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Bruno Toussaint | Dr Samuel Claude | Industrie pharmaceutique | Pouvoir médical | Sang contaminé

Dr Claude Samuel, président de l’Association de défense des victimes de l’affaire du sang contaminé : « Nous sommes prêts à recevoir les victimes du Médiator »

3 février 2011 (lemegalodon.net)

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Sandra : Nous sommes avec Claude Samuel, président de l’Association de Défense des Victimes de l’Affaire du Sang Contaminé. Claude Samuel votre association existe depuis combien de temps maintenant ?

Claude Samuel : Nous avons été créés en association relais de l’association des polytransfusés en 1996. Mon ami Christian Garvanof, martyre, qui était hémophile et qui était le secrétaire général de l’association des polytransfusés, je lui dédie cette émission.

Sandra : Ali, sang contaminé ça te parle ?

Ali : Oui puisque, je vais faire court. On en a déjà parlé dans de précédentes émissions. L’historique du VIH c’est grosso modo 80, je vois un premier article 85 % d’homosexuels, 15 % de toxicomanes. Et donc par la suite les toxicomanes ayant des relations hétérosexuelles ont contaminé des partenaires et ainsi de suite. Et est venue l’affaire du sang contaminé pour laquelle plusieurs ministres de l’époque ont été condamnés. Il se trouve que moi, je me suis senti concerné parce que si j’ai essayé de protéger mes partenaires à l’époque, quand je faisais l’amour ou de ne pas distribuer mes seringues, de ne pas échanger mes seringues quand j’ai appris ce qu’étaient le VIH et le VHC. J’ai appris par la suite que le sang qu’on nous prélevait en prison, alors qu’on faisait du sport et tout, deux, trois fois dans l’année ont nous prélevait du sang. Et par la suite j’ai appris que des gens qui étaient accidentés de la route ou hémophile, comme j’ai pu en croisé au Comité des familles, ils avaient été contaminés dans ces années-là et peut-être, justement parce qu’ils mélangeaient les mêmes rhésus sans les chauffer contrairement au pays anglo-saxon. Et donc de savoir qu’indirectement on a contaminé des personnes en pensant éventuellement sauver des vies, ou je ne sais quoi, dans le temps quoi. Donc c’est ce qui a fait le scandale du sang contaminé. Et c’est aberrant.

Sandra : Claude Samuel, vous souhaitez ajouter quelque chose ?

Claude Samuel : Oui, chère amie, non seulement je ne veux pas ajouter quelque chose, je dis bien chère amie. Mais la manière dont sont présentées les choses est hélas ! tristement complètement fausse. Pourquoi est-elle fausse ? Parce qu’il faut respecter la chronologie et l’état des connaissances scientifiques de l’époque. L’affaire du sang contaminé, c’est d’abord les hépatites qu’on appelle actuellement les hépatites C ! Sur laquelle est venu se greffer le virus du sida ! Et si on avait fait, et on le savait, à l’époque, ce qu’il fallait faire pour éviter une grande partie des contaminations pour les transfuser par le virus de l’hépatite C, la majorité des personnes qui ont été contaminées par transfusion, qui a le sida, n’aurait jamais été contaminée. Je voudrais aussi revenir sur un point qui est capital, que mon ami ici présent en face. Donc j’apprends que vous avez pour des raisons X, on vous a prélevé pour des collectes de sang dans les prisons. À quoi servaient les collectes de sang dans les prisons ? ! Et là, il faut absolument parler du commerce du sang ! Et notamment la fabrication du vaccin contre l’hépatite B par l’institut pasteur production ! Et tous les liens qu’il y a avec. Ceci, c’est un autre thème.

Sandra : Claude Samuel, ce n’est pas votre premier passage à l’émission Survivre au sida. Vous étiez venu notamment pour parler de l’affaire du sang contaminé. Aujourd’hui, nous allons discuter avec vous de l’affaire du médiator. Ce médicament présenté comme un coupe-faim pour les personnes diabétiques en surpoids, qui a été retiré du marché, car mortel. Ce médicament a causé la mort de plus de 500 personnes. L’affaire du Médiator a fait couler beaucoup d’encre. Encore aujourd’hui les médias parlent de la toxicité des médicaments. Hier, on apprend que 77 médicaments sont mis sur surveillance. Mais les médicaments ont toujours été toxiques. Prescrire, une revue spécialisée qui alerte le grand public sur les nouveaux médicaments, a donné une conférence de presse lundi 17 janvier. On va écouter Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de Prescrire.

Début du son.

Bruno Toussaint : Leurs effets indésirables sont disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent. Alors par exemple, il y a la Pioglitazone, Actos, le nom de marque, un anti diabétique, qui n’est pas très efficace du point de vue du diabète, et qui augmente le risque de cancer de la vessie. C’est totalement injustifié de courir un risque de cancer de la vessie avec ce médicament-là. Tout récemment en début janvier, on en a parlé dans Prescrire, encore une fois de plus, le Buflomedil, un vasodilatateur qui ne vasolidate pas grand-chose et qui provoque des accidents cardiaques ou neurologiques qui sont parfois mortels. Pareil, mourir pour ce médicament c’est totalement inadmissible. Et l’antibiotique Télithromycine, Ketek qui n’a absolument aucune efficacité supplémentaire par rapport à tous les membres sa famille, la famille des macrolides, qui en revanche a plus d’effets indésirables, cardiaques, neuromusculaires, oculaires, etc. Il y a le Nimésulide, un anti-inflammatoire, encore une fois qui ne fait pas mieux que les autres, mais qui est nettement plus toxique du côté du foie, avec des greffes de foie. Donc il y a plusieurs années qu’il est contesté. Il a été décidé qu’il reste sur le marché. Et que, on va enquêter et recenser les greffes de foie dû à ce médicament. Pour nous, c’est totalement inadmissible d’en arriver là. Il y a des années qu’on sait que le médicament n’est pas plus efficace que les autres. Il faut le retirer du marché. Et il est encore remboursé oui.

Fin du son.

Sandra : Claude Samuel pourquoi est-ce qu’il a fallu attendre l’affaire du Médiator pour parler de la toxicité extrême de certains médicaments ?

Claude Samuel : Nous ne sommes pas médecins. Nous ne sommes pas pharmaciens. Si on avait fait, ce qu’il fallait faire, dans le cadre de la présentation troquée et truquée de l’affaire du sang contaminé, le Médiator et les autres, parce qu’il y a, et il y aura d’autres Médiator si on ne fait rien, ça ne serait jamais arrivé. Nous avons deux formules de l’association. Qui ne gueule pas la vérité dans un langage brutal, quand il sait la vérité, se fait le complice des menteurs et des faussaires, Charles Pégy. Et une autre qui est la mienne. En laissant faire complice donc coupable.

Sandra : Est-ce que vous êtes d’accord avec le député PS Gérard Bapt, quand il dit que le Médiator c’est plus grave que le sang contaminé sur le plan sanitaire ?

Claude Samuel : Cette question est encore une fois parfaitement tronquée et truquée. Le problème ne se pose pas en terme d’opinion. Ce que je peux penser en terme d’opinion ça ne regarde que moi, ça n’a aucun intérêt. Nous nous basons uniquement sur les faits. Les faits, on constate. Que déclare le député du parti socialiste, le docteur Gérard Bapt, médecin-cardiologue, ancien interne et chef de clinique des hôpitaux de Toulouse ! ? Express du 5 janvier, titre de la page : « « plus grave que le sang contaminé » ? Question de L’Express : Pensez-vous que ce scandale soit comparable à celui du sang contaminé ou à celui de l’hormone de croissance » ? La réponse du docteur Bapt, médecin cardiologue, ancien interne des hôpitaux, ancien interne et ancien chef de clinique des hôpitaux de Toulouse : « Sur le plan sanitaire, il est beaucoup plus grave. Plusieurs dizaines de morts pour le premier, 120 officiels pour l’hormone de croissance ». Voilà ce qu’a déclaré ce médecin, député du parti socialiste. Alors on me demande, est-ce qu’on a une opinion ? Nous n’avons pas d’opinion. Les faits ! Les faits ! On constate ! On constate qu’il y a révisionniste médical et qu’il y a négationnisme médical. Les faits ! On constate que la France, sida transfusés 8 000. Hémophiles 1200, plus les chaînes de contamination. Hépatite C par transfusion, entre 100 000 et 400 000, plus les chaînes de contamination. Rapport officiel, rapport du professeur Micoud au docteur Bernard Kouchner, ministre de la Santé fin 1992. Rapport d’ailleurs qui a été sciemment tronqué, autre émission. Hépatite C, Sida, voir notre dossier presse sur le site internet que nous ont fait des amis, des relations et exilés politiques aux USA. Dossier de presse de dentiste sans frontière en partenariat avec l’association. Pour revenir à notre rapport du professeur Micoud, que déclare L’Express ? Hépatite C plus de 400 000. Or, les virus sont transmissibles. Il y a création de chaîne de contamination. Hépatite C, infection nosocomiale, partage de seringues, etc., sida, conjointes, conjoints, partenaires, partenaires multiples, mère-enfant, partage de seringues. Le député du parti socialiste, Gérard Bapt, médecin-cardiologue, ancien interne et ancien chef de clinique de cardiologie des hôpitaux de Toulouse. Le Médiator et le sang contaminé par des virus ne sont pas de même nature. Le Médiator ne se transmet pas. Les virus sont transmissibles. Il y a création de chaîne de contamination. Comparé en pleine connaissance de cause et sciemment le Médiator et le sang contaminé par des virus est du négationnisme médical. Docteur Bapt égale révisionniste médical. Docteur Bapt égale négationniste médicale. Bien évidemment, je transmets avec plaisir, que nous sommes prêts à recevoir les victimes du Médiator et avec toutes, hélas, nos connaissances et face à la répression que nous avons subie, c’est avec grand plaisir que nous pourrons parler et leur montrer un certain nombre de choses s’ils ne veulent pas qu’ils se fassent complètement rouler dans la farine.

Sandra : Claude Samuel sur la responsabilité dans l’affaire du Médiator, on va écouter à nouveau Bruno Toussaint. Et ensuite, je poserai la question, pour vous, est-ce que ce sont les mêmes responsables que pour l’affaire du sang contaminé, on écoute.

Début du son.

Bruno Toussaint : Il faut de la transparence, il faut gérer une grande transparence des agences, des groupes de travail, des commissions, des comptes rendus complets et rapides, avec les documents qui ont servi de base de travail pendant les réunions. Et puis il faut bien sûr gérer sérieusement les conflits d’intérêts. Beaucoup d’experts encore aujourd’hui ont des liens d’intérêt avec telle ou telle firme. Il faut très sérieusement être parfaitement exigeant et exiger que les personnes qui ont des liens d’intérêt avec telles ou telles firmes soient tout à fait exclues de tous les processus concernant les dossiers qui concernent cette firme. C’est l’intérêt des firmes pharmaceutiques que de laisser-aller, c’est l’intérêt des patients que d’être exigeants.

Fin du son.

Sandra : Claude Samuel qu’est-ce que vous pensez des déclarations de Bruno Toussaint, sur la responsabilité des firmes pharmaceutiques ?

Claude Samuel : Quelles sont ses fonctions ?

Sandra : Bruno Toussaint, donc c’est celui qu’on a écouté tout à l’heure. Il est donc chef de la rédaction de la revue Prescrire.

Claude Samuel : La rédaction Prescrire, nous leur lançons un message très co-fraternel. Que la rédaction Prescrire est le courage de parler de l’affaire du sang contaminé.

Sandra : Ali, Tina. Toute cette affaire du Médiator, est-ce que vous en avez entendu parler ? Est-ce que vous l’avez suivie ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Il reste peu de temps à l’émission, je vous laisse donner votre avis.

Ali : Comme le disait notre invité, nous ne sommes pas médecins, nous ne sommes pas chercheurs. En revanche, il y a quelque chose d’assez évident si je puis dire. C’est que, le poids des laboratoires pharmaceutiques, qu’on pourra appeler des lobbys, quoi qu’on en dise, finance des campagnes politiques. Et doivent demander en retour un certain nombre de choses et que ce soit des politiques de droit ou de gauche, on l’a vu il y a 25 ans pour le sang contaminé. Bon il y a en a quelques-uns qui se sont fait taper sur les doigts, mais c’est passé à l’as et on trouve toujours de bonnes excuses. Et pareil, là maintenant quand on entend dire que les grandes chaînes laboratoires pharmaceutiques ils pèsent énormément sur la vie politique de certains de nos gouvernants. Voilà quoi. On se demande où il est l’intérêt du patient, l’intérêt du malade.

Tina : Oui moi ce qui me fait peur c’est, je pense que, entre le moment où on se rend compte qu’il y a un problème et le moment où on en parle, il se passe beaucoup de temps. Et ça coûte la vie et la santé de beaucoup de personnes. Je pense que, ce qu’il s’est passé avec le Médiator pour les personnes séropositives, les conséquences peuvent être les mêmes. C’est-à-dire que l’intérêt des laboratoires passe avant. Donc le fric passe avant. Et on préfère garder sous silence pour ne pas risquer de casser tel ou tel marché. Voilà. Donc il y a une certaine hypocrisie et lenteur dans la réaction sur les frais des personnes, la santé des personnes quoi.

Transcription : Sandra Jean-Pierre