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Antonio Ugidos | Bernard Bassama | Camille Cabral | Financement de la lutte contre le sida | Guy Sebbah | Journée mondiale contre le sida (JMS)

Premières réactions à l’amputation du budget de la Journée mondiale contre le sida 2009

5 juin 2009 (lemegalodon.net)

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La lettre de cadrage du GRSP (Groupement Régional de Santé Publique) pour l’Appel à projets pour la Journée Mondiale de lutte contre le Sida a été rendue publique le 25 mai 2009. La somme attribuée est de 100 000 euros, soit moitié moins que l’année précédente. Premières réactions de quelques acteurs de la lutte contre le sida en général et des associations bénéficiaires, jusqu’ici, de ces crédits en particulier.

La Journée mondiale contre le sida 2009 amputée sans préavis de la moitié de son budget en Ile-de-France

Le GRSP, financé par l’Etat et la Caisse d’assurance maladie, dispose de fonds publics pour mener à bien des projets en rapport avec la santé publique. Plus de 1 400 projets d’associations ont été enregistrés sur le site subventionenligne.fr en 2009. Cette année, en raison d’une « restructuration interne », l’Appel à projets spécifique à la Journée mondiale contre le sida est paru en mai, au lieu de sa publication habituelle quelques semaines avant l’événement dont la date est fixée au 1er décembre. Cela n’est peut-être pas sans rapport avec le fait que la lettre du GRSP du 25 mai 2009 qui annonce l’amputation de ce budget semble être passée inaperçue...

Bernard Bassama, responsable du « Comité des migrants » de l’association Chrétiens et sida, semble atterré. C’est « vraiment terrible », car « les nouvelles contaminations augmentent, ils diminuent le budget ». De plus, un si faible montant pour marquer cet événement serait un « frein à la lutte contre le sida », « inacceptable » au vu des « efforts à faire dans la prévention ». D’après lui, la prévention en pâtira sensiblement, alors qu’« il vaut mieux prévenir que guérir » conclut-il.

Le « ministère a relégué la prévention au dernier rang », résume Guy Sebbah, un responsable du conglomérat d’associations SOS Habitat et Soins, devenue notamment propriétaire de l’association Arcat Santé, qui avait bénéficié en 2006 de 14 500€ pour mener des actions pendant la Journée mondiale. Il n’est pourtant guère surpris par la nouvelle, mais « déçu ».

Pour la Journée Mondiale, ARCAT et SOS Habitats et soins se mobilisent avec d’autres associations à coup de manifestations et de banderoles. C’est « l’un des rares jours dans l’année où l’on sensibilise la population » aux actions associatives de lutte contre le VIH.

Si son association regrette que « le financement [soit] revu à la baisse, voire à l’annulation », il s’alarme surtout face à la création des Agences régionales de santé prévues en 2010, qui nécessiteront la dissolution du GRSP et donc une profonde restructuration du dispositif et des mécanismes de financement régionaux pour l’action de santé publique. Pour lui, la question est désormais de savoir ce que fera le ministère de la santé en 2010.

Camille Cabral, responsable de l’association PASTT, n’avait pas connaissance de la baisse du budget pour la Journée mondiale contre le sida, et s’étonne de ce qu’elle considère être « un manque de transparence ». Pour autant, elle ne semble pas non plus surprise par cette évolution budgétaire. En effet, au cours des dernières années, elle affirme que les subventions pour la Journée mondiale contre le sida attribuées à son association n’ont cessées de diminuer : en 2005, elle se souvient d’un montant d’environ 4000€, en 2006 l’association avait reçu 2500€, et l’année dernière le chiffre serait tombé à environ 1800€, en dépit des nombreuses actions et évènements qu’elle revendique.

Antonio Ugidos, directeur du CRIPS (Centre Régional pour l’Information et la Prévention du Sida), destinataire d’importantes subventions du Conseil régional Ile-de-France et du GRSP, émet l’hypothèse que cette diminution notoire du budget de la Journée mondiale 2009 serait peut-être justifiée si l’argent amputé est destiné à d’autres actions de lutte contre le sida. Il « ne peut [donc] pas se prononcer » sans savoir où est passé l’argent manquant cette année...

Aucun de ces acteurs n’avait connaissance de la diminution du budget de cette Journée, dont le GRSP déclare que l’esprit « est avant tout de rappeler, un jour donné, de manière forte et symbolique que le VIH/sida reste une maladie grave dont le pronostic reste sombre, qui concerne un nombre de personnes sans cesse en augmentation et que celles qui sont atteintes ont besoin de considération et d’une prise en charge adaptée »... Ces bonnes intentions sont-elles encore crédibles et sera-t-il possible de les rendre audibles ?

Marie Haddad

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