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Le message du spot du Fonds Mondial passe à la moulinette : « La vie peut-être une aventure extraordinaire. Ne laissons pas le sida la briser. Ne transmettons pas le virus HIV à nos enfants » Qu’en pensent les personnes séropositives ou concernées par le VIH ?

4 juin 2010 (papamamanbebe.net)

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Début du son

Carla Bruni : En décembre 2008 lors de ma prise de fonction en tant que ambassadrice du Fonds Mondial, j’ai exprimé le souhait d’amener le monde des artistes à cette cause. C’est grâce à la réunion d’esprit créatif, de grands talents, que la campagne « Born HIV free » voit le jour aujourd’hui. Nous demandons qu’une chose : votre signature sur le site bornhivfree.org/fr/

Fin du son

Reda : Carla Bruni qui est dans cette initiative « Born HIV free ». On en a parlé mardi dernier avec la pédiatre Sylvie Ouedraogo qui nous expliquait un petit peu, qui nous parlait de sa réalité quotidienne qui est de suivre, de prendre en charge, les enfants touchés par le VIH. L’idée de cette initiative, c’est pour faire connaître le Fonds Mondial auprès du grand public des pays riches. Il suffit de se rendre sur le site internet pour apporter sa signature. Alors est-ce qu’on peut changer le monde avec une pétition sur internet ? Ça me semble un peu naïf et bon enfant, un peu comme le clip vidéo qu’on a visionné juste avant l’émission. Alors est-ce que... Nabila, toi tu l’as trouvé bien le clip, c’est mignon ?

Nabila : Oui le clip en lui-même...

Reda : T’as dit que c’était Kirikou. C’est ça ?

Nabila : Oui le clip en lui-même il est assez chouette et puis avec une chanteuse que j’aime beaucoup. Mais ce qui vient de m’étonner c’est le petit bout de discours que je viens d’entendre. J’ai l’impression qu’on parle déjà d’avoir fait un succès alors que ce n’est pas encore le cas.

Reda : Alors rappel, comme on disait mardi dernier à « survivre au sida ». Depuis 1994 les médecins savent que le traitement antirétroviral bloque la transmission de la mère à l’enfant mais 16 ans plus tard, il y a toujours que la moitié des mamans qui accèdent à ce traitement pour bloquer la transmission. Donc le verre à moitié vide ou à moitié plein Nabila ?

Nabila : Bah... les deux, c’est pareil, à moitié vide ou à moitié plein, c’est la même chose. Pour moi en revanche, la réalité, tu viens d’en parler, la réalité c’est que, effectivement les femmes restent quand même vulnérables par rapport au sida. Les premières touchées sont celles qui sont plus dans la honte et dans l’hésitation pour aller se faire dépister. D’ailleurs en général elles se dépistent à l’occasion...

Reda : Mais il y la dépistage proposé au moment de la grossesse justement.

Nabila : Au moment de la grossesse mais je me dis, au moment de la grossesse c’est quand même trop tard pour pouvoir prémunir les enfants. Surtout qu’on vient d’entendre récemment un chiffre hallucinant où en Afrique, on parle de 400 000 enfants contaminés. Moi ça m’a... ça m’a vraiment fait de la peine. Je me dis moi qui suis contaminée depuis une vingtaine d’années, j’ai l’impression que sur la question des enfants, effectivement en Europe, dans les pays riches, dans les pays développés, on voit de moins en moins d’enfants contaminés mais dans des pays comme ça... j’ai l’impression que c’est un retour des premières années catastrophiques en Europe.

Reda : Alors le Fonds Mondial et donc Carla Bruni son ambassadrice, proposaient d’aborder ce thème-là à travers une publicité. En fait c’est un dessin animé. C’est un espèce de mini Kirikou qui se balade dans le ciel, dans la ville, tout ça. Son identité, c’est-à-dire que l’énorme majorité des enfants touchés par le VIH sont noirs, africains, pauvres, n’est pas du tout abordée. C’est plus un petit être comme ça qui, sans existence, sans point fixe on va dire, qui se balade entre le ciel et la terre. On vous fait écouter le son.

Début du son

Message final du clip dit par Carla Bruni

La vie peut-être une aventure extraordinaire. Ne laissons pas le sida la briser. Ne transmettons pas le virus HIV à nos enfants. Rejoignez-nous sur bornhivfree.org

Fin du son

Reda : Moi ce qui me frappe, c’est quand elle dit le sida ça brise la vie et du coup, à travers ce slogan-là, qui a dû être réfléchi, elle reproduit l’idée, voilà ça y est, le sida c’est la mort. Comme si les enfants qui naissent avec le VIH ne peuvent pas grandir.

Nabila : C’est un message qui peut être auto-destructif. Quand une personne qui est déjà touchée... si le regard des autres est comme ça, qu’est-ce qu’il en est de notre réalité ? Déjà nous on se plaint des traitements qui sont lourds, on se plaint de la stigmatisation de l’autre. Alors si on nous dit en plus que : « Ne laissons pas notre vie se briser », c’est qu’elle est brisée déjà d’avance. Et moi ce n’est pas le message que j’ai envie de donner, de transmettre déjà. Et on en reviendra tout à l’heure parce que sur le forum, il y a des questions de ce genre qui reviennent, des gens qui n’ont pas encore accepté aujourd’hui, après 20 ans, 30 ans de contamination et qui sont encore dans le désespoir de cette maladie. On a envie de bouger, d’avancer sur ces questions, que tout le monde ait accès aux soins et puis en même temps donner un message d’espoir.

Reda : Ce clip il est pour ça. Il est pour l’accès universel des mères et des enfants aux traitements. Mais elle dit aussi : « Ne transmettez pas le virus à vos enfants » comme si... moi ce que j’entends, ça sous entend que les parents qui auraient des enfants séropositifs, quelque part ils auraient laissé faire ou ils seraient responsables de leur contamination, de la transmission à leurs enfants. Mais ça c’est mon point de vue. Qu’est-ce que vous en pensez autour de la table ? Est-ce que vous trouvez ça bien ?

Nabila : Ça m’a frappé parce que moi, j’ai un enfant qui est décédé du sida. Donc d’emblée, ce message... moi en tant que personne, pourtant je ne suis pas quelqu’un qui... je ne pleure pas... je ne suis pas quelqu’un qui pleure à la commande, mais en tout cas, entendre ça, j’ai l’impression que c’était un message qui était adressé à une maman comme moi, qui a eu des enfants qui sont décédés du sida, et pourtant... je sais qu’aujourd’hui notre envie c’est que de vivre et de faire des enfants, des enfants pas contaminés, et que nos enfants nous ne reprochent pas justement de les avoir fait, en étant nous-même contaminés. J’ai 3 filles, 3 autres filles qui sont vivantes et pas contaminées. Entendre ce message, mes enfants pourraient me dire : « Mais maman, notre soeur, c’est de ta faute si elle est décédée aujourd’hui ». Donc d’emblée, moi je trouve que c’est un message négatif.

Reda : Alors on va se tourner vers une autre maman autour de la table. Zina, toi tu as 2 enfants. Comment est-ce que tu as entendu et vu ce clip ?

Zina : Moi je ne l’ai pas ressenti comme ça. Je l’ai plutôt ressenti dans le sens, voilà, maintenant on a les moyens de ne plus contaminer nos enfants. Et donc il faut justement... je l’ai vu plus... on peut le faire et il faut donner les moyens aussi dans tous les pays y compris dans les pays sous développés...

Reda : Mais ce qui manque c’est le maintenant. Le grand public ne sait rien de tout ça. Il ne sait pas que les choses ont changé et le clip ne fait rien pour l’expliquer.

Zina : C’est vrai qu’en revanche, il n’explique pas grand chose. Comment on peut éviter de contaminer son enfant...

Reda : C’est juste donnez nous l’argent, on s’en occupe.

Nabila : Voilà.

Zina : C’est vrai que ça pourrait être un peu plus clair. Mais bon, c’est bien d’avoir des avis différents...

Nabila : Ah oui oui, tout à fait.

Zina : On n’est pas réceptive de la même... on ne ressent pas la même chose et...

Nabila : Et tant mieux. Chacun l’entend à sa façon.

Zina : Voilà.

Reda : Tina ?

Tina : Le clip il ne dit pas que c’est pour éviter la transmission de la mère à l’enfant. C’est simplement évitez de faire des enfants séropositifs, je pense que personne, le grand public, sait que c’est justement cette transmission mère enfant qu’on peut éviter. Comment ? Grâce à la trithérapie. Je crois que le grand public quand il voit ce truc, il se dit juste : « Ah c’est grave, il y a encore des enfants qui meurent du sida ». A la limite il pense que le moyen de l’éviter c’est peut-être que les femmes séropositives ne fassent pas d’enfant. Ce n’est pas dit qu’une femme séropositive peut faire des enfants.

Reda : Il n’y a rien par rapport aux préjugés, aux discriminations...

Tina : C’est de la désinformation d’après moi.

Reda : En même temps, question pour Stéphane Ackel qui lui a réalisé un clip qui s’appelle « Quand les capotes s’en mêlent ». Est-ce qu’on peut demander autant à un clip d’être didactique, d’expliquer l’historique du sida, de lutter contre les préjugés et les discriminations et d’éduquer un grand public largement ignorant de tout ce qu’il y a... est-ce que ce n’est pas beaucoup demander à 30 secondes de film ?

Stéphane Ackel : Oui je pense. Pour moi...

Reda : Est-ce que vous l’avez vu ce clip ? Cette campagne du Fonds mondial...

Stéphane Ackel : Je viens de l’entendre.

Reda : Ok.

Stéphane Ackel : Je ne l’ai pas vu. Maintenant je suis un peu d’accord avec tout ce qui a été dit autour de la table, par rapport à la perception qu’on peut en avoir. Donc c’est que, c’était très juste quand... la vision que vous avez évoqué...

Reda : Nabila ?

Stéphane Ackel : Voilà oui. Ça c’est vrai qu’on peut l’entendre négativement. Maintenant, c’est vrai que... bon je ne suis pas quelqu’un on va dire, je suis peut-être un peu mal placé, je suis plutôt, d’un point de vue réalisation, je ne suis pas militant on va dire de la cause au niveau de la prévention ou autour du VIH. Donc...

Reda : Il y a la prévention et puis le soutien aux personnes qui sont déjà contaminées. On a l’impression que souvent pour la prévention les personnes déjà contaminées sont une quantité négligeable, c’est trop tard. C’est un peu quand même des relents de ça que j’entends moi dans ce clip. Ali oui, ton fils est séronégatif. Il a 18 ans donc il a été conçu à une époque où il n’y avait aucun traitement...

Ali : Même les dépistages n’existent pas... enfin, ça c’est fait de manière un peu compliqué en fait. C’est en recherchant d’autres choses que je suis tombé là-dessus.

Reda : Donc il est passé entre les gouttes.

Ali : Voilà. Mais par rapport au témoignage, déjà dans un premier temps, je me pose la question de savoir, l’intérêt d’une pétition, qu’est-ce que ça peut apporter ? Peut-être qu’en approfondissement un peu, j’en saurais plus. Et d’autre part, je me dis que c’est quand même assez stigmatisant parce qu’on peut penser qu’une personne séropositive... c’est un mort vivant quoi quelque part. C’est quelqu’un qui, avec ou sans traitement, qui est amené à vivre la vie... mais avec pas mal de restrictions et encore une fois le stigmate de l’étiquette, d’une personne qui a eu ce qu’elle méritait ou je ne sais quoi... Enfin quoiqu’il en soit, qui a chopé ça et qui doit faire avec. Mais bon, c’est la réalité, c’est un peu choquant.

Début du son

Carla Bruni : Every minute a child is born with HIV. We can eliminate mother to child transmission of HIV. For this, we need your help. Sign petition to support « Born HIV Free », the campaign for global fund. If you sign up, we can make it happen. Life is beautiful, don’t allow AIDS kill it before it’s started. Free future generation of HIV. If you sign up, we make it happen.

Fin du son

Reda : Voilà. La vie est belle, ne laissez pas le sida la tuer avant qu’elle commence. C’est ça qui est utilisé pour défendre cette campagne. Et le message je suppose est voulu très simple, c’est vous signez et on éliminera ce problème. Il faut se rendre sur un site internet. Je suppose que c’est conçu pour un public de jeune qui est sur facebook, twitter... en tout cas dont les communiquants s’imagine, passent leur temps sur les facebook, les twitter et tout ça. Vous signez, on s’occupe du problème. Derrière il y a des gros enjeux politiques. Ousmane les avait soulevés dans son entretien avec Michel Kazatchkine. Bruno ?

Bruno : C’est vrai que moi, en tant que personne concernée, comme Ali, je ne suis pas convaincu qu’une pétition, un clip, donner de l’argent ça va informer plus sur les risques...

Reda : En même temps l’argument, pour faire l’avocat du diable du Fonds Mondial, c’est : est-ce qu’il ne vaut pas mieux au moins que les gens cliquent, signent une pétition plutôt que de ne rien faire du tout.

Bruno : Déjà on parle de la maladie, de la première dame, donc ça a un impact. C’est vrai que le clip, je l’ai vu juste avant, ça fait voyager mais faut redescendre un peu sur terre. C’est vrai qu’en tout cas c’est... le message va dans le bon sens. Bon maintenant je ne suis pas convaincu qu’une pétition ça informera.

Reda : D ’autres avis autour de la table ? Ousmane ?

Ousmane : Ce que moi je voudrais rajouter par rapport à ce qui avait été dit en premier lieu en fait. C’est parce que j’ai vu que pendant son discours, quand elle parlait, elle a dit que avec cette campagne-là, ils espèrent en tout cas permettre à toutes les femmes au monde de pouvoir être bien soignées pour avoir déjà une longue vie et aussi protéger leurs enfants. Donc quelque part je me dis, il aurait quand même fallu bien expliquer dans ce film-là, de la longue durée de vie c’est-à-dire que, une personne qui prend bien ses traitements, c’est égal à une personne qui n’est pas concernée par le VIH et en même temps, dire après ça, il y a aussi la possibilité de ne pas contaminer son enfant. Moi c’est en tout cas...

Reda : On ne peut pas imputer à Carla Bruni, au Fonds Mondial, et à cette campagne, à ce spot, la responsabilité que pour le fait que depuis 20 ans les mamans, les enfants, les parents, les papas aussi, sont quantités négligeables dans la lutte contre le VIH et non pas comptés pour grand chose en dehors des accoucheurs, des pédiatres, qui ont accompagné les familles, tout le monde s’en fou. Et ça ce n’est pas nouveau donc quand même, moi je dirais il y a une campagne.

Nabila : Je ne mets pas en cause le discours de Carla Bruni. Ce qui m’étonne, c’est qu’elle est entourée d’imminents professeurs, tel que le professeur Kazatchkine. Moi j’ai été une de ses étudiantes et je peux dire que, quand il parle du sida, il sait très bien parler du sida, il sait très bien parler de la transmission mère à l’enfant, donc faire passer un message... c’est vrai la chanson est super jolie, j’aime bien Amy Winehouse. Mais je préférerai l’écouter dans d’autres situations. Il aurait pu quand même un petit peu donner un avis de ce que c’est la réalité du sida. Ce n’est pas un petit Kirikou qui s’envole et voilà.

Reda : Mais l’idée c’est peut-être que le grand public n’est pas prêt à voir des images... qu’est-ce qu’ils auraient pu montrer alors ?

Nabila : Au point où on en est, on a vu les années noires du sida, quand on a eu le H1N1, on nous montrait des gens avec des masques, on a eu récemment cette histoire de la grippe A. Moi je dis le sida reste quand même une maladie de sexe. C’est une maladie taboue, donc on en parle le moins possible. Après tout, les gens qui...

Reda : Mais ça c’est la situation. Qu’est-ce qu’il faudrait faire de ton point de vue ?

Nabila : Oui moi je pense qu’il y a une situation de juste milieu. Montrer ce que c’est la maladie, montrer les modes de transmission, montrer aussi qu’on peut vivre avec... ça on peut synthétiser, faire un petit truc dans ce sens. Mais aller directement donner un discours, ne gâchez pas la vie d’un enfant, c’est comme si d’emblée, si... toutes personnes séropositives qui seraient prêtes ou qui auraient ne serait-ce, l’envie d’avoir un enfant, sont d’emblée discriminées et traiter de coupables.

Reda : Est-ce qu’on peut conclure en disant que ce clip en tout cas ne lutte pas contre les discriminations dont font l’objet les mamans. Quand bien même il est fait au nom de l’accès universel au traitement et ça je pense que personne est contre.

Ali : Il y a beaucoup de moyens pour les campagnes contre le sida, mais il y en a qui parlent à plus que d’autres, qui interpellent plus que d’autres, et là en l’occurrence, le fait que ce soit Carla Bruni-Sarkozy qui parle c’est censé être plus pertinent, plus percutant.

Ousmane : Moi en fait si je dois ajouter comme tu l’as dit concrètement, qu’est-ce qu’il faut faire ? Moi je pense que là-dessus concrètement ce qu’il aurait fallu faire c’est au moins que les familles se portent garantes à se présenter, à montrer que le visage du sida comme on l’a dit, qui est assez discriminant, n’est pas le cas, c’est-à-dire que les familles ont compris ça depuis 1994 qu’elles peuvent faire des enfants et lancer un message comme quoi ici c’est possible pour certaines personnes, pour tout le monde, parce qu’il y a la sécurité sociale. Mais là-bas en Afrique ce n’est pas possible alors voyez la différence et faites quelque chose et ça change de l’autre côté. Moi je pense que c’est comme ça qu’il fallait faire ça mais...

Reda : Sur l’injustice en fait...

Ousmane : Voilà.

Reda : C’est-à-dire vous êtes en France, vous savez que votre bébé sera séronégatif si vous êtes séropositif. Vous êtes dans un pays où il n’y a pas d’accès universel, c’est au mieux une loterie quoi.

Ousmane : Je pense qu’ils auraient pu peut-être voir ça dans ce sens-là. Mais quelque part je me dis aussi comme tu l’as dit, ils sont où les hommes ? Elles sont où les femmes ?

Reda : Que les médecins se focalisent. Donc le virus ne se transmet pas du père à l’enfant. Donc que les médecins se focalisent sur la transmission de la mère à l’enfant, c’est normal. En revanche que systématiquement on oublie une moitié de l’épidémie c’est-à-dire les hommes hétérosexuels, s’il y a une femme contaminée, il y a un homme qu’elle a peut-être contaminé ou vice-versa.

Transcription : Sandra Jean-Pierre