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Anne Lemoine-Pape | Christine Barbier | Financement de la lutte contre le sida | Francine Bavay | Journée mondiale contre le sida (JMS)

La Journée mondiale contre le sida 2009 amputée sans préavis de la moitié de son budget en Ile-de-France

5 juin 2009 (lemegalodon.net)

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Le 25 mai 2009, l’enveloppe régionale consacrée aux actions de la Journée Mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre, a été rendu publique. Elle s’élève à 100 000 euros. Cette somme correspond à la moitié du budget par rapport à l’année 2008. Pourquoi le Groupement régional de santé publique (GRSP), financé par l’Etat, les collectivités territoriales et la Caisse d’assurance maladie, a t-il réduit de 50% le budget alloué à cet événement à haute valeur symbolique, censée fédérer et rappeler la volonté politique d’en finir avec la pandémie.

Premières réactions à l’amputation du budget de la Journée mondiale contre le sida 2009

Chaque année, le GRSP dispose d’une enveloppe de fonds publics pour mener à bien divers objectifs de santé publique. Ce ne sont pas moins de 30 objectifs regroupant pathologies ou thèmes tels que cancer, pré-natalité, vieillissement, ou maladies chroniques. La lutte contre le sida est inscrite dans les objectifs 21 et 22 du Programme régional de santé publique, le PRSP.

Pour l’année 2009, le budget global du GRSP Ile de France est de 31 millions d’euros, dont 8,7 millions (28%) consacrés à la lutte contre le sida. Pour la Journée Mondiale de lutte contre le sida (JMS), célébrée chaque 1er décembre depuis 1987, les différents acteurs engagées (associations, services hospitaliers, collectivités territoriales et autres acteurs de la lutte contre le sida) répondent à un appel à projets du GRSP, qui dispose d’une enveloppe dédiée à cet événement, dont le montant est voté par son Conseil d’administration.

Selon la lettre d’appel à projets pour le 1er décembre 2009, on remarque, que le nombre de projets retenus ne cesse d’augmenter 64 en 2006, 89 en 2007, et 121 en 2008. Pourtant le budget en l’Ile de France pour la Journée ne cesse de diminuer depuis 2007. Il était de 250 000 euros en 2007, 200 000 euros en 2008, avant d’être amputé de 100 000 euros pour le 1er décembre 2009.

Alors qu’il s’agit d’une baisse de 50% décidée par le Conseil d’administration, Anne Lemoine-Pape, secrétaire générale du GRSP, évoque une « nécessité de rééquilibrage » sans préciser les motifs qui l’aurait rendu nécessaire.

Francine Bavay, à la fois membre du conseil d’administration du GRSP et vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France rappelle que « la région est impliquée dans le fonctionnement du GRSP qu’à 1/32e [il y a 32 membres au CA du GRSP — ndlr] et qu’elle finance la lutte contre le sida à hauteur de 4 millions d’euros par l’intermédiaire du CRIPS Ile-de-France (Centre régional d’information et de prévention du sida) ».

À la Direction générale de la Santé, le Dr Bernard Faliu, Chef de bureau infections par le VIH, IST et hépatites, rappelle que « la DGS finance le fonctionnement de nombreuses associations nationales très actives lors du 1er décembre, mais n’a pas de ligne de crédit spécifique pour l’organisation d’actions au cours de la journée du 1er décembre ».

Si le GRSP Ile-de-France regroupe des acteurs étatiques de santé publique, les décisions sont prises au niveau régional. Les dossiers déposés dans le cadre de l’appel à projets sont jugés par un comité technique coordonné par Christine Barbier, chef de projet régional pour le VIH/IST et hépatites à la DRASS (Direction Régionale des Affaires Sanitaires et Sociales). C’est ce comité qui sélectionne les dossiers retenus pour ensuite fixer les montants pour chaque action financée.

Enfin, un autre point a attiré notre attention : en 2007, un budget de 270 000 euros était initialement prévu pour la JMS, mais seulement 244 000 euros auraient été distribués pour 89 dossiers retenus. Où sont partis les 26 000 euros de différence ? En questionnant Anne Lemoine-Pape, on apprend que la différence aurait été reporté pour l’année suivante. Quoi qu’il en soit, dans ce genre d’opération comptable, qui témoigne d’une certaine souplesse dans la gestion des fonds publics, l’argent consacré au sida n’a pas été détourné à d’autres objectifs de santé publique. Il reste donc à savoir ce que sont devenus les 100 000 euros amputés de la Journée mondiale contre le sida...

Arthur Attal et Marjorie Bidault

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