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Alain Bonnineau | Bruno Spire | Financement de la lutte contre le sida | Journée mondiale contre le sida (JMS) | Roselyne Bachelot

Le silence est d’or : Dans leurs nouveaux locaux de la Seine Saint-Denis, des militants de AIDES amers et un président peu bavard

19 juin 2009 (lemegalodon.net)

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En Seine Saint-Denis, que ce soit à la Direction départementale de l’action sanitaire et sociale (DASS) comme pour des salariés ou militants de AIDES 93, on déplore l’amputation du budget de la Journée mondiale contre le sida. Pourtant, Bruno Spire, président de AIDES, a refusé de répondre à nos questions, alors qu’il inaugurait les nouveaux locaux de l’association à Saint-Denis, estimant qu’il ne faut « pas polémiquer inutilement ».

Pourtant, comme le résume un militant de l’association, « le 1er décembre c’est peut-être symbolique mais les symboles c’est important, et avec un pouvoir qui aujourd’jui joue beaucoup sur les symboles, je pense qu’il faut prendre le symbole qu’ils nous envoient en baissant le budget de moitié, qu’il faut le prendre au sérieux ».

Un salarié de la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales (DASS) du département constate que « [leur] enveloppe a aussi été pas mal réduite » et avoue trouver « dommage » la baisse du budget de la Journée contre le sida, la Seine Saint Denis étant le département le plus touché par l’épidémie. Tout en s’inquiétant d’une éventuelle sanction pour sa liberté de parole... « On a été surpris, surtout étant donné qu’en Seine Saint Denis il y a beaucoup de problèmes ». Pour cet acteur de la mise en oeuvre des politiques publiques, les actions menées en Seine Saint Denis lors du 1er décembre pour la JMS, « stands d’information » et « expositions qui s’orientent un peu vers tout public » — et pour 2008 « des actions plus spécifiques pour les foyers de travailleurs migrants » — pourraient ainsi être « plus marquantes et plus importantes » s’il y avait plus de moyens. 

Alain Bonnineau, président de AIDES 93, déclare son « amertume » à l’évocation de cette question budgétaire et y voit « un désengagement, ni plus, ni moins », tout en soulignant que le budget avait été « progressivement réduit » les années passées, « c’est un mouvement d’ensemble, il n’y a pas en soi une vraie surprise, c’est une fausse surprise ». « Plus que l’amputation de la Journée Mondiale du Sida, c’est beaucoup plus globalement un problème de fond sur le fait qu’on commence à réduire les fonds en direction du sida pour la prévention » dit-il, même s’il souligne que la lutte n’est pas un jour mais « toute l’année ». 

Renaud Delacroix, bénévole à AIDES depuis 11 ans, est intervenant sur le terrain dans une équipe mobile au moyen d’un petit bus d’accueil qui parcourt le 93 « pour aller à la rencontre des usagers de drogue (...) pour mettre à leur disposition du matériel propre et stérile, apporter du soutien, de l’information, de l’orientation. » Il déclare d’emblée : « Je remarque qu’il y a plus de facilité à baisser le budget de lutte contre le sida plutôt qu’à baisser les aides aux banquiers qui nous amènent dans le mur ».

Bruno Spire, président national de AIDES, quant à lui, ne veut "pas polémiquer inutilement" et refuse alors de faire une déclaration avant un complément d’information officiel concernant la disparition des 100 000€ du budget JMS. « Les associations devraient plutôt se concerter pour aller dans une même direction, avoir une réaction commune » insiste-t-il. Alors, y a-t-il une explication au silence de Bruno Spire ? Réponse dimanche 21 juin, lorsque Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, se rendra aux Assises nationales de AIDES...

Marie Haddad