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Droit du travail | Homosexualité | Joël Vermont

Est-ce que les personnes séropositives peuvent travailler ? (avec Joël Vermont)

8 octobre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : C’est le retour de Joël, re-bonjour.

Joël : Re-bonjour à tous et à toutes.

Reda : On avait fini avec une émission pleine à craquer, avoir quoi, 5 minutes pour parler de plusieurs années de vie et de combat.

Début du son.

— Si je vous parle de discrimination, à qui vous pensez, pourquoi on peut être victime de discrimination ?

— Bah il y a plusieurs domaines de discrimination.

— Des exemples qui vous viennent tout de suite à l’esprit ?

— sociale, racial, et religieux.

— Vous savez ce qu’il faut faire quand on est victime de discrimination ?

— Oui il y a un organisme... Il y a plusieurs organismes, suivant la raison, où peut s’adresser, pour porter plainte.

— Est-ce que c’est gênant de travailler avec quelqu’un qui a une maladie ?

— Bah ça dépend laquelle. Le problème quelqu’un qui est malade, ça dépend s’il est opérationnel déjà. S’il n’est pas opérationnel, ça fait une surcharge pour les autres, c’est dans ce sens. Bon si la personne est malade, mais elle peut assurer son travail, et ne pas déranger la bonne marche du travail bon bah il y a aucun problème.

— Côtoyer une personne touchée par le VIH, c’est dangereux ou pas ?

— Bah non, c’est pas dangereux, à moins qui ait coupure et qu’il y ait des problèmes au niveau de la transmission du sang, au rapport sexuel.

— On peut embrasser une personne qui a le sida ?

— Bien sûr.

— Une personne touchée par le VIH, elle peut travailler ?

— Oui bah, ce n’est pas contagieux dans la vie courante, à part s’il y a rapport sexuel et transmission de sang.

— Une personne qui a le sida c’est de sa faute ?

— On ne va pas dire que c’est de sa faute, non pas de sa faute, mais bon on est assez informé qu’il faut faire attention lors des rapports sexuels.

— Est-ce que vous considérez qu’être séropositif ça peut être un handicap ?

— Bien sûr.

— Pourquoi ? A quoi vous pensez ?

— Bah ne serait-ce que pour le traitement et la crainte de mourir.

— Vous êtes surprise si je vous dis qu’il existe des discriminations envers les personnes séropositives au travail ?

— Ah bah je ne suis absolument pas surprise non.

— Et pourquoi ça ?

— Bah écoutez, on sait bien que dans la société les gens ont peur du sida.

— Si vous apprenez un jour qu’un de vos collègues est séropositif, vous pourrez continuer à travailler avec lui ?

— Ah bah j’en ai, donc moi ça ne me gêne pas.

— Et donc ces personnes vous l’ont dit ? Ils se sont confiés à vous ?

— Non, non, ils ne sont pas confiés mais je l’ai su par indiscrétion.

— Indiscrétion de votre part ou de la part de... ?

— De la part de collègues qui étaient au courant.

— Et vous, vous l’avez répété à d’autres... ?

— Non.

— Pourquoi justement ?

— Bah pourquoi parce que, je ne dirais pas secret professionnel mais secret médical c’est tout. Par respect pour la personne.

— Et ces personnes-là elles sont victimes de discrimination dans votre service ou... ?

— Non.

— Elles n’ont pas de problèmes pour travailler ?

— Non.

— Pas d’absences prolongées ?

— Si.

— Et justement ces absences ça ne pose pas problème à l’employeur ?

— Non. On est dans la fonction publique, donc c’est bon.

— Vous sous-entendez quoi, qu’à la fonction publique, on peut se permettre de... (rires)

— Non, on est peut-être mieux protégés, quand on est malade, que dans le privé.

Fin du son.

Reda : Alors ça, c’était un micro-trottoir, dans les rues de Paris, Sandra tu peux nous dire, enfin nous décrire un peu ton interlocutrice qui répondait à ces questions sur la discrimination ?

Sandra : La décrire, dans quel sens c’est-à-dire ?

Reda : Pas physiquement, c’est une fonctionnaire.

Sandra : C’est une fonctionnaire oui et après elle m’a avoué qu’elle est infirmière, donc elle m’a dit qu’elle connaissait le sujet, donc voilà, c’est pour ça qu’elle a ces types de réponses.

Reda : Alors très rapidement, Joël nous avait résumé un petit peu la suite de son parcours où il avait subi à la fois violation de sa confidentialité autour de sa maladie. Et ensuite, toute une suite qui ne résume pas en quelques mots. Réaction quand tu écoutes cette personne, infirmière, de manière assez évidente de mon point de vue, assez engagé, qui connaît bien le sujet.

Joël : Tout à fait oui. C’est vrai que sans connaître sa fonction réelle... Bon, il y a des termes qui m’ont fait un peu bondir, c’est enfin de compte ne pas déranger, opérationnel. Enfin de compte même si on est séropo, à un moment donné, on reste opérationnel, on fait en sorte de permettre de travailler, et de continuer d’être inséré dans la société. Utiliser des termes ne pas déranger, enfin de compte moi je veux bien mais par rapport à ce que j’ai vécu, mon passé au niveau de la banque et c’est vrai que... Elle a appris que certains de ces collègues étaient séropo et enfin de compte c’est par des indiscrétions. Donc c’est vrai que la plupart du temps, c’est toujours par rapport à ces indiscrétions que se met en place ce système de mise à l’écart. C’est vrai que dans la fonction publique il y a plus de facilité.

Reda : Ouais ou plus de protection, tout dépend de la façon de voir, j’ai trouvé ça intéressant.

Transcription : Sandra Jean-Pierre