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Daniel Canepa | Financement de la lutte contre le sida | Jean-Paul Huchon | Journée mondiale contre le sida (JMS)

Daniel Canepa, Préfet d’Ile-de-France, vante son engagement dans la prévention et la prise en charge du Sida, alors qu’il vient de couper en deux le budget de la Journée mondiale contre le sida

12 juin 2009 (lemegalodon.net)

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Le 5 juin, le site lemegalodon.net rendait publique l’amputation de moitié du budget pour la Journée mondiale contre le sida.

Rapidement, plusieurs interlocuteurs de gauche du Conseil régional Ile-de-France interrogés par survivreausida.net, avaient attesté de l’engagement financier du Conseil dans le soutien à la lutte contre le sida, se déclarant « amis de la lutte contre le sida ». Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional, avait pointé la responsabilité de l’État, accusé de se désengager : « Dans ce domaine (...) si nous ne sommes pas là, il ne se passe pas grand-chose. C’est la question de la diminution du budget de l’Etat en général. Ils [L’État] ont décidé de réduire les moyens des associations, et nous, petit à petit, on est obligé de reprendre le relais. »

La réponse de Daniel Canepa, Préfet d’Ile-de-France et président du Conseil d’administration du Groupement régional de santé publique (GRSP) qui a voté la réduction du budget pour la Journée mondiale contre le sida, a pris la forme d’un communiqué de presse publié deux jours après les déclarations de Huchon. « En 2009, le GRSP (...) consacre 8,7 millions d’euros, soit près de 30% de son budget, comme l’année précédente, aux actions menées principalement par les associations de lutte contre le sida ».

Cette présentation élude la question d’une baisse généralisée des crédits d’État au GRSP. Pour Carole Cretin, directrice adjointe de la DRASSIF qui est citée comme contact pour le communiqué préfectoral, le budget du GRSP n’a pas diminué mais a été « réorienté ». Sans pour autant préciser comment ou à quelles fins, alors qu’elle se veut rassurante : « La prévention sida est une priorité publique ».

Pour Sylvie Gonnet, conseillère technique auprès du Recteur de l’Académie de Paris, membre du Conseil d’administration du GRSP, il s’agirait d’« une réduction globale du budget du GRSP », qui ne serait pas « dirigée contre le thème VIH/Sida. Ce thème est toujours une action prioritaire ». Quoi qu’il en soit, le Préfet annonce le renforcement et l’amplification de la « portée des actions de prévention », notamment en direction des jeunes, et cite en exemple, comme le fait le Conseil régional, son soutien au Centre régional d’information et de prévention du le sida (CRIPS).

Bref, le Préfet réaffirme « son engagement dans la prévention et la prise en charge du Sida » en insistant sur le fait que sont financées les « actions et les associations » « tout au long de l’année », seule référence implicite aux interrogations concernant la baisse du financement de la Journée mondiale contre le sida.

Pourtant, le Préfet se doit de clarifier comment et pourquoi il a fait voter l’amputation de ce budget, alors même que plusieurs membres du Conseil d’administration du GRSP déclarent ne pas avoir participé au vote ou avoir voté par procuration — apparament du fait de dysfonctionnements administratifs, selon une membre ayant voté par procuration — sans avoir pris connaissance du contenu du vote. En privé, certains interlocuteurs au GRSP reconnaissent que le Groupement demeure « une entité un peu floue, au mécanisme complexe », et que la baisse de crédit pour la Journée mondiale de lutte contre le sida est bien une « erreur »...


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