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Projet Madeleine : quand des lycéens découvrent qu’on peut vivre avec et aimer une personne séropositive... sans se retrouver contaminé

7 janvier 2010 (papamamanbebe.net)

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Le 27 novembre 2009, une conférence de presse appelée "les visages de l’épidémie" a eu lieu à la Maison des Familles à Paris. En plus des journalistes, des lycéens de Bondy en Seine St Denis ont assisté aux témoignages d’une quinzaine de personnes séropositives venues racontées elles-mêmes la vie et les difficultés rencontrées avec le VIH. On vous propose de revenir sur les questions posées et les remarques faites après les témoignages, questions qui pour nous font état des lieux des connaissances et de l’intégrité du public face au VIH.

Lycéenne 1 : Moi, je ne savais pas qu’on pouvait avoir des enfants non-contaminés. Ça, je ne savais pas du tout. Et aussi, je ne savais pas qu’on pouvait vivre avec quelqu’un de non-contaminé et je ne savais pas non plus qu’il y a avait des familles qui pouvaient vivre avec le VIH.

15 personnes séropositives venues de toute la France, tous parcours, toutes origines, étaient là pour s’adresser publiquement à la presse. Il y avait presque autant de journalistes que de lycéens dans la salle. Mais ces personnes étaient surtout venues pour engager la discussion avec ces lycéens venus du lycée Renoir de Bondy pour annoncer le projet Madeleine, un projet de soutien aux personnes séropositives qui veulent expliquer et raconter la vie avec le VIH aux jeunes. On voit bien avec cette première intervention qu’il existe un gros déficit d’informations sur ce sujet. Voici la deuxième intervention d’une lycéenne :

Lycéenne 2 : Excusez-moi, c’est une question indiscrète mais je voudrais savoir comment on peut vivre avec quelqu’un qui n’est pas contaminé, et avoir des enfants sans qu’ils soient contaminés lui et les enfants ou elle et les enfants ?

Plusieurs personnes avaient pris la parole pour expliquer qu’ils étaient parents, papa ou maman, ou qu’ils vivaient en couple sérodifférent. Un jeune homme qui vit en couple sérodifférent a tenu tout particulièrement à prendre la parole ce jour-là aux côtés de ceux qui étaient venus témoigner :

Bonjour à tous,

Je désire joindre mon témoignage en guise de solidarité avec toutes les personnes séropositives. Séropo ou pas, nous avons tous des êtres chers. Il est donc évident que nous sommes tous concernés. Dans les années 90, je suis témoin de la perte de certains de mes proches, constatant impuissant l’ampleur de ce fléau. Ensuite, lors de ma première tentative de paternité, de nouveau le VIH croise mon chemin. Un choix durant plus d’une dizaine d’années d’abandonner ce malheur, de vivre animé par la joie et la rancœur. Son enfant était notre unique joie de survivre. Aujourd’hui, malgré les progrès des traitements, on reste toujours otage des effets secondaires, des maladies opportunistes et surtout de la solitude. Les activités ludiques et de prévention de santé du Comité des Familles permettent de confronter nos expériences et rendent possible la vision de projets sur du long terme car enfin la procréation est fiable. Pour moi, l’entraide crée du lien nécessaire dans la lutte contre cette pathologie et l’amour de la famille procure toute cette jois du réconfort. Aujourd’hui, je suis toujours séronégatif mais je préfère le mot concerné car malgré ces vingt ans passés, les mentalités restent figées.

Reda : Alors Tina, comment c’est possible pour une personne séropositive de vivre avec une personne séronégative ?

Tina : Avec l’amour. Quand deux personnes s’aiment , elles ne choisissent pas d’avoir le VIH ou non et elles vont tout faire pour ne pas risquer de contaminer l’autre. Il y a différentes possibilités de vivre en couple et de faire des enfants sans celui ou celle qu’on aime.

Reda : Mais la question, c’est plutôt : en pratique, comment c’est possible que la personne séronégative le reste puisque a priori, un couple va faire l’amour ?

Tina : En pratique, la première chose, c’est d’avoir toujours des rapports avec préservatif. Et pour faire un enfant, on le sait maintenant officiellement depuis environ un an, il existe des traitements qui vont protéger la personne séronégative. Donc, si la personne séropositive prend un traitement qui est efficace, que sa charge virale est indétectable depuis au moins 6 mois et avec aucune autre mst, le couple sérodifférent peut avoir des rapports sexuels sans préservatifs. Le risque est très faible de contaminer son partenaire.

Reda : Ce ne sont pas des rapports non protégés, ce sont des rapports portégés par les médicaments. C’est vrai que c’est complètement nouveau mais pourtant, les lycéens l’ignoraient alors qu’ils sont tout à fait en mesure de comprendre quand c’est expliqué avec prudence.

Tina : Je pense qu’ils ont découvert quelque chose qui est un peu incroyable alors que d’ordinaire, on pense que les séropositifs, il faut s’en méfier comme de la peste. Ils ont vu que même que des rapports sans préservatifs mais protégés avec des traitements sont possibles.

Reda : Ali, c’est possible qu’une personne séropositive puisse vivre avec une personne séronégative ?

Ali : J’ai vécu 8 ans en couple sérodifférent. Ça fait quand même un certain nombre d’années. A l’époque, les choses étaient complètement différentes mais il y a eu quand même des progrès depuis. En ce qui me concerne, c’est plus clair que ça, à savoir que c’était l’amour. La mère de mon fils m’aimait tel que j’étais. J’étais en bonne santé mais je lui avais dis que j’étais séropositif et qu’il y avait un certain nombre de risques. On a pris ces risques pendant une période bien précise mais il se trouve qu’on a eu un très bel enfant.

Reda : Séropositif ou séronégatif ?

Ali : La mère et l’enfant sont séronégatifs.

Reda : C’est important car si on ne le dit pas, les gens vont présumer que c’est un enfant malade.

Ali : Après, je pensais pour ma part qu’il me restait un laps de temps de vie très court et j’ai pris des décisions qui m’appartiennent mais j’ai suivi depuis le début ce qu’on appelle la vie avec le VIH.

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