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Claude Evin | Financement de la lutte contre le sida | Politiques de santé | Sexe et sexualité

Entretien avec Claude Evin (6/8) : La vie amoureuse et sexuelle des séropositifs au coeur de la prévention ?

3 mai 2010 (papamamanbebe.net)

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Reda : Il y a les soins où là, il y a le formidable, l’incroyable progrès de la médecine en matière de prise en charge VIH qui permet aux personnes séropositives d’envisager de vivre longtemps en tout cas. France Lert, directrice de recherche à l’INSERM qui est à l’origine de l’enquête VESPA, la plus grande étude sur les conditions de vie des personnes séropositives, qui insiste sur le fait que ce formidable progrès de la médecine où les garanties en terme de droit, sur le plan des droits des malades, doit aussi se traduire par un soutien à la qualité de vie des personnes séropositives. Et dans un rapport rédigé avec Gilles Pialoux sur les nouvelles méthodes de prévention et de réduction de risque. Ils appellent tous les deux vraiment à tenir compte et tenter de répondre à ces besoins psychoaffectifs. Notamment sur le soutien à la vie affective, amoureuse et sexuelle. Je peux dire, ayant participé à la discussion avec l’Institut Nationale pour la Prévention et l’Education à la Santé et le Groupement Régionale de Santé Publique. En tout cas en ce qui concerne ces deux instances de la santé publique, il y a eu un refus systématique de soutenir les événements des actions de santé publique qui s’adressent directement à ces besoins. En l’occurrence le rapport Pialoux-Lert cite en exemple et d’action qu’ils appellent le soutien de la part de soutien de santé publique, des soirées séromantiques qui sont en fait des soirées qui permettent aux séropositifs de se rencontrer et d’envisager tout ce qui va avec la normalité d’une rencontre amoureuse et sexuelle. Est-ce que la difficulté des acteurs de santé publique, avec la technicisation de ce type d’action, est-ce qu’il y a une volonté de votre part là-aussi de répondre à ces besoins psychoaffectifs ou est-ce que, comme nos interlocuteurs du GRSP avant vous, vous dites, vous avez la trithérapie, vous avez des droits, pour le reste, débrouillez-vous. Est-ce que ça, ça peut être une réponse de santé publique ?

Claude Evin : Moi je n’étais pas en responsabilité du GRSP. Je ne suis pas certain que le GRSP ait dit : « débrouillez-vous ». La difficulté à laquelle moi aussi je serai confronté, je veux dire, je suis tout à fait conscient de ce que vous venez d’évoquer, le fait que c’est une maladie qui a énormément de conséquences sur le plan affectif, comme d’autres maladies aussi. Vous savez une personne qui est atteinte d’un cancer, elle a aussi sur le plan de la relation de couple, de la relation familiale, des situations qui se dégrade professionnellement aussi. La difficulté à laquelle je serai sans doute confronté aussi, c’est pour ça que, je verrai comment essayer de trouver une réponse. C’est que naturellement il y a une limite aux crédits dont nous disposons et qu’il y a un moment, il faut faire des choix de priorité.

Reda : Dans le cadre du couple sérodifférent et dans le cadre du soutien à la vie amoureuse où il y a cette enjeu de réduire la transmission du virus. C’est ça qui distingue justement les besoins psychoaffectifs quand il s’agit d’une personne séropositive, il y a cet enjeu supplémentaire de la prévention.

Claude Evin : Mais ça je ne l’ignore pas et j’en suis bien conscient, je veux dire après, dans l’ensemble des actions sur lesquelles je serai sollicité et je sais qu’elles seront nombreuses les actions parce que les acteurs sont dynamiques et c’est très bien et j’admets qu’on puisse formuler le maximum de demande. Simplement face à un maximum de demande je suis conscient que je n’aurai pas un maximum de financement à offrir. Donc il faudra effectivement faire des choix.

Reda : Dans l’ordre des priorités, où se situerait alors les besoins psychoaffectifs et les actions qui s’adressent à ces besoins ?

Claude Evin : Ecoutez moi je souhaite plutôt que l’on travaille avec les associations. Je vous disais tout à l’heure que l’on va préparer des états généraux. Ça fait partie des sujets sur lesquels il faudra que nous travaillons avec les associations. Il y a un dialogue à établir à ce sujet. Je ne vais pas répondre aujourd’hui alors que ce dialogue avec les associations ne fait que commencer.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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