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Daniel Canepa | Financement de la lutte contre le sida | Journée mondiale contre le sida (JMS) | Roselyne Bachelot

Journée mondiale contre le sida : Roselyne Bachelot n’y est pour rien !

19 juin 2009 (lemegalodon.net)

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Interpellée par les journalistes de survivreausida.net sur l’amputation du budget alloué en Ile-de-France à la Journée mondiale de lutte contre le sida 2009, Roselyne Bachelot, la Ministre de la santé, déclare : « Ce sont des crédits déconcentrés qui sont alloués, selon évidemment des politiques régionalisées, déconcentrées » votés par le Conseil d’administration du GRSP présidé par Daniel Canepa, préfet d’Ile-de-France.

Vidéo : Amputation de la Journée mondiale contre le sida : Roselyne Bachelot s’en lave les mains ?

La méthode est habile et permet à la ministre de contourner la question posée et de mettre en valeur les engagements du ministère dans la lutte contre l’épidémie. « La seule chose que je peux dire c’est que les crédits destinés à la lutte contre le sida n’ont pas diminué, bien au contraire. Vous savez que c’est un de mes objectifs prioritaires en terme de santé publique ».

Malgré une réponse de quatre minutes en pleine conférence de presse sur la santé des femmes, on ne saura pas si Madame Bachelot approuve ou désapprouve l’amputation du budget de la Journée mondiale contre le sida. Le temps consacré à cette question est surprenant, au point où l’ordre du jour de la conférence (la santé des femmes) est oublié, et, comble de l’ironie, sans rien nous apprendre sur la baisse du budget qui faisait l’objet de la question posée.

Si elle n’a pas répondu à la question, alors de quoi a-t-elle parlé ? Elle s’est félicitée de son engagement personnel dans la lutte contre le sida, en faisant l’inventaire de ses bonnes actions, depuis le préservatif à 20 centimes en passant par son voyage à Dakar, sans oublier sa décision « très importante, très attendue », de sortir le transsexualisme des maladies mentales sans pour autant qu’il y ait « une moindre prise en charge des frais sanitaires ».

Un responsable de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) intervient alors pour rappeler que l’Institut dépense 23 millions d’euros pour les actions contre le sida.

Enfin, la Ministre ne manque pas de rappeler sa participation annoncée au assises de AIDES, même si elle n’est pas sûre de la date : « Je me rend au congrès national de AIDES dans une semaine... Ah, non c’est dimanche ? Le temps passe vite ! Donc, dans 48 heures, pour montrer mon attachement à cette action associative... ». On comprend mieux pourquoi, une semaine plus tôt, Bruno Spire, le président national de AIDES avait refusé de répondre aux questions de survivreausida.net, déclarant qu’il ne souhaitait « pas polémiquer inutilement (...) les associations devraient plutôt se concerter pour aller dans une même direction, avoir une réaction commune ». Est-il trop facile d’en déduire que Bruno Spire a souhaité réduire les risques d’un clash autour d’un budget marginal pour sa structure mais qui permet à des petites associations de s’engager sur le terrain le 1er décembre ?

Du côté de l’Union des associations de lutte contre le sida (Unals), qui regroupe une trentaine d’associations petites et grandes, la nouvelle de l’amputation du budget a fait son chemin. Vincent Doubrère, son chargé de communication, qualifie la baisse de « regrettable », et nous confirme l’envoi à chaque association d’un questionnaire sur la baisse des financements des Groupements régionaux de santé publique, après avoir recensé plusieurs cas isolés.

Arthur Attal et Marjorie Bidault