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Le témoignage de Mano Solo : « Un volet s’ouvre et laisse entrer un peu de soleil »

23 janvier 1997 (Nouvel Observateur)

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Voir en ligne : SIDA « Un volet s’ouvre et laisse entrer un peu de soleil »

Depuis dix ans, Mano Solo a le virus du sida. Depuis six mois, il est soigné par trithérapie comme quelque 20 000 malades en France. Il a repris 7 kilos. Se sent mieux. Comme tant d’autres. C’est ce changement qui lui a donné envie, pour la première fois, de témoigner longuement. « Le Nouvel Observateur » ouvre le dossier des trithérapies. Comment dans les pays développés elles ont réussi, sinon à venir à bout du virus, du moins à le bloquer. Comment ceux qui s’étaient habitués à l’idée de mourir doivent se réhabituer à vivre. Et comment dans le tiers-monde, et surtout en Afrique où ces traitements sont trop chers, le fléau continue de se développer

« Je ne suis plus séropositif, mais j’ai le sida », annonce Mano Solo un soir d’octobre 1995, lors d’un concert au Bataclan. Le sida, il l’a toujours revendiqué, il ne l’a jamais récupéré. La drogue et le sida font intimement partie de sa musique. Sur des airs de blues, flamenco, jazz manouche et java,

Mano Solo chante l’urgence et le désespoir, l’ennui et la baston, les marins d’eau douce et la galère, la zone et les Grands Boulevards, Pigalle et Barbès. Entre Damia et Tom Waits, il incarne la fusion réussie de la chanson réaliste et du rock indépendant.

Le chanteur qui, cette semaine, publie un premier roman, « Joseph sous la pluie », largement autobiographique, raconte ce que ce nouveau traitement change pour lui.

Le Nouvel Observateur. – Dans votre roman, vous écrivez : « Seul le chemin compte devant la mort, derrière la mort, le chemin fait partie de la vie, je cours donc je suis. » C’est ce que vous ressentez ?

Mano Solo. – C’est ce qui m’a permis de continuer à avancer, de ne pas me laisser bouffer par le mur dressé devant moi. J’ai longtemps vécu ainsi, jusqu’à il y a six mois. Je commence à me rendre compte que je vais beaucoup mieux.

N. O. – A quand remonte votre séropositivité ?

Mano Solo. – Tu sais, tu peux me tutoyer. Je l’ai appris à Noël 1986. J’avais des ganglions partout. Et je savais que je cumulais tous les risques. J’avais beaucoup séduit et fait pas mal de conneries toxicomanes, même si je ne me shootais plus depuis longtemps. J’avais vraiment le profil.

N. O. – Tu appréhendais de faire le test ?

Mano Solo. – Non, je préférais savoir. A la limite, moins pour moi que pour les autres. A l’époque, c’était pas du tout culturel de sortir sa capote. C’était même un affront. Personne n’en voulait. Et les mecs encore moins.

N. O. – Tu faisais partie des personnes à risque. Tu aurais pu faire le test plus tôt

Mano Solo. – On savait que ça existait, mais à l’époque ça restait flou. On avait encore l’impression que tout le monde allait passer à travers. On savait bien que ce n’était pas que les pédés, mais quand même, c’était surtout eux !

N. O. – Comment as-tu connu le résultat du test ?

Mano Solo. – C’était l’hiver. Je venais d’arriver à Toulouse, où j’avais acheté une péniche pourrie. D’un centre Leclerc, j’ai téléphoné au toubib. Autour de moi, les gens faisaient leurs courses. Je suis retourné au bateau. Je ne connaissais personne. Il n’y avait pas de chauffage, il faisait moins 20 °C. C’était une sale période.

N. O. – A-t-il mis des formes pour te l’annoncer ?

Mano Solo. – Il n’a pas pu. Il ne voulait pas me le dire au téléphone, ça ne se fait pas. Je l’ai stressé en lui disant : « Si tu ne veux pas me le dire, c’est que je l’ai. » Coincé, il a été obligé de me dire : « Oui, tu es séropositif. » En plus, ça a coupé. J’ai eu juste le temps de savoir que j’étais séropositif, et basta. Après, je n’étais plus sur la même planète, c’est sûr.

N. O. – Qu’est-ce qui change ?

Mano Solo. – Tout. Les autres. Je ne les ai plus vus de la même manière. En une seconde, j’ai basculé dans un autre monde, je n’étais plus le même homme. Et puis, surtout, une oppression : je crois que j’ai perdu ma liberté, ce jour-là. L’insouciance, la liberté de se tromper, de perdre du temps...

N. O. – Sais-tu comment tu as été contaminé ?

Mano Solo. – Je l’ai chopé soit avec une fille, soit avec de la came. Je m’en fous : personne ne m’a jamais forcé à me shooter, ni à faire l’amour.

N. O. – Est-ce que tu t’es réexposé ou en as exposé d’autres ?

Mano Solo. – C’est dur de changer de vie radicalement. Il faut réapprendre pas mal de choses. Mais avec les filles que j’ai pu fréquenter à l’époque, je n’ai jamais caché que j’avais le sida.

N. O. – Tu étais séropositif, tu disais « le sida » ?

Mano Solo. – Oui. Parce que c’est plus court. « Séropo », ça ne veut rien dire. On sait très bien que ça peut durer dix ans avant de se déclencher. Pour moi, être séropo, c’est juste être dans la file d’attente.

N. O. – Physiquement, ça t’a affecté

Mano Solo. – Ça ne fait que deux ans que je suis malade. Avant, je vivais au grand air sur ma péniche, sans douche ni eau chaude. Je me caillais les miches, mais je n’étais pas dans un appartement. Je faisais partie de la vie. L’ambiguïté, c’est que j’ai toujours cru être blindé. Tu sais que tu vas mourir, mais tant que tu es en bonne santé tu ne te rends pas compte de ce que c’est. Il faut être dans un lit sans plus pouvoir bouger, et que les gens pleurent autour.

N. O. – Le sida, quand l’as-tu su ?

Mano Solo. – On s’en est rendu compte il y a deux ans environ, quand j’ai eu la jambe et le bras gauche paralysés, une toxoplasmose, et un oedème au cerveau, énorme. C’était deux mois avant le concert du Bataclan. Je n’étais pas du tout sûr de pouvoir le faire, mais les toubibs m’ont vraiment bien soigné. J’étais épaté.

N. O. – Tu as été hospitalisé ?

Mano Solo. – Non, je n’ai pas voulu. Je suis soigné à l’hôpital Rothschild, boulevard de Picpus, dans le service du professeur Rozenbaum. J’y fais mes soins, mes analyses et le check-up tous les mois. Mais sans eux je serais déjà mort. A force de voir travailler le personnel hospitalier depuis dix ans, et de voir ce qu’ils supportent, je les ai appréciés.

N. O. – Comment étais-tu soigné ?

Mano Solo. – Antibiotiques puis AZT. Pendant longtemps le traitement m’a affaibli : perte de poids, envie de vomir tout le temps, anémie. A la fin du disque « les Frères Misère », je n’en pouvais plus. Je voulais arrêter tout le traitement. C’est à peu près à ce moment que j’ai commencé la trithérapie. Je pesais 57 kilos il y a quelques mois, et aujourd’hui j’en fais 65. Un peu plus que mon poids habituel.

N. O. – C’est contraignant ?

Mano Solo. – C’est vraiment lourd. Entre les antiviraux, les antiprotéases, les antibiotiques et les trucs pour l’épilepsie - je suis devenu épileptique aussi -, je prends 34 pilules par jour. Depuis qu’on m’a adapté les doses, je ne dégueule plus. Je le supporte bien physiquement, et en tout cas, en ce moment, je me sens bien. Mais combien de temps les nouvelles molécules marcheront ? On n’en sait rien. L’AZT, par exemple, a des effets bénéfiques pendant dix-huit mois, et ensuite le corps s’habitue. Mais pour l’instant, ça m’a sauvé la vie.

N. O. – Tu as senti les bienfaits rapidement ?

Mano Solo. – Oui, et puis surtout, quand tu vas à l’hôpital et qu’on te dit : « Tiens, ta charge virale a baissé », ou « Tiens, tu as gagné 50 T4 » [ou CD4, une catégorie de lymphocytes dont la norme se situe entre 500 et 600, NDLR], ce n’est plus comme quand on te dit : « T’as plus rien mon pote, méfie-toi ».

N. O. – Dans quelle proportion ta charge virale a-t-elle baissé ?

Mano Solo. – Je ne saurais même pas te dire. Ces chiffres restent abstraits pour moi. Certains en sont obsédés, ils veulent savoir combien ils ont de T4, et ceci et cela. Moi, je préfère que ça reste flou. Imaginer, comme Joseph, la bataille gluante des pauvres petits lymphocytes courageux contre les virus aux casques à pointe C’est aussi une loterie. Tu n’es pas forcé de passer devant le microbe fatal. C’est ça le sida. On oublie tout le temps que ce n’est pas une maladie en soi : c’est juste la porte ouverte aux autres maladies.

N. O. – Comment ressens-tu moralement ce qui se passe dans ton corps ?

Mano Solo. – J’essaie de toujours garder un certain cynisme, ou un certain humour. Si mon corps sent que ma tête est déprimée, il va laisser tomber. Il faut le motiver. Quand on n’est pas malade, on ne pense pas à son corps, à sa fragilité, à sa complexité. Tu as intérêt à l’aimer, ton corps, parce que sinon, lui, il se laissera pourrir.

N. O. – Comment tes amis ont réagi à ta séroposivité ?

Mano Solo. – Je n’ai pas beaucoup d’amis. Avec les quelques vrais amis, je n’ai pas eu le problème d’être rejeté, même si ça a coïncidé avec une séparation. Je n’ai pas eu non plus le problème de ne pouvoir le dire à mes parents. Je suis bien content de n’avoir jamais eu à le cacher. Je n’en avais pas envie, mais je n’ai jamais eu à le faire.

N. O. – Et le regard des autres, a-t-il changé ?

Mano Solo. – Je me suis appliqué à ne pas le laisser changer. Je n’ai pas attendu que les autres me regardent, je me suis présenté. C’est sans doute prétentieux, mais je n’ai pas laissé le loisir qu’on me regarde autrement qu’auparavant.

N. O. – On a pu lire que tu étais fâché avec on père

Mano Solo. – Rien à voir. Une fois, j’ai eu le malheur de dire une saloperie sur mon père, et ça a fait toute une histoire. C’est vrai que quand on me parle de mon père, ça me vexe, parce que je suis prétentieux. J’ai pas fait tout ça pour qu’on me parle de lui.

N. O. – La qualité des gens que tu voyais chez tes parents - Higelin, Coluche, Reiser -, ça n’a pas pu te laisser indifférent ?

Mano Solo. – Ça m’a certainement nourri. Par beaucoup d’aspects, je suis fier d’être le fils de Cabu, même si je ne le dis jamais.

N. O. – Que t’ont-ils apporté ?

Mano Solo. – Même si tu ne sais pas que tu es au contact de gens bourrés de talent, quand tu es môme et que tu as de grandes oreilles, tu apprends. Quand Higelin vient te chercher à la gare avec d’immenses santiags rouges, c’est délirant. Un dimanche, Reiser, à qui j’avais demandé un dessin, m’a fait deux chiens qui s’enculaient. Je m’en souviendrai toute ma vie.

N. O. – La Sorbonne en 1968 avec ta mère, c’est ton premier souvenir ?

Mano Solo. – Oui, pratiquement. Il est déformé aujourd’hui. Mais c’est là que j’ai compris qu’on ne faisait pas la révolution tout seul, par exemple. C’est une de mes premières perceptions sociales. Cet héritage-là, je ne le regrette pas. Ça m’a servi à ne pas me laisser écraser - on en revient là - par le sida. Cette façon de dire que si désespérée que soit la cause, on peut encore lutter. J’ai toujours vécu parmi des gens volontaires pour la vie. J’ai grandi dans un esprit militant.

N. O. – Revendiquer ton sida, était-ce un acte militant ?

Mano Solo. – Oui. Ne pas me laisser écraser par la société, c’était déjà un acte militant. Quand j’ai su que j’avais le sida, Le Pen parlait encore de sidatorium. Tout le monde déblatérait n’importe quoi sur le sida, sans penser que moi et d’autres mecs nous l’avions vraiment. Tout d’un coup, toute la société parlait de moi, et sans me demander mon avis ! Et c’était hors de question. Culturellement, je n’avais justement appris qu’une seule chose : ouvrir ma gueule.

N. O. – Ça ne t’a pas donné envie de militer dans des associations ?

Mano Solo. – Non. Je suis content qu’elles existent, qu’Act-Up agisse, mais mon métier, ce n’est pas de provoquer. On ne fait pas comprendre les choses aux gens de force. J’ai plutôt cherché à les attirer à comprendre, et surtout à ressentir. Communiquer en profondeur ne se fait pas en terroriste. Même si, quand le mec au Sidaction a dit : « Il faut bien que les Français comprennent qu’on leur demande de payer pour les toxicos et les pédés », ça m’a rendu vraiment heureux. Mais je ne vais pas vers quelqu’un parce qu’il a le sida. Ce n’est pas une identité, le sida. Il n’y a aucune raison de se « ghettoïser ».

N. O. – Tu penses avoir contribué à « déghettoïser » le sida ?

Mano Solo. – A ma manière. En montrant que le sida fait partie de la vie. Ça ne veut plus rien dire « lutter contre le sida », maintenant il faut vivre avec, et je ne peux pas être le porte-parole d’autre chose. Je suis un petit-bourgeois qui a mal tourné, je ne suis pas exemplaire. Plusieurs fois, quelqu’un est venu me dire après un concert : « Tu sais, moi, j’ai le sida, mais tu es la première personne à qui je peux le dire. » Je me suis vraiment rendu compte qu’il y a des solitudes extrêmes. Si tu es déjà un peu seul dans la vie, le sida te met vraiment dans un gouffre.

N. O. – Est-ce que Hervé Guibert et Cyril Collard t’ont apporté quelque chose ?

Mano Solo. – Je fuis ces trucs-là. J’ai commencé à lire un livre de Guibert : j’ai abandonné à la dixième page. « Les Nuits fauves », c’est pareil, pour le livre comme pour le film. Sauf que de voir Collard dire à la télévision : « Oui, moi je suis séropositif » - il fut le premier à en parler ainsi - m’a fait un bien fou, finalement. Par contre, son histoire où il file le sida à une fille sans rien lui dire... Ça ne m’a pas plu. Quand tu es sidéen, tu y penses tout le temps, tu en rêves. C’est juste le désir de vivre, de jouir vraiment, de sortir de son exclusion de sidéens, de rejoindre les vivants. Mais ça doit rester des fantasmes.

N. O. – On pourrait t’accuser d’avoir bâti ton succès sur ton sida ?

Mano Solo. – J’adore cette question parce que oui, bien sûr, je fais du beurre avec mon sida. De même que tu ne montes pas sur scène sans un côté exhibitionniste, et pour que les gens ne t’aiment pas. Je ne vois pas pourquoi je devrais crever la dalle pour être crédible. Si je n’avais pas parlé du sida, ma petite carrière aurait démarré beaucoup moins vite. Mais excusez-moi de m’être servi de ce qui m’arrive. Je ne vais pas, en plus, faire semblant de ne pas l’avoir. Au moins j’en ai fait quelque chose, de cette malédiction. J’assume. Et je pense aussi avoir un peu de talent.

N. O. – Dans ton livre, Joseph dit : « Haïr la vie, c’est encore la vivre. Je vivrai cette vie parce que je hais. Je vivrai cette haine parce qu’elle vit »

Mano Solo. – Je peux passer de la haine à la rage en cinq minutes. Mais si j’ai la rage, je vais me démerder pour en faire quelque chose de positif. J’ai pensé un milliard de fois à me foutre une balle dans la tête, mais je ne le ferai jamais. Pendant dix ans, j’ai construit mon enterrement, et puis en ce moment, ce qui est troublant, c’est justement de me dire : « Et si ces enfoirés me sauvaient la vie ? »

N. O. – C’est déstabilisant ?

Mano Solo. – Oui, c’est complètement paradoxal. C’est la peur de mourir qui se remplace par la peur de vivre. Est-ce que ça va être dur de vivre, comme les gens, jusqu’à 60 ans ? Je n’y ai jamais cru. J’ai toujours vécu au coup par coup, et là l’horizon s’étale. Pas vraiment, parce que je n’y crois pas encore assez. Mais j’aimerais bien arrêter de courir de temps en temps. Il y a six mois, je me suis organisé : j’ai loué un nouvel appartement, pour y crever. Je me suis même demandé si je n’allais pas acheter un trou au Père-Lachaise, une concession. Et puis tout d’un coup, tu te dis que tu n’en as peut-être pas besoin tout de suite. Maintenant, ce qui est nouveau, c’est mon changement d’état d’esprit : passer d’une vie complètement morbide à un volet qui s’ouvre peut-être, et laisse entrer un peu de soleil. L’espoir, c’est de me sauver la vie, même si je ne crois pas que les médecins y arriveront. Finalement, passer encore trente ans avec cette menace dans les veines, ça ne me branche pas non plus. On peut prévoir le contrôle du virus, mais on n’est pas près de s’en débarrasser. C’est un virus « balèze », mutant. Il peut se planquer profondément.

N. O. – « Génération sida », ça a un sens pour toi ?

Mano Solo. – Génération perdue, sacrifiée, tout ça, ce sont des clichés. On s’est perdu nous-mêmes. On gueulait « no future », et après on s’accroche à la vie. Mais je voudrais préciser que je n’ai jamais voulu parler au nom des sidéens. J’ai toujours parlé d’un sida : le mien. Il y a autant de façons de vivre le sida que de personnes qui l’ont. Et puis notre malédiction, même de mourir du sida à Paris à 35 ans, c’est déjà mille fois plus facile que de vivre en Tchétchénie ou au Rwanda. Moi, au moins, on ne vient pas chez moi me mettre des coups de machette dans la tête. « Génération maudite », on est bien bourgeois d’oser dire des trucs pareils. Même si je suis le premier à avoir tendance à me prendre pour une victime, il y a 5 millions de mecs en Afrique qui vont en crever. Il faut que l’Occident sorte de son cocon. C’est une question politique. Qu’est-ce qu’on va devenir, en soignant nos cas de sida et en interdisant l’entrée des sidéens ?

N. O. – Est-ce que tu as l’impression d’être un survivant ?

Mano Solo. – Oui. J’ai connu pas mal de gens morts du sida, d’une overdose, ou qui se sont suicidés. C’est toujours triste de penser au dernier mec qui meurt avant l’armistice. Quand tu vois que la trithérapie arrive et qu’un pote est mort l’année dernière

Propos recueillis par FRANÇOIS ARMANET

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