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Barbara | Femmes séropositives | Financement de la lutte contre le sida | Line Renaud

Donner à l’association Sidaction ? Le point de vue de Barbara, jeune femme séropositive qui avait témoigné lors du premier Sidaction le 7 avril 1994

18 mars 2009 (lemegalodon.net)

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Après avoir écouté l’appel aux dons de Line Renaud, l’ambassadrice du Sidaction, les invités réagissent sur cette manière de récolter des fonds et sur ses réels impacts pour les malades. Pour Nabila, alors qu’elle entend cette intervention depuis maintenant quinze ans, tous ses proches séropositifs continuent à vivre dans une grande précarité. « Je me dis que depuis 15 ans cet appel retentit, mais, à quoi a t-il servit ? »

Pour Barbara, la première intervenante du tout premier Sidaction en 1994, il s’agit d’un résultat décevant. « Il ne suffit pas de faire un appel au don une fois dans l’année, le Sida c’est tous les jours ». « S’il y avait un vrai travail d’information à côté, peut-être que les gens auraient envie de se mobiliser et de donner un peu plus ». Concernant cet appel « il ne me parle pas au contraire, je suis très sceptique. Ok on va donner du fric mais derrière il va se passer quoi ? Est-ce qu’on va entendre les malades ? Est-ce qu’on va vraiment les aider ? Je ne sais pas, je m’interroge également. »

Le Comité des Familles a créé en mai 2008 le projet Madeleine Amarouche, en hommage à une grande dame, militante et maman du Comité qui a consacré sa vie aux témoignages pour les jeunes, jusqu’à son décès le 28 novembre 2007. Cette action, dans la lignée de celle de Barbara qui a longtemps arpenté lycées et entreprises pour apporter son témoignage, reçoit tout son soutien « Je suis complètement d’accord avec ça, c’est la meilleure information possible, la meilleure campagne de prévention. La personne contaminée est la mieux placée pour en parler ».

Pour sa part, Barbara a choisi en l’an 2000 de prendre un peu de recul. « Pendant sept ans j’ai témoigné. La prévention c’est bien, c’est se donner à 100%. J’ai eu envie à un moment de vivre ma vie de femme de façon un peu plus anonyme ». « Pour ce qui est de l’émission Sidaction, je me suis désolidarisée d’eux en 1994 car j’estimais que finalement ils n’aidaient pas les malades comme une association au sens ou moi je l’entendais, que l’argent n’allait pas forcément là où je le souhaitais, là où il aurait été utile. A partir de ce moment moi je n’existais plus pour ces personnes-là. Leur choix à eux a été de faire comme si je n’existais pas. C’est pas grave, moi je continue à exister et ma foi, je suis plutôt heureuse du parti qu’à pris ma vie, et je suis heureuse d’avoir rencontré le Comité des Familles ».