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Claude Evin | Financement de la lutte contre le sida | Politiques de santé | Reda Sadki

Entretien avec Claude Evin (8/8) : financements et priorités de l’Agence régionale de santé Ile-de-France pour la lutte contre le VIH/sida

3 mai 2010 (lemegalodon.net)

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Samantha : Alors nous venons d’écouter cet entretien de Claude Evin par Reda Sadki, est-ce que tu peux nous dire ce que tu retiens de cet entretien, ce qui te paraît le plus important ?

Reda : Sur la façon dont il parle Claude Evin, c’est un ancien ministre de la Santé, il y a une part de langue de bois. Et ce que j’ai apprécié, c’est une certaine finesse, une ouverture, une volonté de dialogue y compris sur des questions sensibles. Pour évoquer les questions de budget, pour évoquer le fait que différentes populations sont touchées par le sida, qu’elles ne sont pas logées à la même enseigne en matière de santé publique. Sur pleins de sujets, moi j’ai entendu des choses intéressantes. Je ne sais pas si ce sera les cas des auditeurs. Ce n’est pas toujours clair par rapport à une structure comme ça. Ça peut sembler à milles lieux des préoccupations quotidiennes des personnes séropositives et de ce qui les aiment. Mais il n’empêche, qu’on le veuille ou pas c’est à ce niveau-là que vont être prises les décisions qui vont changer potentiellement la vie des personnes séropositives. D’où l’intérêt de faire cette entretien, de poser des questions, sans toujours avoir de réponses satisfaisantes. Mais qu’on puisse installer un débat public sur des enjeux qui nous concerne tous.

Samantha : Claude Evin a abordé beaucoup de sujets, qu’est-ce que tu peux nous dire par rapport à sa vision que les personnes séropositives sont souvent précaires, que les personnes séropositives sont les plus précaires et souvent des étrangers ?

Reda : Enfin ce que j’ai entendu dans ses propos, c’est quelqu’un qui a été marqué par le sida des années 80. Il raconte sa découverte de l’épidémie à San Francisco. Un des épicentres de l’épidémie où la population homosexuelle mais aussi la population noire sont dès le début très touchées. Il parle, dès lors qu’il s’agissait, j’ai évoqué le dépistage proposé aux femmes enceintes, il a tout de suite rappelé que le dépistage obligatoire n’était pas à l’ordre du jour. Ça aussi c’est quelqu’un qui a été marqué par le combat des années 80. Et sur la prévention, ce que j’ai entendu, c’est que sa conception de la prévention ne comprend pas encore la prévention positive, c’est-à-dire la prévention dont les personnes séropositives seraient elles-même les actrices. Ça je pense que ça passe par le dialogue, par la communication. Sur la question des différentes populations touchées, ce qui m’a marqué c’est qu’il a reçu AIDES, ACT-UP, et les autres...j’ai envie de dire toujours les mêmes. Le vestige des années 80, des luttes contre le sida menées pendant les années 80 et qu’il n’avait pas vraiment perçu dans le champ de lutte contre le VIH aujourd’hui, il existe des associations qui sont issues d’autres populations touchées, à savoir toutes ces petites associations africaines qui avaient très peu de moyens, essayent de faire du concret auprès des personnes de cette origine et aussi des associations évidemment comme le Comité des Familles qui a cette volonté de fédérer dans une démarche multi-communautaire toutes les personnes qui partagent ce désir de parentalité, ces préoccupations autour de la procréation et de la prévention dans les couples sérodifférents. Donc j’ai le sentiment et c’est là aussi où j’ai senti une ouverture de sa part, il avait la volonté de comprendre qu’il y avait peut-être d’autres acteurs de ce qu’il connait déjà. Et ça c’est déjà porteur d’espoir parce que avec d’autres interlocuteurs de santé publique, on a perdu des années avant d’avoir cette reconnaissance. Et c’est le point de départ pour reconstruire une lutte contre le VIH, qui tienne compte véritablement des besoins de toute la population et sans faire de tri selon l’ordre social, sans prendre les plus riches et les faire passer avant les autres et sans prendre ceux qui ont le plus facilement accès aux médias, aux moyens associatifs, aux moyens tout court. Mais en luttant véritablement pour défendre équitablement toutes les populations.

Samantha : Et par rapport au financement ?

Reda : Sur le financement il a pratiquement rien dit du tout. Ce que je retiens, c’est qu’on est dans un contexte de crise économique, de crise financière, qu’en plus, il y a ce bras de fer entre l’Etat et la marie de Paris notamment au niveau de l’Assistance Publique et des Hôpitaux de Paris. Tout ça il n’en a pas du tout parlé. Il est resté extrêmement pudique là-dessus. Alors c’est vrai que l’Agence Régionale de Santé existe depuis 3 semaines mais quand même. En même temps, cet entretien est né de sa volonté, de lui et ses conseillers, de nouer un dialogue avec les acteurs de lutte contre le VIH. Donc après quand bien même, ça lui a paru un peu précoce, il a accepté le principe de l’entretien donc qu’il n’est pas pu répondre sur tout, moi je ne peux pas lui en vouloir. Ce qui compte, c’est par la suite de confirmer ses engagements. Il a confirmé qu’il y aurait bien des états généraux sur le VIH. Il a récusé la date annoncé par certaines associations, que ces états généraux auront lieu au mois de juin, ce qui me semble extrêmement court. Et sur les budgets, ce n’est pas lui qui décide des budgets. En revanche, lui décidera de l’utilisation de l’argent qui est disponible à priori. Et c’est là, là où la consultation, la concertation me semble très importante. En clair, ce n’est pas seulement pour les associations, il faut que cette argent serve vraiment aux personnes séropositives qui se battent au quotidien. Et ça cette bataille-là, elle est loin d’être gagnée.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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