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Bill Clinton et Bill Gates united : C’est quoi, la Conférence internationale sur le sida ?

20 juillet 2010 (lemegalodon.net)

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Prévention, recherche, financement sont les mots clés de cette Conférence mondiale.

Mais au fait, c’est quoi cette Conférence ?

Elle est organisée par l’International Aids Society (IAS). En français, la société internationale du Sida. On peut lire sur leur site qu’elle est « le leader mondial des associations indépendantes des professionnels du VIH ».

La Conférence internationale du sida a lieu tous les deux ans. C’est la 18e cette année et elle a lieu dans la capitale d’Autriche, à Vienne. Elle a débuté ce dimanche et se terminera vendredi 23 juillet 2010.

Selon l’IAS c’est « la plus grande conférence régulière sur toutes les questions de santé ou de développement ». Au programme, une dizaine de conférences chaque jour pour faire le point d’abord sur la recherche médicale et scientifique mais aussi sur la politique de lutte contre le VIH et son financement. C’est lors de ces conférences que des résultats confirmés peuvent devenir une évidence, comme, par exemple, le fait que la trithérapie divise par deux le nombre de nouveaux cas d’infection.

Toutes ces grandes discussions se font avec plus de 20 000 personnes cette année. Dans cette masse d’individus : surtout des médecins et des chercheurs, mais également des journalistes et des salariés d’associations des pays riches, ainsi que les heureux « boursiers » venus des pays pauvres, dont le déplacement est pris en charge le plus souvent par des laboratoires pharmaceutiques. Mais où donc sont les personnes atteintes ?

Car, pour l’instant, les paroles jugées percutantes par les médias sont celles de personnalités politiques ou encore de chercheurs. Logique, puisque ce sont eux qui tiennent les clés du financement contre le VIH…

Jugez par vous-même. Bill Gates, connu pour être le milliardaire qui a donné le plus d’argent contre le sida, a déclaré qu’« il faut être honnête : nous ne pouvons pas continuer à dépenser les ressources attribuées à la recherche contre le sida comme nous le faisons aujourd’hui. Nous pouvons continuer à rechercher des fonds, mais nous devons également nous assurer que nous utilisons au mieux chaque dollar consacré à la recherche contre le sida et que nous mettons bien à profit chaque effort réalisé ». L’efficacité, mais à quel prix ?

Pour sa part, l’ex-président des États-Unis, Bill Clinton a voulu marquer les esprits en disant : «  Dans beaucoup trop de pays, beaucoup trop d’argent va à trop de gens qui vont à trop de réunions, qui prennent trop d’avions pour faire trop d’assistance technique ». Et, en toile de fond du refinancement du Fonds mondial contre le sida plane l’ombre des détournements : dans certains pays, jusqu’à 90% de l’argent iraient dans les poches des profiteurs du sida, alors que les malades subissent des ruptures dans l’approvisionnement des antirétroviraux et n’ont toujours pas accès ni aux médicaments de deuxième ligne, ni à ceux qui soignent les maladies opportunistes.

Au-delà des déclarations fracassantes, il faudra bien extraire de tout ce brouhaha les quelques pépites potentiellement porteuses d’espoir. C’était en 2007, à l’occasion d’une conférence internationale en Australie, que Pietro Vernazza avait présenté un poster de ses travaux avec des couples sérodifférents. Six mois avant la publication de l’avis de la Commission fédérale suisse sur le sida, qui déclarait : « Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle ». La nouvelle la plus importante depuis l’arrivée des trithérapies.

Espérons donc que cette Conférence internationale du sida débouchera sur des avancées concrètes pour les familles touchées par le VIH.

Texte : Sandra Jean-Pierre