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Sida : la prévention parmi les homosexuels "priorité absolue"

29 novembre 2009 (Le Monde)

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En 2008, l’InVS estime à 6 940 le nombre de personnes nouvellement contaminées par le VIH en France. Soit, rapporté à la population âgée de 18 à 69 ans, un taux d’incidence global de 17 cas annuels pour 100 000 personnes.

Les hommes ayant des rapports homosexuels représentent la population la plus touchée : 48 % des cas de nouvelles contaminations, avec un taux d’incidence estimé à 1 000 cas pour 100 000 personnes. Ce taux est 200 fois supérieur à celui observé dans la population hétérosexuelle (5 cas par an pour 100 000 personnes).

Chez les usagers de drogues par voie intraveineuse et chez les personnes hétérosexuelles de nationalité étrangère, l’incidence est respectivement 18 fois et 9 fois supérieure à celle de la population hétérosexuelle française.

Le directeur général de la santé, Didier Houssin, avait demandé à France Lert et à Gilles Pialoux un rapport sur les évolutions de la prévention de la transmission du VIH. Dans le document qu’ils ont rédigé, celle-ci constitue, en particulier, "une priorité absolue et urgente" chez les hommes lors de rapports homosexuels.

Pour les auteurs, l’"objectif réaliste" n’est pas "d’éradiquer l’infection VIH ni de réduire à zéro au niveau populationnel les risques d’être infecté ou de transmettre le VIH". Le rapport s’inscrit plutôt dans "une approche de réduction des risques". Cette "prévention combinée" a pour but d’"offrir à chacun la possibilité d’utiliser plus de moyens, de s’appuyer sur un système plus robuste et de se donner plus de chances d’être protégé et de protéger les autres."

Le rapport se situe donc dans le droit fil de celui de la Haute Autorité de santé, qui a recommandé un dépistage du virus du sida sur toute la population française de 15 à 70 ans et la pratique d’un test tous les ans pour les "groupes à risque" et la Guyane, territoire français le plus touché par le VIH.

"SOCLE DE LA PRÉVENTION"

Tout en rappelant que le préservatif reste "le socle de la prévention", le rapport Lert-Pialoux considère, comme avant lui le Conseil national du sida (CNS), qu’un traitement rétroviral efficace (ART) réduit le risque de transmission VIH. Ce concept du rôle préventif des traitements antirétroviraux est à présent solidement fondé sur des études et est suffisamment fort "pour constituer dès maintenant une information utile pour les personnes séroconcernées."

Le rapport préconise la création de centres de santé sexuelle pour le public des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT).

Eestimant que "les conflits qui ont stérilisé l’action publique ces dernières années doivent être dépassés", le rapport Lert-Pialoux souhaite "une répartition plus précise des rôles entre la Direction générale de la santé (DGS) pour les orientations stratégiques et les aspects réglementaires et l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) pour la diffusion et la mise en œuvre des recommandations".

De même, France Lert et le professeur Pialoux souhaitent la nomination d’un responsable de la "santé sexuelle LGBT" au sein de l’INPES. Cette personne favoriserait la coordination, ainsi que le lien et la dynamique entre les experts scientifiques et associatifs.

Paul Benkimoun

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