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Les coulisses du Sidaction | Financement de la lutte contre le sida | Gilles-Olivier Silvagni | Pierre Bergé

Le président de Solidarité Plus : « On a pas le droit de révéler aux journalistes l’utilisation de l’argent de Sidaction. »

1er janvier 1995 (Entrevue)

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Il s’insurge : en théorie, Sidaction dit que le virus menace tout le monde. Mais en pratique, on favorise outrageusement le petit monde clos des groupes gays ! Les autres associations, on ne leur laisse que des miettes. Du ghetto.

Guillaume Lomig : Que reproches-tu à ECS, l’association chargée de la répartition des fonds recueillis durant « Sidaction » ?

Gilles-Olivier Silvagni, (président de « Solidarité Plus ») : Son manque de clarté et sa façon de procéder. « Ensemble contre le sida » s’est autoproclamée représentante et porte-parole de tout le milieu assocaitif et s’est chargée de la répartition des 295 millions collectés. Le problème, c’est que cette structure n’est pas neutre puisqu’elle est composée notamment de Aides, Act Up et Arcat Sida et que ces trois associations sont à la fois juge et partie !

Ton association a-t-elle bénéficiée de l’argent de Sidaction ?

Après Sidaction, on a proposé de nous allouer la somme de 140 000 francs. Nous l’avons refusée car, en acceptant une subvention, on a pas le droit de révéler aux journalistes l’utilisation de l’argent de Sidaction.

Les risques d’une telle gestion ?

Ils sont nombreux. Une association qui a besoin d’argent doit obligatoirement présenter un projet devant un comité d’Ensemble contre le sida. Les membres de ce comité peuvent tout à fait, et cela s’est déjà produit, reprendre à leur compte projets et idées ! Sans compter les dérives liées au copainage...

Tu en as des exemples ?

Oui. L’association « Le Centre gay et lesbien » a touché 500000 francs d’ECS alors que la lutte contre le sida n’est qu’un objet accessoir de ses statuts, simplement parce que ce sont des copains ! On n’est pas loin d’un détournement de la générosité publique. D’autant plus que dans le même temps certains se voient allouer des sommes ridicules ou essuient des refus injustifiés.

Tu as a d’ailleurs récemment pris la défense d’une association à qui ECS avait refusé une aide...

On a été très choqués par la réponse d’ECS à une demande de subvention faite par « Dessine moi un mouton », ; qui intervient depuis 1990 auprès d’enfants et de familles directement touchées par la maladie. Leur dossier a été rejté sous prétexte que « cette association ne s’occupe pas exclusivement du sida des enfants, mais également d’autres pathologies ». En plus d’être faux, c’est discriminatoire et monstrueux !

Tu dénonces également une dérive communautariste de la lutte contre le sida...

L’idée même de communauté est artificielle, réductrice et, en matière de sida, ostensiblement « gay » ! Après avoir combattu l’idée de « groupe à risque » et fait passer le message que le sida concernen tout le monde, on veut aujourd’hui créer un ghetto ! Notre inquiétude dépasse très largement cette histoire de répartition de l’argent collecté le 7 avril dernier...

Penses-tu que le gouvernement doit intervenir dans cette affaire ?

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics se déchargent de leurs responsabilités sur les assocaitions, alors que leur rôle n’est pas de suppléer aux manquements de l’État ! « Sidaction », c’est le début de la privatisation de la lutte contre le sida. De toute façon, je trouve illogique la répartition à 50/50 entre les chercheurs et les associations. Aujourd’hui, la priorité c’est d’aider les malades, pas les associations !

L’argent distribué

Selon ECS, 50% des fonds recueillis (soit 138 MF) sont destinés à la recherche contre le virus du sida, 50% aux associations d’aide aux malades et de prévention. Mais seulement 102 MF ont été redistribuées, dont 47 MF pour 17 associations « partenaires ». 15 MF ont été perçus par la Banque de France pour organiser la collecte et déjà 4FM ont été touchés par ECS au titre de « frais de fonctionnement ». 174 MF sont encore « en cours d’attribution ».

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Le président de Solidarité Plus : « On a pas le droit de révéler aux journalistes l'utilisation de l'argent de Sidaction. »

Le président de Solidarité Plus : « On a pas le droit de révéler aux journalistes l’utilisation de l’argent de Sidaction. »

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