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Épidémies émergentes | Chiffres du sida | Quand débuter un traitement ? | Willy Rozenbaum

En finir avec la pandémie du sida grâce à la mise sous traitement précoce ? La réponse de Willy Rozenbaum, président du Conseil national du sida

14 mai 2009 (lemegalodon.net)

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Les traitements contre le virus du sida permettent non seulement de sauver des vies mais également d’empêcher la transmission du virus. Cette nouvelle, longtemps restées confidentielle, a été portée sur la place publique par des médecins de la Commission fédérale suisse sur le sida en janvier 2008. Quinze mois plus tard, le Conseil national du sida a présenté son propre avis sur l’intérêt préventif du traitement devant les médias et les associations, à l’occasion d’une conférence de presse tenue à l’Assemblée nationale le 30 avril 2009.

Lors de la conférence du 30 avril 2009 du Conseil National du Sida qui publiait — 15 mois après l’avis suisse — un avis sur l’intérêt de la prévention par les médicaments, son président, Willy Rozenbaum, a répondu aux questions des médias.

Question : Quelqu’un qui découvre sa séropositivité doit-elle tout de suite commencer un traitement ?

Willy Rozembaum : C’est un débat qui est à l’ordre du jour depuis de nombreuses années. Il y a 7, 8 ans, on disait qu’il fallait traiter tôt et fort. Et puis les effets indésirables des traitements nous on fait revenir en arrière. Aujourd’hui, ne serai-ce que pour des raisons individuelles, c’est un débat qui devient de plus en plus mineur. Il y a de plus en plus de données qui s’accumulent pour dire qu’un traitement précoce apporte un bénéfice individuel, indépendamment du bénéfice de transmission.

Deuxièmement il y a ce débat : est-ce qu’il faut traiter au moment de la primo-infection ? Là aussi, c’est un débat difficile mais où l’on pèse à la fois le bénéfice, mais de l’autre côté il y a un risque en permanence entrain de bouger. C’est un débat qui se pose sur le rapport bénéfices / inconvénients des traitements. Ca m’arrive aujourd’hui de traiter des primo-infections après discussions avec les patients sur les inconnues, les bénéfices, et les risques. Parmi les personnes identifiées comme étant positives en France, 85% sont traitées déjà. Si on arrivait à traiter 85% de la population contaminée, on aurait un impact extrêmement important sur la courbe épidémique de la maladie.

En tout cas, les dernières études montrent qu’il faut traiter de plus en plus tôt.

Transcription par Marjorie Bidault, Camille Dubruelh et Hélène Ducatez.