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Bruno Spire | Financement de la lutte contre le sida | Roselyne Bachelot

Sida : les subventions de Aides réduites de moitié à Orléans

28 mars 2010 (La République du Centre)

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À ORLÉANS. L’inauguration des nouveaux locaux de Aides a été assombrie par l’annonce d’une baisse drastique de ses financements. De gauche à droite, à l’arrière-plan : Catherine Aumond, Bruno Spire et Lisa Savall. L’association ne touchera que 52.000 euros de l’État, contre 100.000 euros l’an dernier. En Eure-et-Loir, un poste de salarié pourrait être supprimé. L’ensemble des antennes françaises sont touchées.

« Cette baisse de financement massive aura un impact sur nos actions. »

Vendredi 19 mars, 17 h 30, c’est dans l’« amertume » que les responsables de l’association de lutte contre le sida et les hépatites, Aides, inaugurent les nouveaux locaux de leur délégation départementale, à Orléans.

Quelques heures plus tôt, Bruno Spire, président national, Catherine Aumond, présidente de la délégation Grand Ouest, et Lisa Savall, présidente de la délégation du Loiret, ont appris que l’État leur versera cette année 52.000 euros de subventions, contre 100.000 euros l’an dernier.

« Le ministre avait assuré qu’il n’y aurait pas de baisse... »

De quoi doucher « l’énergie militante » et menacer sérieusement la pérennité des actions conduites notamment en Eure-et-Loir (un poste de salarié est sur la sellette). « On nous avait annoncé une baisse de 33 % des crédits versés par le groupement régional de santé publique, c’est au final 50 %. Cela ne concerne pas que Aides, mais toutes les associations de promotion de la santé », explique Catherine Aumond, décidée à « le faire savoir et ne pas laisser faire ». Et ce, alors qu’aucun responsable des services mis en cause n’est présent (et n’ont, par ailleurs, pu être joints vendredi soir, NDLR) : « Ils se sont décommandés ce matin. »

« C’est inacceptable alors que nous avons été reçus le 23 décembre par la ministre de la Santé, qui nous a assuré qu’il n’y aurait pas de baisse des financements pour la lutte contre le sida. (...) Sauf en Île de France, il y a des baisses plus ou moins importantes partout », dénonce Bruno Spire.

« Politiquement correct »

Celui-ci critique aussi une stratégie « totalement inefficace » de lutte contre le sida, car « sans ciblage au nom du politiquement correct ». Outre ses actions de soutien aux personnes séropositives - notamment dans le suivi de leur traitement -, Aides mène une politique active de « prévention et réduction des risques » auprès des publics vulnérables que sont les gays, les migrants et les usagers de drogue. « Comment peut-on faire de la prévention des risques quand on me reproche de parler de cul ? », glisse, à ce sujet, Lisa Savall.

Au-delà, et alors qu’en juin dernier, l’association avait « symboliquement » organisé son congrès national à Orléans pour « donner un coup de projecteur sur les paradoxes locaux », il y a « un manque de compréhension de ce qu’est Aides », estime Bruno Spire.

Sandrine Séon