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L’effet Carla Bruni-Sarkozy au Comité des Familles, un an après son joli plan de communication...

26 novembre 2009 (lemegalodon.net)

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Il y a un an, le Comité des Familles écrivait à Carla Bruni-Sarkozy suite à la conférence de presse Génération sacrifiée du 28 novembre 2008 et à son engagement pris le 1er décembre 2008 en faveur de la lutte contre le sida. Catherine Charles, lisait, il y a 1 an, cet appel au micro de l’émission Survivre au sida.

Chère Carla,

Vous allez annoncer lundi 1er décembre votre engagement contre le sida, notamment auprès des mères et des enfants touchés par le virus.

Au nom du Comité des Familles, association créée par des mères et des pères vivant avec le VIH, nous souhaitons vous rencontrer pour vous alerter sur la situation dramatique que nous vivons au quotidien.

La situation dans les quartiers et les banlieues où nous vivons est grave : notre génération a payé un lourd tribut au sida, et nous luttons pour nos enfants grandissent dans un monde plus juste.

Votre écoute et votre soutien peuvent faire changer les choses.

Bravo pour votre engagement.

Veuillez recevoir nos salutations solidaires pour survivre au sida.

Le Comité des Familles.

Reda : Carla Bruni-Sarkozy, qui devait annoncer son engagement dans la lutte contre le sida en tant qu’ambassadrice du Fond mondial contre le sida, auprès des mères et des enfants touchés par le virus. Aujourd’hui, on est 1 an plus tard, on réunit des correspondants du Comité des Familles venus de toute la France. Ils vont se présenter et je vais demander à chacun d’entre eux de réagir car le Comité des Familles attend toujours de rencontrer Carla Bruni-Sarkozy. Qu’est-ce que vous, correspondants, avez à dire à la première Dame, sachant qu’elle avait répondu dans le Parisien : Bien sûr, je suis prête à les rencontrer. Tout ce qui se passe en banlieue m’intéresse particulièrement. Honneur aux dames ! On va commencer par Carole :

Carole : Bonjour. Je suis de la Martinique. Je suis séropositive depuis environ 14 ans ; je l’ai su pendant ma 2e grossesse. Aujourd’hui, j’ai 33 ans et je suis célibataire.

Reda : Et si tu avais Carla-Bruni-Sarkozy en face de toi, sachant que cela fait 1 an qu’on attend à ce qu’elle tienne son engagement, tu lui dis quoi ?

Carole : Il est plus que temps de tenir sa promesse !

Nadine : Bonjour, je suis Nadine et j’ai 45 ans. Je vis en couple et nous sommes tous les deux séropositifs depuis 1986. Je suis correspondante de Comité depuis 1 an. Je dirais à Carla qu’il est effectivement plus que temps qu’elle tienne sa promesse et qu’elle prenne en compte les personnes touchées par le sida. Il y a des familles, des enfants, des couples qui en ont besoin.

Jennifer : Moi, c’est Jennifer. J’ai 21 ans et je viens de Haute-Savoie. Je vis en couple avec mon compagnon depuis 2 ans et je suis séropositive depuis ma naissance. J’avais un peu entendu parler de votre tentative de rencontrer Carla Bruni-Sarkozy grâce à votre site internet. Ce que j’ai à lui dire, c’est qu’au lieu de parler, elle ferait mieux de passer à l’acte.

Tina, une des responsables de l’Association du Comité des Familles était présente quand Catherine Charles avait lu cet appel.

Tina : On a vraiment essayé de la rencontrer, essayer à plusieurs reprises de parler à son interlocuteur qui la représente. À chaque fois, c’était des rendez-vous repoussés. Je pense vraiment que l’intention n’y est pas de la part de Carla Bruni-Sarkozy. Je pense que c’était juste pour faire joli dans la presse. Il n’y avait rien de vrai derrière. Pour moi, j’ai l’impression qu’elle nous a menti, qu’elle nous a utilisés pour son image.

Reda : D’ailleurs, le journal Bakchich en a un petit peu parlé. Le 10 septembre, j’étais allé voir Grégoire Verdeau, son plus proche conseiller qui m’avait quand même reçu pour le Comité. Quelque part, lui aussi aurait pu renier cet engagement-là ! Mais en gros, quand je lui ai rappelé que Carla Bruni-Sarkozy avait dit dans le Parisien qu’elle était prête à nous rencontrer, il s’est contenté de dire que face à la question du journaliste, elle ne pouvait pas répondre autrement. Donc là, on est dans la communication pure et simple. Comme quoi, les réponses que l’on donne aux journalistes, finalement, n’engagent personne. Le but est maintenant de faire une bonne communication. Il y a un bilan à faire de tout cela, sans illusions. C’était le Dr Eric Chapeau qui avait lancé cette idée d’interpeller Carla Bruni-Sarkozy dans la foulée de la conférence. Ben, ici présent, et Catherine était là pour témoigner sur la génération sacrifiée.

Tina : J’aimerais bien qu’un jour, sa conscience la titille pour qu’elle nous aide vraiment à lutter contre cette stigmatisation des séropositifs. Elle est beaucoup vue, elle doit porter les vrais messages des personnes vivant avec le VIH aujourd’hui. Ça aiderait énormément ces personnes-là.

Reda : Tu penses vraiment que des gens qui ont une audience médiatique peuvent aider à changer les choses ?

Tina : Mais si elle nous aide à dire qu’aujourd’hui, on peut faire des enfants sans risquer de le contaminer, parler des avancées dans la médecine, le grand public pourra entendre ces messages. Après, ce n’est pas à elle seule d’en parler mais je pense qu’elle a une place pour le faire.

Ben : Effectivement, elle peut influencer.

Reda : Ben, tu étais à cette conférence de presse génération sacrifiée. Tu étais un des deux grands témoins avec Catherine. 1 an plus tard, quel bilan tu fais de cette interpellation publique de Carla Bruni-Sarkozy ?

Ben : Je viens du Borloo land et j’aimerais dire cela à Carla : écoute, va voir Valérie et Jean-Louis. Eux, ils sont un petit peu plus pragmatiques dans les réponses qu’ils essaient de donner à l’URGENCE. J’aimerais lui dire aussi que dans le Nord, quand on se lance dans une parole, on la tient jusqu’au bout !

Agathe : Moi, j’ai 22 ans. Je suis au Comité des Familles depuis quelque temps et je suis correspondante toute fraîche. Je suis séropositive depuis ma naissance et je fais de cela une lutte. J’ai envie de faire de la prévention et d’en faire mon avenir professionnel. Ma réaction par rapport à Carla Bruni-Sarkozy est que c’est bien de répondre à un journaliste comme ça parce qu’on est forcé de répondre quelque chose de joli pour faire beau dans le journal, mais faut savoir qu’après, ça donne un petit espoir aux personnes concernées par le VIH comme moi par exemple. Mais aussi aux associations qui se disent que pour une fois, peut être qu’elles vont être entendues. Les personnes elle-même concernées par le VIH doivent être entendues, plus que par leurs porte-parole. C’est dommage de donner de l’espoir sans rien faire derrière.

Ali : Alors, moi j’ai été contaminé en 1983, étant un usager de drogue par voie intraveineuse. J’ai un enfant qui a l’âge de 18 ans. En ce qui concerne Carla Bruni-Sarkozy, cela prouve (s’il y a encore besoin de le prouver) que l’état et le gouvernement ont fui le champ social et que c’est aux associations de se prendre en main. Si j’avais une demande à lui faire, ce serait d’essayer de soutenir et d’accompagner les associations dans leur quotidien pour faire barrage à la stigmatisation et tous les problèmes auxquels on doit faire face.

Reda : Avec nous, il y a deux invités : Désiré Sankara et Michel Kokoreff. Désiré est un artiste invité par Ousmane Zaré et Michel Kokoreff est sociologue. On va parler avec lui de la génération sacrifiée et même de ce qui s’était passé avant. Alors, 1 an plus tard, on attend toujours. Qu’en pensez-vous ?

Désiré Sankara : Bonjour. Moi, je suis artiste musicien et ce que j’ai à dire à Carla Bruni-Sarkozy, c’est de penser à ces personnes. La musique déjà, peut faire quelque chose pour ces personnes. Penser à ces personnes, c’est très important !

Michel Kokoreff : Je trouve qu’en tant que citoyen, il est assez scandaleux de faire de la communication sur le dos de la santé. Par ailleurs, je pense que madame Bruni-Sarkozy n’a pas une fonction particulière qui l’autorise à avoir une action ou un engagement. C’est la ministre de la Santé qu’on doit entendre ! Carla Bruni-Sarkozy, elle peut lancer un message d’espoir mais on s’en fout ! Elle n’a pas de pouvoir, elle n’est pas au gouvernement, elle n’a pas de responsabilité donc elle ne peut convaincre personne !

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