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Les coulisses du Sidaction | Hakima Himmiche | Maroc

Sidaction s’exporte au Maroc : lettre ouverte de l’Association Sud contre le sida (ASCS) à Hakimma Himmiche

5 décembre 2008 (Association Sud Contre le Sida)

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À propos de l’opération de télévision de l’ALCS au Maroc

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- Lancement de "Sidaction Maroc 2008" du 8 au 31 décembre

Lettre ouverte de l’Association Sud Contre le Sida

Agadir, le 25 novembre 2008

Madame La Présidente de L’ALCS CASABLANCA

Objet : réunion du 4 novembre 2008

Références :
- Votre lettre en date du 23 octobre 2008
- Ma lettre N° F ِ063/08 en date du 25 novembre relative à la réponse en l’objet

Madame La Présidente,

Faisant suite à notre réunion du 04 novembre courant, sur votre invitation, pour présentation des modalités et avancement Sidaction Maroc 2008, et comme promis nous vous communiquons le point de vue de L’ASCS à ce sujet.

Pour rappel, le staff de L’ASCS a noté avec satisfaction la déclaration de L’ALCS reconnaissant ne plus avoir de contentieux avec L’ASCS, problèmes dont elle a fait table rase pour voir l’avenir dans la collaboration entre nos deux associations.

C’est dans ce contexte que nous sommes venus, plein d’espoir, à la dite réunion, ne voulant pas rater ce tournant qui se profilait dans nos relations, mais aussi par sentiment de devoir envers la lutte contre le sida et autres IST, vision nationale et solidaire espérée.

L’ASCS regrette n’avoir été invitée qu’à la dernière minute et qu’elle n’ait pas été associée à la préparation de ce Sidaction, commencée 8 mois auparavant. Ceci l’a amenée à se trouver devant des situations qu’il n’est plus possible de modifier et donc devant des faits accomplis, à accepter ou refuser.

Par leur signature, en particulier les ONG à thème, les signataires de ce partenariat reconnaissent un leader cheap à L’ALCS et aux yeux du grand public une représentativité (ce qui n’est pas vraiment gênant pour nous). Ils n’auront de toute façon pas droit au plateau télé (selon votre déclaration « pour raisons techniques en rapport avec l’organisation du plateau et les exigences de 2M », lesquelles raisons ne s’appliquent pas à la LMLIST, ONG à thème par ailleurs), ni à la mise en valeur médiatisée de leurs activités (car vous avez dit « il est trop tard »). Ces partenaires donc doivent rester à l’ombre et en arrière plan. C’est, pour nous, rater là une occasion de reconnaissance du travail méritoire des volontaires de toutes les associations qui œuvrent dans le pays, et la seule récompense espérée d’un volontaire. Sidaction est l’action phare médiatisée de la lutte contre le sida que tout le pays prend, à tord, probablement induit, pour action qui profite à l’ensemble du tissu associatif nationale, alors qu’elle ne profite et à tout point de vue qu’à une seule association, en l’occurrence L’ALCS.

L’ALCS a innové en envisageant pour ce Sidaction Maroc 2008, la création d’un fonds d’appui, qui correspond à une petite partie des entrées Sidaction, à destiner aux projets des structures autres que L’ALCS, qu’elles soient étatiques, privées ou non gouvernementales, et qui mènent des actions de lutte contre le sida dans le pays. Ce fond d’appui nous déçoit dans son fond comme dans sa forme. En effet, et comme stipulé dans les termes de ce partenariat proposé par L’ALCS et ses textes complémentaires, les premiers cinq millions de dirhams net (soit une fois tous les frais engagées et estimés par L’ALCS entre un et deux millions de dirhams déduits) sont destinés uniquement et exclusivement à L’ALCS, « pour couvrir ses frais de fonctionnement pour les deux années à venir » vous avez dit. A hauteur donc de cette somme (soit six à sept millions de dirhams de dons), le cas pessimiste, les signataires du partenariat auront zéro centime comme réserve pour leurs éventuels projets et donc pourront être gentiment remerciés pour leur contribution active ou passive. Si ce minimum exclusif pour l’ALCS est éventuellement dépassé, en gros il reviendra à L’ALCS les trois quart de l’excédant des six à sept millions de dirhams des entrées. Le quart restant de cet excédant, sera géré par L’ALCS comme un fond pour financer les projets soumis à conditions, et présentés par les autres acteurs de lutte contre le sida au Maroc. Lorsque les conditions de candidatures et de soumission sont réunies, les projets soumis sont triés pour être étudiés par un comité d’experts désigné par L’ALCS (comité composé de neuf personnes, trois membres de L’ALCS, deux membres étrangers choisis par L’ALCS, et quatre membres appartenant aux partenaires et proposés par ces derniers mais dont la désignation revient à L’ALCS). Dans le cas du refus du projet par ce comité d’experts, ce refus est définitif. Si ce comité d’experts avalise le projet dans sa forme comme dans son fond, son avis ne devient alors que consultatif, l’aval définitif revenant au bureau national de L’ALCS (« pour raison juridique » vous avez dit). C’est là, pour nous, une véritable subordination. Cette subordination constitue, à notre regret, l’unique « bénéfice » que pourraient espérer les signataires de ce partenariat, si tenté encore que les entrées dépassent les six à sept millions de dirhams réservés exclusivement à L’ALCS. Ce dépassement (de combien sera-t-il ?) dont l’éventualité est difficilement envisageable par les temps économiques mondialement bien difficiles. Il est très important de rappeler que les termes du partenariat proposé par L’ALCS obligent ses signataires à ne pas collecter de fonds pendant la période Sidaction, et ne rien faire qui puisse gêner cet appel à dons du Sidaction.

Malgré tout, nous avons gardé espoir dans l’avenir. Pour cet avenir, nous vous l’avouons, nous étions près à accepter cette subordination de façon transitoire, même si ça ne nous ressemble pas. Mais vous nous avez refroidis en nous annonçons qu’il n’y pas moyen d’envisager une préparation des futurs Sidaction par un collectif associatif national et encore moins question de comité qui pourrait avoir un regard sur les éventuelles entrées d’argents et leur répartition.

Pour cause de subordination qui ne dit pas son nom et un avenir sans espoir d’évolution ni de changement, vous comprendrez aisément que L’ASCS ait le regret de vous faire part de son rejet de la proposition de L’ALCS, dans ses termes actuels.

Pour l’intérêt de la lutte contre le sida et autres IST, notre porte reste grande ouverte à L’ALCS ou toute autre association ou structure voulant partir sur les bases d’un vrai partenariat.

Et c’est dans cet esprit que nous souhaitons que la normalisation de nos relations, que vous avez entamée, puisse continuer. Nous étions d’ailleurs ravis de vous entendre nous partagez le souhait d’œuvrer ensemble et de cesser dorénavant de se faire « des croche-pieds » les uns aux autres.

Il nous reste à souhaiter un bon et fructueux Sidaction Maroc 2008, pour L’ALCS.

Rédigé par Dr. A EL YOUBI
- Association Sud Contre le Sida (ASCS)

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