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Homosexualité | Nora Berra

L’homosexualité, facteur de risque pour le VIH ?!

7 mai 2011 (lemegalodon.net)

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Sandra : « L’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH ». Est-ce que vous savez, autour de la table, qui a dit cette phrase ?

Tina : On en a parlé ce matin. C’est la nouvelle ministre de la Santé, Nora Berra qui a dit ça dans un journal.

Sandra : Secrétaire d’État à la Santé plus précisément.

Sadek : Oui, c’est un facteur de risque si on ne prend pas des précautions, mais sinon non, je ne vois pas...

Sandra : Donc tu es d’accord avec son propos ?

Sadek : Il n’y a pas de risque si on se protège, si on est prudent par rapport à des relations sexuelles qu’on a. Mais sinon, un homosexuel n’est pas à risque. Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire dans...

Ali : C’est une stigmatisation. C’est les premières personnes qu’on peut stigmatiser comme cela a été fait il y a 30 ans et ça continuera à être comme ça.

Tina : Je pense que de nos jours, de dire ce genre de phrase, c’est vraiment un peu aberrant et dangereux parce que ça n’explique pas les choses et ça stigmatise juste une population alors que c’est vraiment le comportement qui peut être à risque. Un certain comportement, mais pas une communauté.

Zina : Je trouve ça scandaleux en fait de tenir des propos pareils. C’est simplement la sexualité sans protection qui est un risque, quelle soit hétérosexuelle ou homosexuelle. Peu importe quoi.

Isabelle Mercier : L’homosexualité est un facteur de risque, ça me paraît bizarre de dire que c’est un facteur de risque. La sexualité sans préservatif est un risque. Mais facteur de risque ? Puis effectivement toujours pareil, différencier l’homosexualité ou la sexualité ou alors à penser que madame n’a pas de sexualité.

Romain Farina-Cussac : Effectivement, on a l’impression que ses propos c’est un retour en arrière. On a essayé de faire beaucoup d’information pour que les choses avancent, pour qu’on ne stigmatise pas une population à une autre, qu’on est tous dans le même bateau. C’est juste la sexualité non protégée qui est à risque et pas une orientation sexuelle. En même temps, ce ne sont pas les premiers propos d’hommes politiques ou de femmes politiques qui dérapent. Il y a Christian Vannest, qui est un député assez connu qui a dit que l’homosexualité était un des plus grands fléaux de la planète encore récemment donc bon... Ça ne m’étonne pas, c’est des bêtises comme on entend pour beaucoup quoi.

Sandra : Pour information, cette phrase a été prononcée par Nora Berra devant le Sénat lors du débat de la loi bioéthique qui concernait le don d’organe. Elle disait : « La loi ne discrimine personne, mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don ». Et hier Nora Berra, est revenue sur ses propos : « C’est bien la notion de pratiques à risques qui doit être prise en compte comme facteur de risque du VIH et non pas, évidemment, le fait d’être homosexuel ». Qu’est-ce que vous pensez, le fait qu’elle soit revenue hier sur ses propos ? Est-ce que vous pensez qu’elle le pense vraiment ? Que c’était une maladresse de sa part ? Ou est-ce que c’est parce que, peut-être qu’on lui a dit, là tu as peut-être fait une bourde.

Romain Farina-Cussac : Le fait qu’elle revienne sur ses propos, c’est bien qu’elle s’aperçoit qu’elle a dit une bêtise. Elle n’a pas expliqué effectivement, je pense qu’elle a parlé un peu vite peut-être. On est en droit de penser qu’elle le pense après tout. On peut faire une erreur.

Zina : Moi je suis très septique en fait. Pour moi, elle a pensé ce qu’elle a dit la première fois. Pour elle, l’homosexualité sont des pratiques à risque.

Sadek : Elle pensait, après elle a réalisé qu’elle a commis une bourde. Son entourage lui a dit tu t’es un peu laissée aller. Voilà sans plus.

Zina : Et puis c’est la mode en ce moment de commettre des bourdes et de revenir dessus.

Ali : Oui, c’est vrai, par rapport aux grosses bourdes qui se disent dans d’autres domaines, qui peuvent être faites par des ministres ou autres, c’est vrai qu’on peut bien lui pardonner ça. En revanche, il me semble qu’avant d’être ministre ou adjointe du ministre, elle avait également des responsabilités, je ne sais plus dans quelle autre instance, venant de sa part, c’est normal que ça choque quoi.

Tina : Et l’autre côté ce qu’elle entretien aussi avec ce genre de propos, c’est qu’on met en lien le VIH avec l’homosexualité et que de nouveau, la communauté hétérosexuelle ne se sent pas concernée, c’est des prises de risque par rapport à la communauté hétérosexuelle. Elles peuvent aussi augmenter à cause de ce genre de propos parce que voilà, c’est toujours une seule communauté qu’on lie au VIH.

Transcription : Sandra Jean-Pierre