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La grippe porcine et nous : les conseils de Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida, à Nabila, maman séropositive
30 avril 2009 (lemegalodon.net)
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« Il y a un certain nombre de choses qu’on ne sait pas, et les choses évoluent très rapidement d’un jour à l’autre » sur la grippe porcine, déclare d’emblée le Professeur Jean François Delfraissy, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) et chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, interrogé mardi après-midi par l’équipe radio de Survivre au sida. « Ce qui est un peu particulier, c’est qu’il semble y avoir une transmission d’homme à homme. C’était quelque chose qui était prévisible, mais qui n’avait pas été démontrée ».
Est-il plus pathogène (dangereux) que d’autres viruses ? « Je ne peut pas vous répondre », reconnait Delfraissy. « Il reste sensible à certains médicaments, notamment le Tamiflu®, au moins in vitro » et des stocks « suffisants » ont été constituées en France.
Nabila, maman séropositive de trois enfants, interroge Jean-François Delfraissy : les séropositifs sont-ils plus à risque ? « J’ai une petite immunité, je suis sous traitement », dit-elle. Réponse : « Il n’y a pas de raison pour l’instant de vous mettre à un traitement préventif d’une infection qui n’aura probablement jamais lieu, d’autant plus que les médicaments contre cette grippe n’ont pas d’action préventive ».
Jean-François Delfraissy conseille néanmoins une certaine prudence, avec pour première consigne d’éviter les « grands voyages en avion ». Si rien n’atteste jusqu’ici que cette grippe serait plus grave pour les séropositifs, les personnes touchées par le VIH ont néanmoins une « restauration immunitaire tout à fait complète », donc par précaution il faut « particulièrement faire attention ».
Le virus serait transmissible d’homme à homme mais toucherait plus souvent les jeunes. Une explication possible ? « Il y a peut être une réaction croisée avec le vaccin de la grippe », donc les personnes âgées, plus souvent vaccinées, seraient moins vulnérables...
Jean-François Delfraissy insiste sur le fait que le médicament utilisé pour traiter le grippe porcine n’ont aucune action en prévention. Cela ne sert donc à rien de prendre du Tamiflu, par exemple, en espérant ainsi échapper à la grippe porcine...
Les mesures prises par le gouvernement français et sa contribution à la mobilisation internationale sont-elles suffisantes ? Delfraissy rappelle qu’en 2003 un plan « grippe aviaire » avait été mis en place, dont l’exercice aurait permis de « rôder » les différents partenaires, et « c’est une très bonne chose ». La réponse française a « le mérite d’être visible et coordonnée », mais faut-il faire plus ? « C’est difficile à dire », et cela dépendra de l’évolution de l’épidémie.
VIH et pneumopathie atypique : entretien avec Jean-François Delfraissy (8 avril 2003)
