Skip to main content.

Les coulisses du Sidaction | Bruno Spire | Financement de la lutte contre le sida | Pierre Bergé | Renaud Delacroix | Vincent Pelletier

Sidaction : Pour Vincent Pelletier, directeur général de AIDES, un « mal obligé » qui renforce la stigmatisation des séropositifs

14 mars 2010 (lemegalodon.net)

| Votez pour cet article

Réda : Vincent Pelletier, directeur général de Aides et Renaud Delacroix, vous appartenez tous les deux à une association qui... a longtemps été membre du conseil d’administration, vous faites partie des associations fondatrices de cette opération Sidaction, et qui a..., qui faisait partie de cette fameuse tranche A, donc c’est à dire en fait les associations fondatrices s’étaient réservées le gros du gâteau. A l’époque du premier Sidaction c’était deux cents vingt million de francs sur les trois cent millions récoltés, que les associations fondatrices s’étaient auto-attribuées. Pour vous est-ce que... voila la lutte contre le sida est soluble dans le champagne et les paillettes ?

Vincent Pelletier : C’est presque un mal obligé... Effectivement autour de ça il y a la question de l’argent, et l’argent il faut aller le chercher c’est clair. Donc ce genre de soirée où effectivement..., où moi je ne suis pas à l’aise, donc je préfère effectivement ne pas y aller par ce que ce n’est pas... ce n’est pas mon milieu, il n’empêche qu’elle est nécessaire pour mobiliser des gens qui vont pouvoir faire la mobilisation sur une émission télé qui va rapporter de l’argent. Pas suffisamment, mais qui va rapporter de l’argent.

Réda : La contre partie quand on montre les séropositifs comme des victimes, comme des pauvres gens qu’il faut aider ou pour qui il faut maitre la main à la poche, est-ce que ça ne renforce pas la stigmatisation des personnes atteintes ?

Partouze dans un sablier géant et mort subite pour les séropositifs au nom de la récolte d’argent pour l’association Sidaction

Vincent Pelletier : Si vrai semblablement. Là dessus... enfin vraiment je... je te rejoins. Je ne crois pas, aujourd’hui en tout cas, en 2010, qu’on puisse montrer ce visage là de l’épidémie. Les choses ont changées alors c’est... l’épidémie a beaucoup beaucoup changé en 25 ans, mais aujourd’hui l’image de l’épidémie ce n’est pas celle là. Les traitements font qu’effectivement les gens vont mieux et que c’est ça qu’il faut montrer. Ce qu’il faut montrer c’est la difficulté de ce protéger, c’est la difficulté de vivre avec des traitements potentiellement, mais on va quand même beaucoup mieux aujourd’hui en 2010 qu’on allait il y a 25 ans, donc...

Réda : Mais est-ce que Bruno Spire qui représente Aides au sein du conseil d’administration de Sidaction fait entendre cette parole là, qui est la réponse de Pierre Bergé sur ces enjeux là ?

Vincent Pelletier : On connait bien Bruno, on connait ses positions. C’est sans doute, le garçon que je connais qui a la vision la plus positive sur l’épidémie donc là...

Réda : Mais pourquoi est-ce qu’il n’arrive pas à se faire entendre au sein du conseil d’administration de Sidaction ? Par ce que quand on voit les images qui en sortent... ça n’a rien avoir avec cette vision positive de la vie avec la VIH.

Vincent Pelletier : C’est une des raisons qui fait que... que Christian Saout est sortie à l’époque du conseil d’administration, Bruno a voulu revenir par ce que il est, il est important de travailler tous unis dans cette lutte là. Que les luttes fratricides au sein de la lutte de... contre le sida sont plutôt néfastes et négatives donc Bruno a tenu à retourner au conseil d’administration de sélection pour faire entendre cette voix là. Il n’est pas tout seul à dire ça donc on peut espérer que lentement les choses vont évoluer.