pour éviter l’expulsion d’une jeune femme enceinte séropositive et de son compagnon par les services de la préfecture de Tours.

En 2004, Charlotte, une jeune ukrainienne, est venue vivre en France pour continuer sa carrière de danseuse classique. Son mari, originaire de Géorgie, l’a suivi. Ils ont découvert leur séropositivité tous les deux, suite à un test de dépistage effectué en France après leur arrivée.

Pendant six ans, ils obtiennent et renouvellent régulièrement leurs titres de séjour. Ils ont un appartement et travaillent tous les deux.

En 2010, Charlotte est obligée de changer de médecin car son dossier médical est transféré dans une autre ville. Ce médecin transmet un certificat médical à la préfecture. La décision tombe : le traitement VIH existe en Ukraine, elle doit donc y retourner.

Aujourd’hui, Charlotte est enceinte, et doit accoucher au mois d’octobre. L’heureuse nouvelle est arrivée alors que le couple tente de faire un bébé depuis 8 ans ! C’est grâce à l’assistance médicale à la procréation (AMP), ouverte aux couples concernés par une infection virale depuis dix ans. « Mais je ne sais pas si c’est heureusement ou malheureusement » , dit-elle...

Dans les faits, seulement 10 % des séropositifs en Ukraine qui ont besoin d’un traitement antirétroviral y accèdent. Depuis qu’elle le sait, sous menace de l’expulsion, elle a peur non seulement pour sa propre vie, mais aussi pour celle de son bébé. Pour elle, le délai fixé par la préfecture de Tours est « une date de mort » et, malgré un recours juridique engagé au tribunal administratif, elle n’arrive plus « à voir la porte de la sortie ».

Charlotte attendait des jumeaux, elle vient de perdre l’un d’entre eux. Le désespoir qui s’est emparé de cette jeune femme retentit sur la poursuite de la grossesse.

Pour son mari, c’est le même scénario, sauf que lui vient de Géorgie. Donc s’il est expulsé, il sera renvoyé dans son pays d’origine. Il s’agit donc d’une famille qui risque d’être séparée. « Il en fait des cauchemars », raconte Charlotte, « il se voit déjà en Géorgie ».

En Géorgie, le traitement VIH existe et est accessible si et seulement on est hospitalisé. C’est le mari de Charlotte qui s’est renseigné. Il a demandé si la trithérapie qu’il prend en France, existe en Géorgie. Réponse du docteur : « Non, ça n’existe pas, je ne peux pas vous garantir que vous vivrez longtemps avec nos traitements »

Chère Carla, nous attendons votre mobilisation pour empêcher cette double expulsion avant qu’il ne soit trop tard.

Vos amis du Comité des familles.

Contact : Reda Sadki 06 50 80 39 23

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