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Droit du travail | Jamal Khalid | Maroc

En direct depuis Casablanca, Mounir, enseignant et séropositif, témoigne des discriminations au travail

27 octobre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : On a au bout du fil notre premier invité téléphonique. Bonjour et bienvenu à l’antenne.

Jamal : Bonjour, moi c’est Jamal Khalid sinon j’ai quelqu’un avec moi qui s’appelle Mounir.

Reda : Jamal est-ce que tu peux nous le présenter.

Jamal : Il va se présenter lui-même. Il parle un peu français. Je traduis après.

Reda : OK. Bonjour et bienvenu à l’émission survivre au sida.

Mounir : Bonjour

Reda : Qu’est-ce qui vous amène à l’antenne aujourd’hui. Est-ce que vous pouvez nous dire d’où vous appeler ?

Mounir : Je suis à Casablanca.

Reda : Donc vous nous appelez depuis Casablanca au Maroc. Quel est le problème que vous voulez soulever ?

Mounir : C’est au niveau de mon travail. Je dois passer 4 fois par semaine chez le docteur, chez l’institut et toujours il y a des obstacles. Mon ami va vous expliquer mieux.

Reda : D’accord.

Jamal : Ce qu’il voulait dire exactement c’est parfois il doit aller à l’hôpital 5 fois dans le mois et à chaque fois il faut justifier, ça finit par se répandre dans le travail et on finit par perdre le boulot comme ça.

Reda : Qu’est-ce qu’il fait comme travail ?

Jamal : Instituteur.

Reda : Instituteur en primaire pour l’État. Est-ce que dans le cadre de votre travail il y a la possibilité, une prise en compte pour les personnes qui ont des grosses pathologies comme le VIH ou autres ?

Jamal : Il dit que quand on lui demande de ramener un certificat, il y a aussi le pavillon où on se soigne, c’est-à-dire le pavillon 23.

Reda : Être soigné au pavillon 23 ça veut dire être étiqueté séropositif.

Jamal : Voilà. Il a perdu un boulot et maintenant il est instituteur dans une école privée. Sinon il a perdu d’autres boulots avant.

Reda : À chaque fois à cause de ces visites médicales…

Jamal : Qu’il faut justifier à chaque fois. C’est le même traquenard, c’est le pavillon 23 et à force de voir des émissions du pavillon 23 on sait tous que les PVVIH se fournissent là-bas.

Reda : Qu’est-ce que souhaite Mounir aujourd’hui par rapport à cette situation ?

Jamal : Qu’il le laisse tranquille, il dit déjà on est malade, on a des difficultés pour trouver un travail, pour pouvoir vivre et si à chaque fois il nous arrive ça, on ne pourra pas aller loin. Il dit qu’il a un problème pour trouver un travail au Maroc et quand on le trouve on le perd facilement. Il faut que les organismes ici au Maroc fassent bouger les choses pour qu’il n’y ait pas de stigmatisation pour qu’on puisse dire on est HIV avec la tête haute. C’est le problème de toute l’Afrique, c’est le problème du monde. On dit qu’on respecte la personne qui est atteinte enfin de compte il n’y a rien du tout. Il n’y a pas de secret médical, on voit les gens partir avec les certificats médicaux, avec leur nom et le nom du médecin qu’il s’occupe d’eux, où est le secret ? Il n’y a rien du tout, c’est un délaissement de leur part.

Reda : Merci Jamal Khalid et merci à Mounir d’avoir appelé pour, c’est plus qu’un témoignage, en direct de Casablanca, la réalité des personnes qui vivent avec le VIH. Merci à bientôt Jamal.

Jamal : Reda s’il te plaît avant je vais vous le passer pour qu’il puisse vous dire au revoir.

Reda : Bien sûr.

Jamal : Excusez-moi pour la difficulté de cette correspondance.

Reda : On construit Jamal, on construit.

Jamal : Je vous le passe pour qu’il puisse vous dire au revoir quand même.

Reda : Voilà.

Mounir : Merci et merci de nous aider.

Reda : J’espère qu’il y a des personnes concernées aussi bien que des personnes solidaires qui réagiront sur le site survivreausida.net et merci d’avoir apporté ce témoignage sur le quotidien des personnes malades au Maroc.

Transcription : Sandra Jean-Pierre