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Antoine de Caunes | Financement de la lutte contre le sida | Jean-Paul Huchon | Journée mondiale contre le sida (JMS) | Les stars et le sida

Antoine de Caunes sur l’amputation de la Journée mondiale contre le sida : « Toucher ceux qui sont déjà les plus touchés, c’est une connerie noire ! »

8 juin 2009 (lemegalodon.net)

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Qui a décidé d’amputer de moitié le budget de la Journée mondiale contre le sida prévue le 1er décembre 2009 ? La Région et l’État se renvoient la balle. Pourtant, Roland Garros est terminé. Survivreausida.net était à la conférence de presse de promotion de Solidays, financé notamment par le Conseil régional Ile-de-France, pour interpeller Jean-Paul Huchon, président de la Région, et les personnalités présentes.

survivreausida.net : J’aurais une question pour Jean-Paul Huchon. Il y a quelques jours, on vient d’apprendre que le budget pour la Journée mondiale du sida (JMS), alloué par le Groupement régional de santé publique (GRSP) Ile-de-France, qui était de 200 000 euros, sera cette année de 100 000 euros pour le 1er décembre 2009.

Jean-Paul Huchon : On peux répondre rapidement à votre question. Nous, nous n’avons pas bougé notre budget, et même on l’a conforté. Vous avez des crédits de l’état et des crédits de la région. Côté Etat, ils ont baissé de moitié mais nous, on a continué. Voilà c’est comme ça dans beaucoup de domaine, avec beaucoup d’associations.

survivreausida.net : Mais où sont passés les 100 000 euros de différence ?

Jean-Paul Huchon : On regarde avec Solidays. Solidays nous solicite et cette année on a répondu à la demande de Solidays. C’est une question politique, c’est une question budgétaire, c’est une question du budget de l’Etat. C’est la question de la diminution du budget de l’Etat en général. Nous, nous avons cette année, à notre budget 2009, et on va recommencer j’imagine en 2010, nous avons décidé de ne pas lutter contre la crise en diminuant les moyens mais au contraire en les augmentant. On a tellement augmenter les moyens d’ailleurs qu’on va avoir droit de la part de l’Etat à des remboursement de TVA sur les investissements parce qu’on a beaucoup plus investit que les années précédentes. Donc on a fait notre boulot, mais ça n’a pas été fait parallèlement par tous nos partenaires.  

Antoine de Caunes : « Toucher ceux qui sont déjà les plus touchés, c’est une connerie noire ! »

survivreausida.net : Au vue de votre engagement pour lutter contre le Sida, que pensez vous du budget de la Journée mondiale du sida coupé en deux ?

Antoine de Caunes : Je suis d’accord avec Huchon, je pense que c’est les derniers budgets qu’il faut toucher ceux-là parce qu’on parle de budget qui viennent en secours a des gens qui sont dans une détresse totale. Il peut y avoir une détresse générale due à la dépression de l’économie, mais si vous allez toucher ceux qui sont déjà les plus touchés, il y a pour moi une contradiction formelle dans les termes là. Au contraire c’est dans ces moments-là qu’il faut renforcer ces aides-là. Mais je ne suis pas l’Etat malheureusement, je ne suis qu’un modeste contribuable ! Voilà je trouve que c’est une connerie noire.

Jean-Paul Huchon : L’État réduit les moyens des associations, « ce n’est pas convenable »

survivreausida.net : Je me permet de revenir sur le sujet de la réduction des fonds pour la JMS. J’ai contacté la DRASS qui m’a dit de voir ça avec le conseil régionale d’île de France.

Jean-Paul Huchon : Non mais c’est pas sérieux ce qu’ils vous disent, nous nous ne sommes pas en charge de ça. Nous on intervient sur Solidays, sur le CRIPS etc.. Mais la DRAPSS n’a aucun droit de vous dire qu’on doit financer, puisque ces crédits sont des crédits d’Etat ! Ils ne nous ont jamais rien demandé d’ailleurs ! Eux ils ont baissé leur budget comme énormément d’associations d’ailleurs. S’ils renvoient le ballon sur nous, c’est de la malhonnêteté intellectuelle pure et simple ! Nous, on n’est pas associé à financement là !

survivreausida.net : : Donc il n’y a aucune baisse de la région ?

Jean-Paul Huchon : Mais non parce qu’il n’y avait pas d’argent. Par rapport à zéro, vous ne pouvez pas baisser !

survivreausida.net : : Donc en fait la région n’a jamais financé la Journée Mondiale de lutte contre le sida ?

Jean-Paul Huchon : Mais non ! Nous, on finance des opérations comme Solidays, on finance de manière permanente, toute l’année, le Centre Régional d’Information et de Prévention, lequel est lui-même à la Tour Montparnasse et voit passer plusieurs centaines de milliers de jeunes. Et puis on va avec le bus de la région qu’on a acheté se promener dans tous les lycées pour faire des actions de prévention du sida. Donc on finance 80 associations qui s’en occupent.

survivreausida.net : : Quel regard portez-vous sur le fait que l’état décide, de manière assez sommaire, de couper en deux le budget pour la journée, en principe symbole, phare ?

Jean-Paul Huchon : Ca fait partie de leur politique générale. Ils ont décidé de réduire les moyens des associations, et nous, petit à petit, on est obligé de reprendre le relais, voilà ce qu’il se passe. C’est la raison pour laquelle on finance les emplois à temps plein dans les associations, on essaye de donner des moyens ! J’étais samedi matin au congrès des Maisons des jeunes. Les maisons des jeunes ont également eu une terrible baisse de leurs subventions, et c’est la région qui, pour partie, fait la soudure !

survivreausida.net : : Est-il acceptable pour vous que lors du 1er décembre 2009 on diminue les crédits et que, de fait, on ne puisse tabler que sur la moitié de la visibilité ?

Jean-Paul Huchon : Oui ce n’est pas convenable. Si on était dans une période où il y avait vraiment une diminution de la maladie, une prévention très réussie, etc… Mais ça n’est pas le cas ! On voit bien qu’il y a toujours énormément de progrès à faire. On est face à une maladie qui pour le moins stagne, et dans certains secteurs se développent, notamment par rapport aux hétérosexuels et aux femmes, en particuliers aux femmes des pays africains.

survivreausida.net : : En temps de crise, comment faire pour maintenir votre engagement, comme vous l’avez fait pour Solidays, au niveau de la région ? Comment faire alors qu’on est en période de crise et que forcément, il va avoir une réduction des crédits ?

Jean-Paul Huchon : Non pas pour nous. Nous, nous avons décidé de maintenir les moyens. Solidays c’est 800 000 euros, on n’a pas de raison de baisser ! On a commencé à 400 000, vous voyez un petit peu la différence !

survivreausida.net : : Mais est ce que le conseil régional pourrait compenser pour que la journée mondiale contre le sida ait lieu comme chaque année ?

Jean-Paul Huchon : D’une manière ou d’une autre, on va poser le problème. On a un colloque qui est organisé à l’automne avec Jean-Luc Roméro sur ce sujet. Jean-Luc est un élu qui était avant à l’UMP, et qui est revenu plutôt chez les radicaux de gauche, mais on s’est toujours très bien entendu avec lui et l’on est unanime.

Reda Sadki, président du Comité des familles : (...) Après ce que je viens d’entendre sur la baisse des crédits alloués à la journée mondiale de lutte contre le sida, et ça sera ma question pour Jean-paul Huchon : on a sans préavis, sans discussions, sans débat, supprimé la moitié des crédits pour la journée symbole depuis 21 ans pour lutter contre le sida. On est passé de 200 000 à 100 000 euros sans même la moindre explication. Si ça vient de l’état, certes. Nous on a interrogé le ministère, ils nous on dit « c’est pas nous, c’est la région ». Mon souci, c’est évidemment : est-ce que des projets comme celui qui est mené par ces mamans séropositives, qui affrontent la précarité, la maladie, et qui malgré tout ça, trouve le temps de s’engager dans une action de santé publique et de prévention, est ce que ces mamans vont pouvoir continuer à faire leur travail ?

Jean-Paul Huchon : Je vous le dis, et je vous prie quand même de nous croire, nous n’avons jamais été dans la subvention en ce qui concerne la JMS. C’est une opération qui est à la fois mondiale et franco-française. Nous sommes sur les champs de la prévention, de l’appui aux associations, et de l’aide aux familles et aux malades en difficulté. Vous avez cité votre association et vous avez souligné que nous l’aidions. (...) Donc nous allons continuer, il n’y a jamais eu de ralentissement là-dessus. Et au contraire ce n’est pas sur ce secteur que nous allons rencontrer des difficultés budgétaires. Nous rencontrons des difficultés globales sur le financement des transports. On est à des sommes de plusieurs milliards, mais c’est l’état qui a baissé ses subventions à travers la Direction régionale de l’action sanitaire et sociale (DRASS). La région, elle, n’a rien baissé. Antonio Ugidos, qui dirige le CRIPS, sait bien qu’on n’a pas diminué les moyens du CRIPS et nous n’avons pas l’intention de le faire. C’est un pari risqué que l’on prend parce qu’un jour ou l’autre, les collectivités locales, comme l’Etat aujourd’hui, vont être rattrapées par les problèmes financiers. Mais nous maintenons le travail, surtout dans ce domaine où vraiment, si nous ne sommes pas là, il ne se passe pas grand-chose.

Marjorie Bidault, Siham Chater, et Hélène Ducatez

Photos


Antoine de Caunes, président d'honneur de Solidays, et Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional Ile-de-France

Antoine de Caunes, président d’honneur de Solidays, et Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional Ile-de-France