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Droit du travail | Homosexualité | Joël Vermont

La victoire de Joël face à son travail : Victime de discrimination, il s’est battu pour obtenir gain de cause

2 octobre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : Joël était notre invité en fait en 2006. On te connaît depuis un certain nombre d’années. Il a toujours manifesté son soutien envers le Comité des familles, voici comment et pourquoi il mène son combat. Il s’agit de parler de discrimination au travail.

Début du son

Joël : J’ai réussi à reprendre le dessus, c’est ce message-là que j’aurais voulu donner à toutes les personnes qui sont séropos ou même les personnes qui sont sidéennes, c’est qu’à un moment donné, faut même si on est dans la galère, au fond du trou, faut savoir que, il faut rester solide même si c’est difficile. Et là j’ai décidé de me battre et d’attaquer cette société donc qui a été rachetée par une autre grosse banque. Je ne la nommerai pas volontairement, parce que je ne veux pas leur faire de la pub.

Reda : Non on ne te posera pas de questions sur le nom.

Joël : Et donc tout simplement parce que je suis toujours sous contrat avec eux, mais le problème c’est que j’ai envie d’être licencié, ça peut paraître bizarre et de toucher des indemnités, et qu’il me... Entre guillemets qu’il paye bah ce qu’ils m’ont fait subir quoi.

Fin du son

Reda : C’était Joël qui est avec nous en studio aujourd’hui. Ça fait plaisir de le voir en vrai puisqu’à l’époque en 2006 c’était par téléphone, c’était une période pas évidente, Joël est-ce que tu peux nous dire, où en es-tu ? Rappeler qu’est-ce qui t’es arrivé dans le cadre du travail en terme de, voilà, discrimination flagrante et quel est le résultat pour toi aujourd’hui.

Joël : Alors oui, rebonjour à tous, c’est vrai que nous, on se connaît depuis très longtemps, ainsi que le Comité des familles. C’est vrai que, par rapport à tous ce qui s’est passé, sur les dernières années, surtout au niveau de la discrimination au travail en fin de compte. Ce qui s’est passé c’est que lorsque j’ai déclaré ma séropositivité en 1998 bah ma directrice s’est emparée un peu de l’information à mon insu parce que j’étais dans le coma à cette époque-là. Et me la resservit je dirais une année après, lorsque j’ai repris mon travail en fin de compte, tout le personnel de l’agence, je travaillais dans la banque, était au courant et comme j’étais entre guillemets diminué par le VIH donc je n’avais plus les résultats escomptés en fin de compte on m’a poussé vers ce qu’on appelle un placard doré qu’ils appellent eux les archives, c’est-à-dire, travailler en sous-sol, pratiquement toute la journée et donc ils m’ont fait craquer et j’ai mis plus de 8 ans pour avoir gain de cause. Mais ce gain de cause il a fallu, on en parlait tout à l’heure, et ce gain de cause, il a été juste une réparation sur le côté administratif de la faute, de l’établissement, mais du tout de la discrimination. Et ça, c’est aussi un combat que je continue à mener et je continuerai à témoigner pour justement que cette discrimination envers nous les personnes séropositives et même, par rapport à d’autres pathologies lourdes, un moment donné cesse enfin.

Reda : Et donc ton message aux personnes qui se posent la question, faut-il parler de sa séropositivité au travail ? Est-ce que ça dépend vraiment de sa situation ? Comment toi tu vois les choses, pouvoir garder comme ça la maîtrise comme ça de qui le sait et quand.

Joël : Disons, moi c’est pareil, je n’ai pas une, il y a souvent des patrons qui vont dans un premier temps, comprendre la situation de la personne séropositive. Mais ce qu’il faut savoir, je le dis aussi, j’ai souvent dit à des amis, c’est qu’un moment donné, le jour où il y aura un problème, dans la société, que ça soit une banque, que ce soit une entreprise n’importe laquelle, privée ou publique. Un moment donné, c’est annonce de la maladie qu’on aura faite, en fait, on aura fait confiance à un moment donné à une personne, et on vous le resservira chaud, réchauffé et là vous prenez en pleine figure. On vous fera comprendre qu’on est plus du tout opérationnel, et à un moment donné, on vous poussera à la porte. Et j’ai juste un message, et c’est par rapport à quelqu’un que j’avais rencontré il y a quelques années, qui était coiffeur, et qui avait eu l’honnêteté par rapport à ces arrêts maladies d’en parler à son patron. Et son patron avait été très sympa, pas de problème, c’était une grande chaîne de coiffure. Et ce qui s’est passé c’est qu’il a eu quelques jours d’arrêts maladies eh bah ça a été radical au bout d’une semaine il a reçu sa lettre de licenciement pour faute professionnelle, voilà. Et ça, c’est quelque chose qui est complètement aberrant, des choses qui se passent encore, hélas encore maintenant en 2009.

Reda : Et dans ton combat Joël, qui est-ce qui t’a soutenu, pour obtenir gain de cause ? Est-ce que tu as mené ce combat seul ?

Joël : Alors dans les premières années, ça a été un combat je dirais seul avec juriste et contre l’armada des avocats de cet établissement. Et puis ensuite je me suis rapproché des associations qui soient grandes ou petites et je me suis rendu compte qu’à un moment donné, bah il fallait que je me débrouille tout seul, parce que bah soit c’était, il y a eu les syndicats, les choses comme ça, qui ont voulu à un moment donné redorer leurs blasons et en fin de compte à un moment donné ce qui s’est passé c’est que voyant la difficulté, fallait s’attaquer quand même à une grosse machine de la finance et automatiquement on préfère se désister et j’ai eu gains de cause grâce à une avocate de ma protection juridique, et ça aussi c’est un message que je donne aussi à tout le monde, si vous avez une protection juridique, n’hésitez pas à en parler, n’hésitez pas à demander à une avocate ou à un avocat qui puisse défendre votre cas de discrimination. Moi je sais que ça a marché et on s’est battu pendant plus de 9 mois pour avoir justement, je dirais ce gain de cause, c’est-à-dire cette réparation administrative.

Reda : Merci beaucoup Joël d’être venu au studio.

Joël : Merci à vous.

Reda : Je m’excuse du temps écourté, en tout cas tu seras le bienvenu, on gardera le contact et on invite Joël et toutes les autres personnes qui ont participé à l’émission à un moment ou un autre à donner des nouvelles.

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