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Drogues et réduction des risques (RDR) | Génération sacrifiée, 20 ans après | Hommage aux disparus | Les médias parlent des familles vivant avec le VIH

La génération sacrifiée des banlieues, 20 ans après

3 décembre 2008 (melty.fr)

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Dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le sida, il était important de revenir sur le virus du sida qui a marqué toute une génération sacrifiée à la seringue dans les banlieues.

Si aujourd’hui le nombre de personnes contaminées par le virus du Sida par l’échange de seringues est de seulement 2%, il est important de noter qu’il n’en était pas de même il y a 20 ans. La génération sacrifiée dont nous parlons est un scandale qui date des années 80. A cette époque là, l’héroïne est testée massivement dans les banlieues de France. La drogue inonde très rapidement le petit microcosme de la cité suivi de très près par le Virus du Sida. Beaucoup de familles ont été touchées par le virus et ont quelque fois eu à enterrer une ou plusieurs personnes des suites du virus du Sida.

Un fléau qui touche aussi les banlieues

Ce fléau n’a jamais beaucoup été relayé par les médias, ce n’est qu’en 1995 lorsque Reda Sadki, le fondateur de l’association Papamamanbébé.net, commence à faire de la radio que l’information commence à être relayée et que se joue l’éveille des consciences. Reda constate qu’il y a un vrai tabou qui règne autour du sida « comme si il y avait un bon et un mauvais sida. » Lors de la conférence de presse de Vendredi, j’ai pu me rendre compte de l’ampleur de ce fléau. Lors de la diffusion de la vidéo de présentation de l’association de Reda un grand moment d’émotion a saisi toute la salle. Beaucoup de membres de l’association qui étaient dans ce film sont décédés. Lorsque la lumière s’est rallumée beaucoup de visages avaient les yeux rougis par l’émotion.

Agir... C’est aimer.

Charles Catherine Claude que tout le monde appelle Catherine dans l’association, a témoigné la première sur son expérience de la génération sacrifiée. Elle est séropositive depuis près de 20 ans et est venue témoigner sur le fait qu’il faut passer une nouvelle étape dans la politique de prévention. Il faut arrêter d’associer Sida et paillettes. Aujourd’hui le plus important est de faire de la prévention pleine de vie dans tout ça. Fini les pathos, les larmes et la compassion aujourd’hui il faut de l’action de l’argent et beaucoup d’amour.

Le professeur Denis Méchali, chef de service des maladies infectieuses rappellent que près de 60% des femmes sont touchées par le virus du Sida. Dahlila très présente s’assoit à coté de moi et me raconte qu’en banlieue, nous en sommes au stade de la surcontamination. La veille une jeune femme de 22 ans s’est défenestrée car elle n’a pas supporté de se savoir atteinte du Sida. J’ai des frissons à écouter son témoignage… La chanteuse Leslie et le rappeur Kore étaient également présents et ont pu témoigner de leur soutien à l’association. Ils attendent aujourd’hui l’annonce de la première dame de France, concernant son engagement pour le sidaction.