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Épidémies émergentes | Christine Katlama | Grossesse et VIH | Guillaume Leloup | Jean-Michel Molina

Grippe A/H1N1 : Quels sont les risques pour les femmes enceintes séropositives et les enfants en bas âge et quels moyens de prévention appliquer ?

28 septembre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : Deux publics vulnérables les femmes enceintes en l’occurrence, puisqu’on s’adresse aux personnes séropositives qui peuvent vivre avec le VIH, et les enfants en bas âge. Personnes immunodéprimées, femmes enceintes, et enfants en bas âge, ce sont trois publics qu’on accueil au comité des familles. J’aimerais qu’on écoute Jean-Michel Molina sur la question des femmes enceintes, pour après interroger nos deux experts, Christine Katlama et Guillaume Le Loup.

Début du son.

Jean-Michel Molina : Les femmes enceintes séropositives sont effectivement à risque de grippe, et notamment de formes sévères de grippe, donc ce sont des personnes qu’il faut protéger de façon très vigilante. Ces personnes doivent effectivement prendre toutes les précautions d’hygiène de façon à éviter d’être en contact avec des personnes atteintes de la grippe. Lavage des mains réguliers, se tenir à distance des personnes qui toussent ou qui éternuent, se faire vacciner lorsque le vaccin sera disponible, en particulier à partir du deuxième mois de la grossesse et consulter le médecin traitant en cas de doute, s’il y a eu un contact avec une personne atteinte de grippe, pour décider de l’éventualité d’un vaccin préventif par le tamiflu. D’autre part, si une femme enceinte a les symptômes de la grippe, effectivement chez elle, un traitement par le tamiflu pourra être proposé le plus rapidement possible.

Fin du son.

Reda : Alors là on est vraiment dans l’information, pas du tout dans la polémique, quel est le risque, pour une femme enceinte, avec cette grippe, pour le fœtus ou le bébé. Que sait-on sur ces risques, et qu’est-ce qu’ une femme enceinte, ou une personne qui partage sa vie avec une femme enceinte, doit savoir ?

Christine Katlama : Bah, beaucoup d’infections d’une façon générale sont plus sévères au cours de la grossesse. Pour deux raisons : premièrement, lorsqu’on est enceinte, très brièvement, on est un peu fonctionnellement immuno-déprimé, sinon on aurait pas accepté la greffe de 50% de cellules étrangères à soi, hein. C’est ça la grossesse. Donc on est plus fragile pour, on va dire attraper des choses. D’autre part, les conséquences une fois qu’on a la maladie, je parle en général, l’infection aiguë, on a un fœtus, et on peut avoir des conséquences délétères puisqu’on a un organisme en formation ok ? Donc tout ce qui va être primo-infection est vraiment plus sévère. Là, on va avoir des gens qui ne vont pas avoir d’immunité. Dans ce qui est disponible comme données, eh bien, les femmes enceintes apparaissaient plus à risques, avec des formes sévères. Qui dit formes sévères dit répercussions. Voilà pourquoi, dans une société qui peut se le permettre, et dans une politique de santé publique, elles font parties des gens qui sont prioritaires. Voilà.

Reda : Mais dans les recommandations que l’on a entendu, je vois mal comment un mari, qui partage sa vie avec sa femme qui attend un bébé va pouvoir se tenir à distance.

Christine Katlama : Non on va recommencer. S’il est infecté, il se tient à distance de sa femme. Elle, elle va être vaccinée. Elle, elle est fragile que ce soit son mari, ou la maman, le concierge, ou son frère ou sa soeur. Vous voyez ? Donc l’idée c’est, la grippe c’est pas non plus un état chronique. Tout l’hiver les gens vont être porteur de virus, d’accord ? Heureusement c’est quelque chose qui se remarque quand on est grippé alors on sait pas, souvent on dit que c’est la grippe, on a des symptômes. Ca n’existe pas une grippe asymptomatique d’accord ? Donc la personne telle quelle soit, son mari, on focalise pas sur le mari, tout le monde qui va entrer, qui va tousser, etc. Eh bah surtout s’il y a une femme enceinte et des gens pas vaccinés, des gens fragiles, il se mettra son masque. On évitera de voir la mamie qui justement, on va voir peut-être tous les mois eh bah on évitera le temps où on est très excréteur de virus. Vous voyez c’est pas...

Reda : D’accord et qu’en est-il des enfants en bas âge, quel est le risque ? Là, à partir de quelle tranche d’âge on part ? Et comment faire si on en a justement. On a parlé de fermeture des écoles et tout ça. Mais là on parle vraiment d’une famille qui a un enfant en bas âge que faire ? Comment se préparer et quelle mesure adopter. Guillaume Le Loup ?

Guillaume Le Loup : Je crois qu’il y a des mesures de préventions et de traitements qui existent et qu’il faut appliquer. Donc les mesures de préventions c’est les mesures qu’on a énuméré dans les interviews hein. Qui sont la prévention de la transmission par le lavage des mains réguliers, par éventuellement le port d’un masque, par éviter un contact trop étroit si on se pense ou on se sait soi-même malade. On a des traitements prophylactiques qui peuvent être mis en œuvre en cas de besoin sur certains publics ciblent. S’il y a une fragilité particulière. Et puis on a des traitements curatifs, donc c’est l’ensemble de cet arsenal, qu’on peut mettre en œuvre. Ce que je veux dire c’est qu’on est pas dans une situation d’apocalypse. On est dans une situation avec des moyens préventifs et curatifs pour y répondre. C’est pas parce-qu’on identifie les populations plus fragiles dans la population générale qu’on dit que tel groupe est plus à risques de formes sévères, que c’est l’apocalypse. Regardez autour de vous en France on est pas aujourd’hui dans cette situation là. Il s’agit simplement de mettre en œuvre un des moyens préventif et thérapeutique dont on dispose, voilà.

Transcription : Sandra Jean-Pierre et Henri Boulbich.