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Épidémies émergentes | Christine Katlama | Didier Houssin | Guillaume Leloup

Vaccin PNEUMO23 : rupture dans les pharmacies mais pas dans les hôpitaux (avec Guillaume Le Loup et Christine Katlama)

24 septembre 2009 (lemegalodon.net)

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Reda : Sandra a interpellé, interrogé, Didier Houssin directeur général de la Santé sur cette vaccination contre les pneumocoques, le vaccin pneumo 23 qui est recommandé pour les personnes séropositives, et il a eu une réponse qui ressemble un petit peu à un paradoxe, oui c’est recommandé mais attention ce vaccin est en rupture de stock, en tout cas en rupture de disponibilité pour les personnes séropositives, on écoute.

Début du son

— Parfois faire une surinfection liée à une bactérie qu’on appelle le pneumocoque. C’est la raison pour laquelle il y a une recommandation de vaccination contre le pneumocoque qui est faite et c’est vrai que, cette année particulièrement dans le contexte de pandémie grippale, il y a eu une recommandation en juin faites pour que les personnes chez lesquels déjà est recommandée la vaccination contre le pneumocoque notamment les enfants, eh bien que cette vaccination soit faite. Et c’est la raison pour laquelle il y a eu effectivement au cours des semaines passées une réponse positive de la part des personnes chez lesquelles était faite cette recommandation. Et il est qu’actuellement il y a notamment dans certaines, il y a eu des tensions je dirais sur l’approvisionnement dans ces vaccins qu’on est en train d’essayer de résoudre. Ça ne semble pas être un problème de production mais plutôt un problème je dirais de bonne fluidité de la chaîne d’approvisionnement mais c’est un sujet auquel on essaye de trouver une solution. En fait, quand on fait l’enquête auprès de différentes pharmacies, c’est un petit peu inégal. Il y en a où il n’y a pas de rupture du tout et il y en a où il y en a donc on est en train de voir déjà quels sont les mécanismes qui ont conduit à ces difficultés d’approvisionnement, je ne peux pas vous donner une date précise.

Fin du son.

Images : Henri Boulbich. Interview : Sandra Jean-Pierre.

Reda : Alors cette situation laisse les séropositifs et d’autre public vulnérable dans une situation un peu paradoxale où même ceux qui veulent ne peuvent pas se faire vacciner. Christine Katlama et Guillaume Le Loup dans vos deux hôpitaux, à la Salpêtrière et à Tenon, est-ce qu’il y a vraiment pénurie de ce vaccin pneumo 23 et comment est-ce que vous gérez ça ? Est-ce qu’il y a des patients à qui vous voulez et à qui vous préconisez, vous recommandez qui se vaccine, et qui ne peuvent pas du fait d’une rupture ?

Guillaume Le Loup : Non, alors nous à l’hôpital Tenon on le recommande à tout le monde, à tous les patients séropositifs depuis un certain nombre de mois déjà. On a commencé à les vacciner et je voudrais revenir à ce qui est essentiel, on a observé chez nos patients aucun effet indésirable qui était rapporté. Et je crois que c’est là l’essentiel parce qu’il y a une sorte de malaise, d’interrogation, que des gens nous expriment sur, est-ce que finalement c’est dangereux ou pas de se faire vacciner ? On sait que ces vaccins contre la grippe et le pneumocoque sont des vaccins qui ont été utilisés très largement y compris dans des populations immunodéprimées, pas seulement séropositifs pour le VIH et que ce sont des vaccins parfaitement innocuités de ce point de vue-là. Je crois que le message principal c’est celui-là. On dispose aujourd’hui des vaccins en tout cas pour l’expérience que j’en ai pour vacciner les patients. C’est un outil efficace et tout à fait bien toléré, bien supporté pour les protéger contre des conséquences qui peuvent être essentiellement très graves.

Hadja : Moi au fait j’ai une ordonnance de mon médecin de l’hôpital Tenon que je traîne depuis deux semaines et je n’arrive pas à avoir le vaccin.

Guillaume Le Loup : Eh bien faut venir vous faire vacciner à notre service parce qu’on vaccine tous les jours dans le service. Alors peut-être là c’est un cas, vous avez eu une ordonnance pour le faire en externe dans le cadre d’une consultation. Mais il faut revenir et on vous vaccinera sans difficulté.

Reda : Donc c’est bien dans votre hôpital dont il s’agit ?

Guillaume Le Loup : Oui absolument.

Christine Katlama : Justement je pense que par rapport aux patients que l’on a, voilà, à Tenon, à la Pitié, on va proposer, ce n’est pas la peine de venir H1N1 on ne l’a pas encore mais de proposer justement comme service, à ces populations-là, de se faire vacciner, là où ils ont l’habitude de venir, en consultations, les prélèvements, etc. Ils peuvent aller aussi à l’extérieur.

Reda : Mais pourquoi est-ce qu’à Tenon on aurait dit à Hadja d’aller le faire à l’extérieur ?

Christine Katlama : Non, ce n’est pas ça, elle a eu une ordonnance. Son médecin lui a dit vous voyez je recommande la vaccination, il lui a donné une ordonnance. La prescription elle est médicalisée, c’est normal, il a pris la précaution de vérifier qu’il n’y avait pas d’intolérance autre au vaccin. Et après elle va chercher le vaccin de la pharmacie auprès de son médecin traitant etc et elle n’a pas de vaccin, vous n’avez pas trouvé, je ne sais pas combien vous avez fait de pharmacie ?

Hadja : J’ai fait au moins 6 pharmacies.

Reda : Donc il y a bien un problème quelque part, est-ce qu’on peut dire ça quand même ?

Christine Katlama : Oui...

Reda : Donc là, la solution serait d’insister pour être vacciné à l’hôpital puisqu’il semblerait que les hôpitaux n’ont pas ce problème ?

Christine Katlama : Non bon monsieur Houssin à l’air dire voilà il y a une rupture. Vous savez cette année je pense que, on va pouvoir le chiffrer mais autant la vaccination avait ses adeptes, là cette année quoi qu’il en soit beaucoup de gens vont se faire vacciner, tout d’un coup il y un appel. Les stocks des vaccins ce n’est pas quelque chose qu’on peut garder des années et des années. Je comprends que les stocks, ils avaient peut-être pas prévu. Je n’ose imaginer que les cellules spécialisées à Matignon, partout, à la santé vont bien acheminer du vaccin, du pneumo 23 et de la grippe saisonnière.

Transcription : Sandra Jean-Pierre

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