Skip to main content.

Chiffres du sida | Contamination et prévention | Sexe et sexualité

En 2008, près de 7000 nouvelles contaminations en France : Qu’en pensent les séropositifs ?

3 décembre 2009 (papamamanbebe.net)

1 Message | Recommander cet article | Votez pour cet article

C’est bientôt la journée mondiale contre le sida. C’est la seule fois, avec le moment du Sidaction où le public a peut-être une chance, une toute petite chance d’entendre parler du VIH. Et une chance encore plus petite d’entendre à quoi ressemble la vie avec le VIH. Le Comité des Familles en fait le constat chaque mais a décidé de se faire entendre une fois de plus. Il y a un chiffre qui sort chaque année et c’est le nombre de personnes nouvellement contaminées par le VIH en 2008 en France, ceux qui l’ont découvert et savent maintenant qu’ils ont le VIH. Ce chiffre tourne autour de 7 000 personnes et il faut savoir aussi qu’il y en a 40 000 qui ne savent pas qu’elles sont atteintes. Dans tout cela : il y a une espèce de constance. Que ce soit en 1983 ou en 2009, la personne qui reçoit ce diagnostic, au départ en tout cas, on est à peu près sûr qu’elle se dit : ma vie est foutue, je vais mourir demain, je ne pourrais plus jamais aimer ou être aimé et plus jamais faire d’enfants. Tout cela aujourd’hui est faux, grâce aux progrès de la médecine. Nous, on le sait aussi. Autour de la table, avec les correspondants du Comité des Familles, deux questions se posent. Est-ce que la prévention est un échec ? Et si vous aviez une de ces personnes en face de vous, qu’est-ce que vous lui dites sur ce qui l’attend en tant que personne qui vient d’apprendre sa contamination ?

Ali : La stigmatisation et la discrimination, pour moi, n’ont pas beaucoup évolué. Je dirais même qu’il y a eu un creux puisque les gens se sont dit que les traitements pouvaient nous permettre de vivre comme tout le monde, ce qui est loin de la réalité. Je le dis, bien que je ne prenne pas de traitements. Il faut que la personne se forge un sacré caractère pour pouvoir vivre tout en se disant à elle-même et aux autres que ce n’est pas une maladie honteuse. C’est une personne qui a les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout le monde.

Agathe : Moi, si je rencontrais une personne qui vient d’apprendre sa séropositivité, je lui dirais tout simplement de venir avec moi, et d’aller ensemble en parler au Comité des Familles pour se faire aider. Les associations sont importantes, c’est là qu’on trouve la richesse des autres personnes qui sont concernées aussi par le VIH ou non. C’est là qu’on a nos sources d’informations et qu’on peut en parler librement et voir les expériences des autres qui nous enrichissent et nous donnent parfois les bonnes directions à suivre. Il y a de la prévention de faite mais elle n’est pas écoutée et pas faite de la bonne manière. Ce n’est pas en faisant de la théorie qu’on y arrive. À l’école, au collège, c’est théorique et ce n’est pas ce que les élèves écoutent. Il faudrait que des personnes concernées, comme nous ici, aillent directement raconter leur expérience. Ça toucherait beaucoup plus les élèves.

Ben : Si un séropositif vient devant moi, je prends le temps de l’écouter pour qu’il puisse transpirer sa douleur. Et ça soulage.

Tina : Bien sûr, 7 000 personnes, c’est énorme. C’est 20 par jour et on ne les voit pas. Ça fait un nombre incroyable de séropositifs tous les jours en plus qui apprennent cette nouvelle ! On est allé dans un lycée hier pour parler des interventions en classe, et les professeurs ne sont pas contents parce qu’on prend sur leur temps et du coup, ils ne sont pas sûrs. Et même si un professeur est d’accord pour l’inclure dans son programme, il trouve ça difficile. Certains proposent d’attendre l’événement du Sidaction (sic). C’est comme si la santé des jeunes passait derrière le programme scolaire. Le jeune, il peut apprendre ce qu’il veut mais s’il se retrouve avec le VIH, c’est pire que tout. Ce n’est vraiment pas drôle. Il faut vraiment réfléchir sur ce qui est une priorité. Faire une prévention de la peur ou en répétant sans cesse les mêmes messages, ça ne marche pas alors que des personnes qui viennent témoigner peuvent vraiment interpeller les jeunes. Et si je rencontrais une de ces personnes nouvellement concernées, je pense qu’il serait important de l’écouter, de répondre à toutes les questions qui lui passent par la tête et de la mettre à la page par rapport à la réalité. C’est clair qu’elle aura des fausses idées sur le VIH mais il faut lui redonner courage. Aujourd’hui, il y a une vie avec le VIH. On peut avoir des enfants, vivre en couple et vivre longtemps.

Jennifer : C’est sûr qu’il y a encore un long travail de prévention. Si je rencontre une jeune fille ou une autre personne qui vient d’apprendre sa séropositivité, je la prends par la main et si elle veut pleurer un bon coup, qu’elle n’hésite pas à le faire ! Je lui dirais que moi, comme pleins d’autres personnes, ça fait 20 ou 25 ans qu’on est atteint et qu’on ne meurt pas obligatoirement. On peut avoir une vie complètement normale, être heureux, avoir des enfants, travailler… Il ne faut pas se dire tout de suite qu’on va mourir, il ne faut rester sur cette idée-là.

Nadine : Pour moi, 7 000 personnes nouvellement contaminées, c’est un échec total de la prévention. Ça fait quand même 25 ans que ça dure ! Il serait temps que les écoles prennent ça en compte. Je ne comprends pas pourquoi ça ne les intéresse pas parce que ça concerne quand même les enfants et ça concerne leurs enfants. Ils devraient s’intéresser à ce sujet qui est quand même grave ! C’est sûr que c’est une maladie qui se soigne mieux maintenant mais il y a quand même des à-côtés qui ne sont pas encore faciles. Si je rencontrais une de ces personnes, je l’inviterais à boire un café et on discuterait. Déjà, je l’écouterais et j’essaierais de répondre à ces questions le plus clairement possible et selon mon expérience. Je la rassurerais en lui expliquant que maintenant, il y a des traitements, que l’on peut avoir des enfants et qu’on peut avoir une vie. il ne faut pas écouter ce qu’on entend au Sidaction depuis des années. On n’est pas condamné parcequ’on a le VIH. On peut avoir une vie à peu près normale avec cette maladie chronique.

Carole : Je dirais qu’au niveau du nombre des personnes nouvellement contaminées, c’est vraiment beaucoup trop ! Je fais partie d’une association en Martinique et au niveau de la prévention, c’est presque pareil ! On a beaucoup trop de contaminations. Le dernier contaminé que j’ai accueilli, il a 14 ans. Et les parents dans tout ça, quand on a fait de la prévention au niveau des collèges et même au niveau des cours élémentaires, ils trouvent qu’ils sont trop jeunes pour parler de sexualité et tout ce qui s’en suit… Moi, je trouve que c’est trop, c’est vraiment trop !

Agathe : Il n’y a pas qu’avec les enfants qu’il faut faire de la prévention. Moi, j’en fais et je vois bien qu’il y a des adultes d’une quarantaine d’années qui sont encore très loin des vraies informations sur le sujet. Il faudrait peut-être insister aussi sur la prévention auprès des adultes.

Carole : Pour les personnes qui viennent d’apprendre leur séropositivité, on fait toujours appel à notre association en Martinique. Je vais sur place et je laisse la personne parler et se vider du mal à accepter sa séropositivité. Après, je lui explique ce que c’est qu’être séropositif.

Forum de discussion: 1 Message