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Épidémies émergentes | Christine Katlama | Didier Houssin | Guillaume Leloup | Jean-Michel Molina

Grippe A/H1N1 : L’entourage des personnes séropositives doit se faire vacciner, c’est un des moyens de prévention (avec Guillaume Le Loup et Christine Katlama)

25 septembre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : Alors il y a des recommandations qui ont été émises par le groupe d’expert sous la direction du professeur Patrick Yéni, qui encouragent la vaccination pour les séropositifs, mais une question à laquelle nous n’avons pas clairement trouvé de réponses, celle de l’entourage. Si je vis en couple sérodifférent, je suis séronégatif, ma femme est séropositive, est-ce que c’est à la fois dans mon intérêt, mais aussi le sien, que je me fasse vacciner et pourquoi ne suis-je pas traité comme faisant parti d’une population prioritaire, en tant que proche d’une personne particulièrement vulnérable ? Donc on a receuilli deux avis là dessus. A nouveau, Didier Houssin, Directeur Général de la Santé, et Jean-Michel Molina, vous verrez les deux avis ne s’accordent pas parfaitement.

Début du son.

Sandra : L’entourage des personnes qui ont des bébés de moins de 6 mois doivent se faire vacciner, pourquoi l’entourage des personnes séropositives n’apparaît pas dans les priorités ?

Didier Houssin : Alors l’entourage des bébés de moins de 6 mois, c’est parce que vraiment pour les bébés de moins de 6 mois, il est vraisemblable que l’on ne pourra pas utiliser de vaccins. Alors que pour les personnes ayant un état d’immunodépression, la question de l’utilisation d’un vaccin reste malgré tout possible. Donc, simplement, c’est plutôt les modalités de vaccination, la décision en fonction du degré de l’immunodépression. On est tout simplement dans une situation tout à fait différente par rapport à celle qui concerne les très petits enfants.

Fin du son.

Reda : Alors ça, c’est l’avis de Didier Houssin, directeur général de la santé. Et maintenant, Jean-Michel Molina sur à peu près la même question.

Début du son.

Sandra : Est-ce que l’entourage doit aussi se faire vacciner ?

Jean-Michel Molina : Alors, il est effectivement important que l’entourage des personnes très à risques, les femmes enceintes en font parties, les nouveaux-nés également, font partis des groupes prioritaires, pour la vaccination en particulier. Il faut donc que ces personnes soient également vigilantes pour que, elles ne puissent pas risquer de transmettre le virus à des personnes fragiles, des nouveaux-nés, des femmes enceintes. Et ces personnes doivent, si elles ont des symptômes de la grippe, ou si elles ont des symptômes qui leur font penser qu’elles auront peut-être la grippe, elles doivent mettre un masque, aller consulter rapidement leurs médecins pour savoir quelle est l’attitude à tenir.

Sandra : Et l’entourage des personnes séropositives ?

Jean-Michel Molina : C’est la même chose.

Fin du son.

Reda : Voilà, donc deux réponses pas tout à fait les mêmes. Christine Katlama et Guillaume Leloup, qu’est-ce que vous préconisez, et comment vont faire, parce que là on est au début, le vaccin est disponible, imaginons hein, sans vouloir faire de scénarios catastrophes, que il y a une espèce de rationnement qui doit se faire, que ce sont les personnes prioritaires qui passent avant les autres. Du coup les proches, si je suis séronégatif, mais ma femme séropositive et enceinte, ce serait clairement dans mon intérêt et dans le sien de me faire vacciner le plus vite possible, mais je ne ferai pas parti des publics prioritaires, donc quel est votre point de vue sur ces situations là, et que doit-on faire si on partage sa vie avec une personne séropositive vulnérable ?

Christine Katlama : De mon point vue il y a deux choses, on a vu qu’il y avait un degré de vulnérabilité qui était différent dans la séropositivité. Effectivement tous les séropositifs sont invités à se faire vacciner, d’ailleurs comme beaucoup de la populaiton générale. Un mère de famille qui s’occupe d’enfants, plein plein de gens. Les gens à partir de X, je ne sais pas, à partir de 50 ans, enfin beaucoup, beaucoup. Pour autant je partage le point de vue de notre directeur général de la santé, le professeur Houssin. C’est que c’est pas du tout pareille pour l’enfant et les parents parce-que lui, il ne va pas avoir de vaccination possible, donc faut vraiment pas qu’il soit en contact. On ne va pas comparer la fragilité de quelqu’un de séropositif qui est traité et somme toute avec des CD4 qui sont pas mal et voilà un nouveau né.

Reda : Et qu’en est-il de la situation d’une femme enceinte séropositive...

Christine Katlama : Alors une femme enceinte séropositive... Eh bah elle a... Super bonus quoi avec son enfant. Vous voyez...

Reda : Son partenaire séronégatif n’est pas classé dans les publics prioritaires donc du coup...

Christine Katlama : Alors son partenaire négatif lui il a son bébé qui est négatif...oui il est assez oui. C’est pas parce-que, c’est pas tellement en tant que partenaire de quelqu’un de séropositif, que père d’un nouveau né.

Reda : D’accord, Sandra oui ?

Sandra : Alors il y a Ben qui est d’accord avec ce que vous dites mais « pourquoi la polémique et le débat contradictoire qu’on vient d’entendre ?  »

Christine Katlama : Oh écoutez, il n’y a pas de polémique, il n’y a pas de débats contradictoires, il y a une question posée à la fin. C’est un peu pareille dans l’entourage. Je préfèrerais moi vous dire qu’on explique très clairement aux gens et qu’on dépasse l’instrumentalisation de la grippe, qui fait vendre des journaux, qui fait voilà les ministères etc et où finalement on ferait mieux d’exposer des choses simples que de faire peur. Donc il n’y a pas de polémique et ça il n’y a que des gens qui n’ont rien à faire qui entretiennent tout ça.

Reda : Guillaume Le Loup votre réaction sur ce sujet, donc de la vaccination de l’entourage, le fait que les proches ne sont forcément classés parmi les personnes prioritaires pour la vaccination H1N1 ?

Guillaume Le Loup : Le vaccin pour limiter la transmission et je crois que c’est important de rappeler qu’il y a d’autres moyens dans l’entourage pour limiter la transmission. Ces moyens ils ont été détaillés. La population globalement les connaissent donc le vaccin est un moyen parmi d’autres, premier point. Donc quand on veut et quand on est au contact des gens qui sont à risques il faut pas se dire, si je ne suis pas vacciné, je ne peux rien faire, c’est pas vrai. On peut faire plein de choses.

Reda : Vous anticipez la pénurie ou le...

Guillaume Le Loup : Non non, mais non, je ne rentre pas dans la polémique. Je veux dire simplement que c’est un outil. Il y a en d’autres et il faut tenir compte aussi des autres pour limiter les possibilités de transmission, ça c’est le premier point. Deuxième point moi j’ai pas tellement perçu de contradiction avec les deux propos. D’une part on avait quelqu’un qui raisonnait en terme de santé publique, c’est à dire imaginons une situation de rationnement ou d’arrivée échelonnée de stocks vaccinaux qui doivent conduire à établir un calendrier dont on ne connait pas les échéances exactes, on ne sait quel est l’écart, parce-qu’on dit il y a un groupe de population qui est prioritaire, il y en a un deuxième derrière. Est-ce que c’est à 8 jours d’écarts ? Est-ce que c’est à 15 jours d’écarts ? A quel moment ça survient par rapport à la pandémie ? Tout ça, pour comprendre l’enjeu de ces questions il faut avoir ces éléments et aujourd’hui on ne les a pas. Et puis il y en a un autre qui réagissait en tant que médecin et qui disait évidemment, on dispose d’un outil pour protéger si on peut l’utiliser, il faut l’utiliser. Pas de contradictions fondamentales. Je partage d’ailleurs ce qui disait Christine Katlama sur le sujet évidemment.

Transcription : Sandra Jean-Pierre et Henri Boulbich.