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Caroline Semaille | Chiffres du sida | Homosexualité | Laurent Gourarier | Olivier Jablonski

Les chiffres du sida en folie (2/3) : « La communauté homosexuelle sait très bien faire parler d’elle ! » (Caroline Semaille de l’Institut national de veille sanitaire)

9 avril 2010 (lemegalodon.net)

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Reda : Sully est allé rencontrer Caroline Semaille à l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) et une des questions qu’il a posée, sortait d’un constat que j’avais fait qui était que lorsqu’on avait expliqué à des journalistes l’intérêt de s’intéresser à la dimension hétérosexuelle et familiale de l’épidémie, et pas que les migrants ou un des sous-groupes ou les femmes, qui saucissonnent un petit peu la moitié du problème, ces journalistes avaient raconté que quand ils avaient appelé Caroline Semaille à l’Institut national de Veille Sanitaire, elle avait carrément essayé de les décourager de s’intéresser à ce sujet et de les orienter vers… pour ne parler que des migrants africains récemment arrivés en France en disant le reste ce n’est pas intéressant, ou ce n’est pas pertinent. Et donc on lui a posé la question si c’était bien son rôle de militer pour telle ou telle population et on va écouter sa réponse.

(Début son)

Caroline Semaille : Moi j’ai toujours soutenu il me semble le Comité des familles parce que je pense sincèrement qu’il n’y pas beaucoup de structures qui s’occupent des hétérosexuels et de la famille. La communauté homosexuelle sait très bien faire parler d’elle, beaucoup plus facilement que la communauté hétérosexuelle qu’elle soit française ou africaine d’ailleurs parce que je soutiens tout à fait ce que fait le Comité des familles et je pense très important que les familles des hétérosexuelles soient représentées au sein de l’association et je pense qu’ils ne le sont pas assez et comme je pense que les associations africaines ne sont pas assez aussi représentées… ne sont pas assez présentes dans les médias. Effectivement, je ne connais pas beaucoup d’associations d’hétérosexuelles affectées ou d’associations d’africaines affectées qui descendent dans la rue qui aillent taguer le ministère de la santé, ce n’est pas que j’encourage à taguer, mais je veux dire ils sont moins à même de faire des actions fortes je pense parce qu’ils se débattent tellement au quotidien dans des difficultés financières, de garde d’enfants, et d’argent, qu’ils n’ont pas le temps d’aller défendre leur cause.

(Fin du son)

Reda : Olivier Jablonski d’accord ou pas avec ce constat que quelque part… Enfin non seulement c’est beaucoup plus facile pour les homos de se bouger contre le SIDA mais aussi qu’ils ont des moyens beaucoup plus important que les hétéros pour le faire ?

Olivier : Écoutez je ne répondrais pas à cette question parce que France Lert n’est pas là. Elle ne pourrait pas répondre à ce que je dirais donc je ne répondrais pas à ce que dit France Lert

Reda : Là ce n’était pas France Lert c’était Caroline Semaille.

Olivier : A Caroline ! Bah je te dis, Caroline n’est pas là je ne peux pas répondre à son argument.

Reda : Mais tu peux répondre à ma question.

Olivier : Alors c’était quoi ta question ?

Reda : Pour toi, est-ce que tu es d’accord qu’il y ait une disproportion en terme de moyens pour se mobiliser, pour se faire entendre et pour faire entendre ses besoins et ses préoccupations entre homos et hétéros.

Olivier : Ce n’est pas entre homos et hétéros moi je dirai, c’est entre… Oui c’est aussi entre Paris et banlieue, c’est à différents endroits. Il y a clairement des associations qui ont plus de difficultés que d’autres. Il y a une politique de la direction générale de la santé qui est insuffisante et qui… mais quand on voit l’état de la DGS, quand on voit l’état de la division SIDA, il ne faut pas s’attendre à grand-chose non plus. C’est quand même… on n’a pas quand même… La lutte contre le SIDA en France si on compare par exemple en Angleterre ou il y a des services de santé, enfin je parle au niveau stratégie, décisionnaire, de la recherche et tout…

Reda : Mais là j’ai l’impression que tu me fais un tout petit peu de la langue de bois pour éviter ma question parce qu’il y a quand même… Enfin…

Olivier : Non, non… Je dis que ça ne m’étonne pas c’est tout, ça ne m’étonne pas. C’est vrai que tu vas regarder le nombre d’associations qui s’occupe des africains, il y en a combien ? Il n’y a trois fois rien. Bon après on ne va pas reprocher aux autres associations de faire leur boulot. C’est un problème d’état je pense…

Reda : Laurent Gourarier ?

Laurent Gourarier : On ne va pas partir sur des discussions me semble-t-il… Alors je vais essayer moi de partir dans un autre type… Parce que je vous entends les deux, il y a quelque chose d’assez important dit par les deux personnes : premier truc, collecte des données. Il faut des collectes de données. On a besoin d’avoir des collectes de données. Et ce n’est pas parce qu’elles sont politiques qu’il faut avoir un regard négatif sur elles. Je m’explique… euh… Je ne m’explique pas. Ce n’est pas parce que c’est politique qu’il ne faut pas les faire. Maintenant malgré ça, malgré le fait que ça soit politique, les faits sont têtus. Exemple : la grippe A. Les chiffres qui nous ont été donnes étaient des chiffres réels avec une interprétation politique on a foutu en l’air quatre-vingts milles… Je ne sais pas combien de milliard d’euros du budget français qui avait besoin pour autre chose. Il me semble donc qu’on doit mettre en place une campagne de collecte des données qui… Et à mon avis c’est là ou ça pêche, je suis d’accord avec toi, l’InVS ne va pas chercher les données là où elles sont. Par exemple, les migrants en situation irrégulière ne sont pas tous affiliés à des associations. C’est une énorme différence ça ! D’accord ? Or, qui va chercher les données à ces endroits la ? Personne. Nous, nous devons nous battre pour que les collectes de données soient transparentes dans ce pays. Il me semble que les grosses variations de chiffres montrent que ce n’est pas encore au point la collecte des données, premier point. Déjà moi pour qu’elles soient au point, il faut que nous participions, il faut une transparence. Donc premièrement la collecte des informations et deuxièmement leur retransmission. Or ça pour l’instant ça pêche, parce qu’on avait une santé publique qui était omnipotente et qui aujourd’hui est en train de se casser la figure d’un avis général, notamment, regardez la réforme des hôpitaux, etc. Et tant qu’il n’y a pas ça, il faut une pluralité dans la collecte des données et il faut surtout une structure de contrôle dans la collecte de ces données, comme ça existe en Grande Bretagne, aux États-Unis et ailleurs.

Transcription Samantha Yeboah

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