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DJ Bellek | Les stars et le sida | Méga couscous des familles vivant avec le VIH | Musique | Rap et hip-hop

DJ Bellek raconte (avec insolence) son premier Méga Couscous

28 juin 2010 (lemegalodon.net)

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Reda : Alors il y a une chose que je ne sais pas Sophie c’est si tu étais avec nous au Méga couscous des familles le 20 mars dernier ?

Sophie : Non.

Reda : On va faire un petit tour vers le Méga Couscous puisqu’on va repartir, on va s’écouter une chanson qui avait été fait en live par El Detter et X-Dy. Donc deux artistes de Saint-Denis qui ont composé ça à l’occasion du Méga Couscous. Et on va s’écouter ça, tu nous diras ce que tu en penses. Et puis après on va continuer avec un trop plein de musique. Musique venue des fins fond du gourbi rock algéria et un autre ovni. On a deux ovnis avec nous aujourd’hui. Le gourbi rock à ma gauche, et je ne sais même pas comment appeler ce que tu as fait Belleck.

Dj Belleck : Je ne sais même pas comment l’appeler moi aussi pour l’instant (rires). Je n’ai pas de nom. Là ce sont des morceaux house, électro avec des rappeurs dessus.

Reda : On va commencer par un objet un peu plus identifiable. Ça s’appelle « Une pensée ». C’est El Detter et X-Dy. Ça été fait ici même mardi dernier mais on va se le repasser pour le plaisir.

Musique El Detter et X-Dy avec le titre « Une pensée ».

Reda : El Detter, X-Dy. C’était la semaine dernière et c’était en fait composé pour le Méga Couscous des Familles. Belleck y était. Moi je voulais que tu nous racontes ton Méga Couscous à toi. Tu es venu avec le grand frère, avec toute la famille.

DJ Belleck : Avec mon grand frère, avec ma mère, avec ma soeur, avec mon neveu...

Reda : Comme il se doit ! (rires)

Dj Belleck : On aime le couscous familial ! (rires). Franchement c’était bien, c’était convivial, bonne ambiance, le slam, il y a eu des petits rappeurs, des jeux pour les enfants, j’ai vraiment aimé. Puis même l’ambiance qu’on s’est créé sur scène, avec Youssoupha, avec tout le monde, c’était un bel événement. A refaire

Reda : C’est à refaire et Sophie et Sidi Bémol, vous n’y étiez pas, mais on vous attend pour le prochain

Sophie : Inch’alla.

Reda : Un petit mot pour Nawel, la magicienne qui a préparé ce couscous. On était 600. Alors j’aimerais vos pronostics sur le prochain. Combien de personnes pour le Méga Couscous ?

Dj Belleck : 1 200 l’année prochaine. (rires)

Reda : Du simple au double ! Sophie, 1 200 ?

Sophie : Je n’irai pas jusqu’à 1 200 mais pourquoi pas.

Reda : Ce serait trop quoi.

Sophie : Oui, ce serait super magique.

Reda : Mais déjà il faut bien comprendre, nous le premier on était 60.

DJ Belleck : Sincèrement aujourd’hui avec Internet, pour créer un événement, c’est plus aussi dur qu’avant. Les gens peuvent être vite au courant.

Reda : Mais c’est vrai que sur cette question-là, si tu dis à Saint-Denis, on va faire un couscous gratuit, je pense que tu aurais des milliers de personnes. Tu rajoutes le mot VIH, pour les séropositifs, et du coup l’effet...

Ali : Oui mais malgré tout sur 300, 400 personnes il y a quand même 600 personnes qui sont venues et moi j’en étais persuadé vu le travail que beaucoup de gens ont fait, les personnes qui ont participé, je me doutais bien qu’il allait avoir beaucoup de monde. Malheureusement je n’ai pas pu y être. C’est la parenthèse pour dire que voilà, il y avait quand même du monde.

Reda : Tina est-ce que tu peux nous raconter un peu au niveau des prises de paroles, qu’est-ce qui c’est passé ce jour-là, parce qu’il y a eu un truc invraisemblable. Des gens qui se bousculaient, alors qu’on dit il y a la honte, il y a le silence, il y a cet espèce d’isolement, tout ça. Et tout ça s’est évaporé.

Tina : On avait un flou sur est-ce qu’il y a des personnes qui oseront prendre la parole...

Reda : Devant tout ce monde, faut bien voir, sur une estrade.

Tina : C’est libre, chacun fait comme il a envie, s’il ressent le besoin, et il y avait tellement de prise de parole que même certain qui avaient envie, il n’y avait plus le temps en fait, les prises de parole, de jeunes, de mamans, des enfants, des adultes de tout âge et c’était super.

Reda : Et Ousmane, tu as un petit mot à dire sur la collaboration des artistes, sur la façon dont ils se sont investis pour le Méga Couscous, pour les familles ?

Ousmane : Je pense que la seule chose qui faudrait retenir, surtout du côté des artistes, c’est une chose : pour une fois on fait quelque chose de vrai. Quelque chose qui n’est pas masqué par une intention de se faire du fric derrière les malades. Les artistes ont été très touché parce que ce Méga Couscous a été organisé par les familles concernées pour les familles concernées. Donc du coup, je pense que c’est ce côté-là qui a plus fait le tic à leur niveau.

Reda : Avec l’appel lancé. Tous ceux qui se disent solidaires, de venir le montrer et franchement il y a des façons plus pénibles de montrer qu’on est solidaire...

Ousmane : Et quelque part, je vais rejoindre ce que Tina a dit sur le manque de temps, par rapport à l’intervention des gens, leur témoignage. C’était aussi ça en fait je pense que l’émission « survivre au sida » c’était que les familles ont décidé de ne plus rester dans la honte, dans le silence, donc je pense que c’est aussi ça que les personnes qui ont pris le micro ont voulu témoigner. Il est temps, et je pense que le Méga Couscous c’est aussi ça. Il était temps que les gens sortent, que les gens disent, voilà, moi je suis prêt, je dis ce que je vis avec le VIH, il n’y a pas de raison que je me gêne parce que si je le fais, c’est-à-dire que je condamne une génération ignorante sur le VIH.

Reda : Quand j’ai commencé cette émission de radio en 1995, il y avait tout juste l’arrivée des premiers antiprotéases, trithérapie tout ça. Il y a encore beaucoup de gens qui mourraient, on était encore en plein dedans. Et à l’époque tu aurais dit on va faire un couscous géant, inviter les familles vivant avec le VIH, tu oublies quoi. C’était même pas drôle.

DJ Belleck : C’était perçu comme une mauvaise blague quoi.

Reda : Oui. Et du coup, on voit bien qu’il y a un truc qui paraît immuable, comme on dit toujours les tabous, comme si c’était un truc qui allait durer encore toute l’éternité, eh bien il y a des trucs qui changent. C’est à partir du moment où il y a la possibilité du changement, tout devient possible. Tout est possible. Et les artistes franchement c’est clair que ça fait l’économie de beaucoup de discours, en partageant ce que vous savez faire, il n’y a pas besoin de faire blabla toute la journée, il y a des choses qui passent à travers les racines de nos cultures et ça, ça ne se remplace pas. Et donc on aura besoin de vous l’année prochaine. On aura très besoin de vous.

Transcription : Sandra Jean-Pierre