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Cocaïne et VIH (3) : Que faut-il savoir ? (avec Laurent Gourarier)

2 avril 2010 (lemegalodon.net)

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Reda : J’ai juste une question qui me revient parce qu’il y en a plein comme ça qui, j’espère, seront posées jeudi soir, est-ce que quelqu’un qui a l’hépatite C, voila, est-ce qu’il faut éviter de partager ses pailles, enfin, ou seringues évidemment, mais est-ce que…

Laurent Gourarier : Alors…

Reda : Tout ce qui tourne autour des risques de transmission…

Laurent Gourarier : Alors ce qu’on sait c’est surtout sur la pipe à crack, où on sait que les gens qui fument aux doseurs vont se brûler les lèvres parce que le verre du doseur conserve la chaleur donc ils vont se brûler les lèvres, ils vont se faire des petites lésions, et quand ils vont se repasser le doseur, ils risquent effectivement de se repasser l’hépatite C, plus que les autres. Et donc ça, c’est assez codifié. On sait par exemple, moi je pense aux histoires de tatouages et de piercings. Il y a des codes de…

Reda : Ah oui… Ca c’est dans un cadre où ce sont des pratiques légales.

Laurent Gourarier : C’est des pratiques légales, mais comme tu le sais, les gens qui font les piercings, les tatouages sont des bons… il y a beaucoup de piercings, de tatouages qui viennent de la culture des prisons, du ghetto. Voilà on va dire ça au sens très large. Rentrer dans le ghetto, voilà c’est peut-être ça qu’on va peut-être faire le premier avril, on va peut-être réussir en rentrant dans le ghetto à inventer des moyens de se parler et de se soigner et de se protéger et de survivre. Qui n’existent pas trop pour l’instant.

Reda : Mais, Laurent Gourarier est-ce que ça vous choque que le Comité des Familles, une association familiale, composée de pères et de mères vivants avec le VIH, organise un atelier sur ce thème et pose des questions qui sont considérées comme des questions, qui relèvent de la marginalité ou de marginaux, posées dans une association familiale. Ce n’est pas choquant ça ?

Laurent Gourarier : Voilà, ce qui est marginal ne le reste jamais bien longtemps. Le rap c’était marginal, les arabes c’était marginal, les noirs c’était marginal, les etc.… Là, on est là pour précisément, s’il existe un Comité des Familles, c’est que précisément moi j’ai eu des patients qui étaient, il y a une vingtaine d’années, des gens qui étaient en train de se prendre la tête tout seul et de mourir, et de survivre. Et aujourd’hui ils vivent, ils ont des enfants. C’est leurs enfants qui se posent la question de leur avenir, et moi je suis passionné au contraire, de développer ça, d’aller plus loin avec ces gens-là. Mais avec toi…

Reda : Une mère de famille, une maman séropositive qui pour tenir ou pour le fun se fait ponctuellement un rail ou un snif de rail de coke, est-ce que… ça, ça doit être stigmatisé, jugé, quel regard… ?

Laurent Gourarier : Tu veux dire, tu parles, tu veux dire la ménagère de moins de 50 ans ?

Reda : Oui par exemple oui, oui

(Rires)

Laurent Gourarier : Alors, écoute-moi…

Reda : Elle vit déjà comme on a entendu ces gens sur le micro-trottoir, ils vivent déjà avec le VIH, ils se… comment, comment peuvent-ils se rajouter un truc comme ça ?

Laurent Gourarier : C’est-à-dire la personne que tu décris je ne la connais pas. Moi je rencontre des gens qui prennent tellement de coke, qu’ils ne s’imaginent pas que moi je peux vivre sans. Donc ceux-là, ce n’est pas la même chose à dire qu’à cette dame-là qui de toute façon ne vient pas me voir en me disant j’ai pris de la coke. Tu comprends, les gens si…, l’histoire du privé et du public. On est là-dedans, dans le VIH. Au Comité des Familles, bien sûr, parce que d’abord on s’aime, parce que d’abord on est ensemble, parce que d’abord on est des êtres humains tous ensemble. Hommes, femmes… etc. Bon et maintenant il y a des spécificités. Les consommations de drogue c’est des choses un petit peu intimes. Tout le monde a fait des trucs illicites. Pas forcément consommer des drogues, si on veut rentrer dans l’efficace, et ben il va falloir trouver l’intermédiaire entre cette espèce de pratiques collectives, parce que c’est une pratique sociale, conso… consommation de drogue, excusez-moi pour le montage, c’est une pratique sociale la consommation de drogue, d’un côté, et d’un autre côté l’avenir c’est un truc individuel. Donc précisément cette synthèse-là, c’est que nous, qu’au Comité des Familles, qu’à la Maison des Familles on peut le faire. Et c’est pour ça que je viens, et que je serais là le 1er avril.

Reda : Voila donc jeudi soir sera donc organisé, c’est la première fois que Zina vraiment prend en charge la responsabilité d’organiser un atelier à la Maison des Familles, et on espère que vous serez nombreux à venir pour affirmer votre soutien, pour vous informer et puis pour poser vos questions aux personnes présentes et au docteur Laurent Gourarier. Vous pouvez bien sûr appeler la Maison des Familles, le téléphone c’est le, Tina ?

Tina : 01 40 40 90 25

Reda : Voilà

Transcription : Alissa Doubrovitskaïa