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Carte de séjour | Charlotte | Femmes séropositives | Grossesse et VIH | Malades étrangers

Une préfecture tente d’expulser une femme enceinte et séropositive, sous prétexte que le traitement « existe » dans son pays

15 juin 2011 (lemegalodon.net)

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PARIS, le 15 juin 2011 (papamamanbebe.net) — Charlotte, une jeune ukrainienne, est venue en France en 2004 pour continuer sa carrière de danseuse classique. Son mari, originaire de Géorgie, l’a suivi. Ils ont découvert leur séropositivité tous les deux, suite à un test de dépistage effectué en France après leur arrivée.

Pendant six ans, ils obtiennent et renouvellent leurs titres de séjour. Ils ont un appartement et travaillent tous les deux.

En 2010, elle est obligée de changer de médecin car son dossier médical est transféré dans une autre ville. Ce médecin transmet un certificat médical à la préfecture. La décision tombe : le traitement VIH existe en Ukraine, elle doit donc y retourner.

Aujourd’hui, Charlotte est enceinte, et doit accoucher au mois d’octobre. L’heureuse nouvelle est arrivée alors que le couple tente de faire un bébé depuis 8 ans ! C’est grâce à l’assistance médicale à la procréation (AMP), ouverte aux couples concernés par une infection virale depuis dix ans. « Mais je ne sais pas si c’est heureusement ou malheureusement » , dit-elle...

Dans les faits, seulement 10% des séropositifs en Ukraine qui ont besoin d’un traitement antirétroviral y accèdent. Depuis qu’elle le sait, sous menace de l’expulsion, elle a peur non seulement pour sa propre vie, mais aussi pour celle de son bébé. Pour elle, le délai fixé par la préfecture est “une date de mort” et, malgré un recours juridique engagé au tribunal administratif, elle n’arrive plus “à voir la porte de la sortie”.

Pour son mari, c’est le même scénario, sauf que lui vient de Géorgie. Donc s’il est expulsé, il sera renvoyé dans son pays d’origine. Il s’agit donc d’une famille qui risque d’être séparée. « Il en fait des cauchemars », raconte Charlotte, « il se voit déjà en Géorgie ».

En Géorgie, le traitement VIH existe et est accessible si et seulement on est hospitalisé. C’est le mari de Charlotte qui s’est renseigné. Il a demandé si la trithérapie qu’il prend en France, existe en Géorgie. Réponse du docteur : « Non, ça n’existe pas, je ne peux pas vous garantir que vous vivrez longtemps avec nos traitements »

Le Comité des familles dénonce les pratiques illégales des préfectures qui méprisent la loi accordant de plein droit la carte de séjour mention vie privée et familial pour les personnes atteintes de pathologies graves.

Le Comité des familles réclame l’abrogation de toutes les lois iniques qui entravent l’accès des personnes vivant avec le VIH à une véritable protection sociale de qualité permettant de vivre et de se soigner dans la dignité, dans le pays où ils sont installés, sans distinction ou condition de nationalité, d’origine ou de statut juridique.

Contact presse : Reda Sadki 06 50 80 39 23