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Caritatif et contrôle social | Larissa | Renaud Delacroix | Vincent Pelletier

La fin de l’aide à domicile (1/4) : Pascal, Jacquot et Larissa ont besoin d’une aide à domicile pour affronter le virus du sida au quotidien

14 mars 2010 (lemegalodon.net)

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Yentl : Est-ce que vous avez déjà été gravement malade ?

— Non.
— Non.
— Oui.
— Non.
— Non.
— Non.

Alissa : Quand vous êtes malade, qui s’occupe de vous ?

— En général c’est soit moi tout seul, soit ma moitié.
— Moi même.
— ...Ben, moi... oui et... et je vais voir mon médecin...
— Ben... soit moi, soit mon amie mais... voila.
— Qui s’occupe de... nous, c’est-à-dire... enfin, suivi médical ou... enfin je ne sais pas...

Yentl : Pour vous soigner, vous donner vos médicaments...

— ...ben l’hôpital je pense...non ?
— Toi, mais toi même si tu es malade, tu as une grippe, tu te soignes toi même.
— Ben ça dépend quel type de maladie...
— Mon chéri.
— Nos parents.
— Ma petite sœur. (Rires)

Alissa : Si un de vos proches était gravement malade, est-ce que vous vous occuperiez de lui ?

— Oui, bien sûr.
— Ben oui
— A priori oui.
— Oui.
— Oui, ben moi j’ai eu quelqu’un de gravement malade dans mon entourage, donc oui. Enfin on essaye au moins de le soutenir, même à distance, au moins de le soutenir un minimum quoi.
— Ben oui...on...enfin...on est là... pour ça, auprès de nos proches.
— Ben oui.
— Ah oui.
— Oui, ouais.

Yentl : Et s’il avait le sida ?

— Aussi.
— Oui, si c’est un proche, oui.
— Ben...oui. Pareil, enfin que ce soit... c’est une maladie donc oui.
— Oui c’est la même chose, enfin, ça ne change rien que ce soit le sida ou enfin...ou un cancer ou n’importe, c’est pareil enfin...
— Oui de la même manière que n’importe quelle maladie ;
— Ben oui, on vous a répondu oui... Ca fait partie... malheureusement de la vie. C’est nos proches, donc on doit s’en occuper comme ils s’occuperaient de nous.
— Bien sur, encore pire, encore plus.
— Ben oui, c’est sur.

Alissa : Vous sentiriez-vous capables d’aider un de vos proches s’il était trop malade pour s’occuper des gestes de la vie quotidienne ?

— Le mieux c’est quand même de se faire aider par des personnes extérieures mais... si on peut aider oui. Tout faire, je ne pense pas non. C’est un métier.
— Oui c’est clair, enfin de toute façon que...voila, comme je disais tout à l’heure, que ce soit n’importe quelle maladie, après si on s’aperçoit que la personne ne peut pas subsister elle-même à ses besoins...ou, je ne sais pas, qu’elle est trop mal... enfin des trucs tous bêtes, pour se laver, pour n’importe, oui. De toute façon, enfin il faut être là un minimum, donc oui. Enfin ça ne me choque pas. C’est logique.
— Bin oui aussi, enfin même si un proche était lépreux, je l’aiderai aussi.
— Bien sûr.

Yentl : Saviez-vous qu’il existe une aide à domicile pour les personnes atteintes du VIH ?

— Oui et je trouve que c’est une très bonne chose, et il ne faudrait pas que ça s’arrête.
— Ah non.
— Non, non plus, je n’étais pas au courent.
— Non plus, oui, je n’étais pas au courent.
— Je ne savais pas qu’il y avait une aide à domicile spécifique pour les...pour les personnes atteintes du VIH.

Réda : Autour de la table, il y a cinq personnes venues pour parler du PAD. Alors c’est le...programme d’aide...

Vincent Pelletier : A domicile.

Réda :...à domicile. Voila ce...ça s’appel comme ça. Ca date de 1993, et avec nous pour en parler, donc de gauche à droite, il y a Vincent Pelletier qui est directeur général de de... Aides. Donc Aides est la plus... importante (rire), la plus... association de lutte contre le VIH. Pas la première, crée en 1984 par Daniel Defert, et... et ses amis, issu du milieu homosexuel, voila ce... et... et qui continu aujourd’hui avec un budget annuel de combien ?

Vincent Pelletier : 40 millions d’euros.

Réda : 40 millions d’euros. Combien de salariés ?

Vincent Pelletier : 450.

Réda : Voila ce... et le plus... le plus haut et le plus bas salaire au sein de Aides ?

Vincent Pelletier : Les salaires d’embauche ne sont jamais inférieurs à 1500 euros par mois, et mon salaire à moi est à 9600. Réda : Neuf mil six, d’accord, oui. Renaud Delacroix donc délégué syndical...sud au sein de Aides, et... salarié de... l’association depuis une douzaine d’année.

Renaud Delacroix : Oui depuis 98.

Réda : 98, ce qui veux dire... après l’arrivé des trithérapies et... déjà... alors en pleine crise interne au sein de l’association.

Renaud Delacroix : Oui enfin ce n’est pas... mais... enfin... déjà... oui, oui c’est vrai.

Réda : Voila. Et engagé donc... surtout en banlieue, surtout en Seine Saint- Denis, sur la réduction des risques.

Renaud Delacroix : Voila, enfin moi je suis de à Aides...j’y fait oui de la réduction des risques liés à l’usage de drogues depuis que j’y suis, et sur Paris dans le quartier des Halles pendant cinq ans et puis depuis 2003 sur le 93. Maintenant principalement sur Saint-Denis... voila...aussi, enfin Saint-Denis auprès de consommateurs d’héroïne, injecteurs. On intervient avec un petit camion et puis on va sur les, les lieux fréquentés par les usagers de drogues, à côté des plans de...vante d’héroïne, et puis autour du cartier de la gare de Saint-Denis, où là c’est plus la crack qui est présent, en particulier depuis deux ans à peu près.

Réda : Ok. Alors ensuite trois personnes. Je vais commencer par Laryssa. Bonjour.

Laryssa : Bonjour Réda, bonjour les invités et bonjour aux auditeurs ;

Réda : Voila ce... Est-ce que tu peux nous dire quel est...quel l’intérêt que tu portes pour ce débat, donc sur.. sur le programme d’aide à domicile géré par l’association Aides ?

Laryssa : L’intérêt que je porte sur le... débat est assez particulier ; en sachant que moi même je suis une militante au sein de Aides, ai bénéficiaire de ces dispositifs, donc... qui, qui est menacé. En fait donc... mon intérêt... mon... angoisse elle est très légitime par ce que je ne sais pas du tout dans quelle sauce on va se faire manger. Donc j’aimerai bien savoir qu’est-ce qui va nous être proposé ? Comment on va s’en sortir sans ces aides à domicile, auxquelles on était assez habitués et dont le rôle n’est pas tout simplement de venir passer la serpierre et puis à faire la vaisselle.

Réda : Alors, Jacquot et Pascal, on ne se connaissait pas du tout, mais bienvenue tous les deux à l’émission.

Pascal : Merci.

Jacquot : Bonjour d’abord, et je suis très d’accord avec ce qu’elle viens... ce que la dame viens de dire précédemment...

Réda : Oui...

Jacquot :...Et... et c’est vrai que...

Réda : Mais est-ce que vous pouvez déjà vous présentez ?

Jacquot : Oui, excuse moi, je m’appel...

Réda : Nous dire un petit peu...

Jacquot : Voila, je m’appel Jacquot en fait, j’habite dans les Yvelines, je suis bénéficiaire de cette aide depuis 2005, période, à une époque où j’ai eu un empoisonnement thérapeutique, je me suis retrouvé à l’hôpital. A cette période là on a mis quelqu’un chez moi pour faire cette aide, pour un peu ranger tout ça, et quand je suis ressorti de l’hôpital on m’a proposé, est-ce que je voulais continuer à garder cette aide à domicile ? Il s’avère que comme elle dit, ça n’a rien avoir avec passer un coup de serpierre, c’est aussi bien pour le moral, que quand on n’a pas de véhicule pour se... pour aller faire ses courses, que pour aller faire des démarches administratives éventuellement, enfin moi je sais que Malika, la personne qui vient chez moi, met... enfin, il y a quelque chose qui s’est vraiment créé, et là d’un seul coup on m’annonce, voila, ça va, ça va... tout ça va s’arrêter fin 2010, et juste ce que je voulais finir, c’est " mais ne t’inquiète pas on va rebasculer sur autre chose", donc j’ai fait tout ce qu’on m’a dit comme dossiers, et je me suis fait envoyer un gros vent, en me disant que j’avais trop d’argents. Oui bon je suis un peu en dessous de 8 milles par mois mais... On m’a dit moi, "tu as trop d’argents". Moi je suis à 8 cents par moi....ça fait quand même... 800 par mois, tu as pas le droit à l’aide à domicile par ce que tu es trop riche. Par le conseil général.

Réda : Oui, j’ai bien compris, oui... donc c’est Pascal ?

Pascal : Oui.

Réda : Bienvenue aussi.

Pascal : Merci.

Réda : Qu’est-ce que vous souhaitez déjà partager sur votre situation ?

Pascal : Par rapport à une situation où on a beau dire que... la trithérapie fait, soit disant, des miracles et est facile à vivre, déjà il faut que ben, les gens qui parlent sachent de quoi ils parlent. Que... bien souvent quand on a, ce qu’on appel, des infections longues durée... tel que les hépatites qui sont cumulées avec, et qui sont des traitements très très lourds... ben on a déjà du mal à vivre psychologiquement et en plus, je veux dire, par rapport à sa façon, de pouvoir s’auto s’assumer, par ce que les trois car du temps, il y a une capacité d’invalidité, il y a une reconnaissance en tant que travailleur handicapé. C’est quelque chose qui est mon cas, puisque j’ai une invalidité à 80%, et que en gros par rapport à des envies de technocrates qui tiennent une assos’... dite une association de loi 1901, pour le but de... pour le bien d’autrui, pensent d’abord à s’auto servir par rapport à leurs humeurs et qui veulent bien nous faire croire que, ben c’est par ce que, soit disant la DDAS arrête les subventions, alors que tout simplement c’est Aides qui veut se désengager en totalité des objectifs qu’elle a vis à vis des gens sur lesquels ils se sont engagés, mais vis à vis, aussi de son conseil d’administration. Autrement dit, il ne faut pas nous prendre pour plus bêtes que l’on est. Aides a des vocations, que ce soit vis à vis des drogués, que ce soit vis à vis des malades séropositifs, et surtout en plus quand ils se disent que les gens qui sont porteurs d’une hépatite, ils sont plus que prioritaires sur tout ou quoi que ce soit, et quand on a une personne qui est chez... qui vient chez nous deux... comme dans mon cas deux fois par semaine, c’est quelque chose qui est fondamentale par ce qu’ on est obligés de vivre dans un état... dans un appartement qui soit propre mais aussi on a besoin de cette relation, justement pour arriver à vivre tout ça. Donc il faut peut-être dire arrêtons de nous mentir, et disons la réelle volonté de Aides, de ce qu’ils ont à faire, soit ils reviennent sur une association qui était utile et qui avait des véritables vocations comme ça été lieu sur les années 1980-1990, ou soit c’est un holding financière qui est là pour assurer les salaires de ses 450 employés. C’est tout ça s’arrête là.

Transcription : Alissa Doubrovitskaia