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Carla Bruni | Faire un bébé quand on est séropositif | Femmes séropositives | Fonds mondial contre le sida | Grégoire Verdeaux

Texte intégral de la déclaration de Carla Bruni-Sarkozy : « Protéger les mères et les enfants contre le Sida : un appel à l’action »

24 septembre 2009 (theglobalfund.org)

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(Nations Unies, New York, mercredi 23 septembre, 16 h 00)

C’est un honneur pour moi d’être invitée à m’exprimer ici, aux Nations Unies, devant vous. Il y a quelques mois, j’ai voulu apporter mon aide à celles et ceux qui, quotidiennement, combattent le virus du Sida. Cette aide est bien modeste. Je ne suis ni médecin, ni chercheur, ni une femme politique. J’essaie simplement de prêter ma voix à ceux qui ne sont pas toujours entendus.

En leur nom, je voudrais d’abord remercier les représentants des gouvernements. Les efforts de tous les pays, du Nord comme du Sud, ont permis de donner l’espoir à des millions de personnes. Aujourd’hui, plus de 4 millions de personnes reçoivent un traitement contre le Sida dans les pays en développement, quand presqu’aucune d’entre elles n’était soignée il y a 5 ans. Vous avez donné les moyens d’agir au Fonds Mondial, à l’UNICEF, à l’ONUSIDA, aux ONGs et d’autres, et voyez le résultat ! J’ai pu constater le résultat, au Burkina Faso. J’ai rencontré des mères et leurs enfants séropositifs ; j’ai rencontré de futures mères, qui attendent le résultat du test ; j’ai rencontré des infirmières et des médecins. Tous gardent espoir, car les médicaments sont là, à présent, et des mères malades peuvent donner naissance à des bébés en pleine santé.

Mais ce n’est pas le cas partout. L’universelle menace de mourir ne pèse pas du même poids partout dans le monde. Et, dans de très nombreux endroits, le visage du Sida est celui d’une mère qui a peur. Peur pour elle. Peur pour son enfant. Peur d’être chassée de sa famille, de sa communauté. Peur de ne pouvoir être soignée, et de contaminer son enfant.

Je ne suis que l’ambassadrice de ces femmes qui ont peur. Dans le monde, à peine un tiers des futures mamans séropositives ont accès au traitement qui éviterait de transmettre le virus à leur enfant. Dans les pays en développement, à peine 20 % des futures mères sont testées avant la naissance. N’est-ce pas une immense injustice, alors que les traitements existent, et qu’aucun bébé ne devrait naître infecté ? N’est-ce pas une très grande erreur, alors que des mères soignées contre le Sida peuvent mieux se soigner tout court, et être le pilier solide de toute une communauté, de toute une économie ?

Vous êtes les leaders du monde, et je ne peux me permettre de vous donner aucune leçon. Mais je peux vous donner un conseil : écoutez l’appel que nous lançons aujourd’hui avec le Fonds Mondial, l’UNICEF et l’ONUSIDA. Il est possible de doubler, d’ici 18 mois, le nombre de femmes enceintes séropositives qui ont accès au traitement. En 2015, toute transmission du virus de la mère à l’enfant pourrait être éliminée. Ce n’est pas un rêve, mais un espoir que vous seuls avez les moyens de rendre réalité.

Merci à vous tous de m’avoir écouté. Merci en particulier à toutes les premières dames présentes ici, et qui je le sais sont elles aussi engagées dans ce combat.

Il y a, à côté de moi, quelqu’un qui peut parler de tout cela mieux que moi. Je passe la parole à Christina Rodriguez, de Brooklyn, New York.

Carla Bruni-Sarkozy