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Innovante mais atypique, la Case de santé en danger à Toulouse

23 octobre 2008 (Actualités sociales hebdomadaires)

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Alors que l’époque est au "décloisonnement", à la "prévention", à la "prise en charge globale de la personne", il reste parfois bien difficile de traduire ces grands principes en actes. C’est ce qu’apprend à ses dépens la Case de santé à Toulouse, une structure innovante qui craint de devoir fermer ses portes avant fin 2008, faute de financement. Parce que ses idées ne rentrent pas dans les cases...

L’originalité de ce centre pluridisciplinaire est d’allier à une équipe médicale (composée de deux médecins généralistes et d’une infirmière) l’action de deux promoteurs de santé, d’une éducatrice spécialisée, de deux psychologues et d’une nutritionniste, tout en accueillant dans ses locaux une association proposant du conseil conjugal et un accueil spécifique pour les femmes.

Ouverte en août 2006 dans le quartier défavorisé Arnaud-Bernard, après avoir surmonté nombre de difficultés administratives et financières, grâce à des subventions exceptionnelles accordées pour son installation (notamment par l’URCAM), la Case de santé a déjà reçu plus de 1 450 personnes, dont 800 usagers réguliers, dans le cadre d’environ 7 500 consultations médicales et sociales.

Une approche globale

"La moitié de notre population est étiquetée ’précaire’ parce que notre pluridisciplinarité attire du monde", a indiqué au site des ASH l’un des praticiens du centre, le Dr Charles Hambourg, en soulignant que le centre n’a pas été conçu comme un dispensaire mais comme un lieu communautaire ouvert à tous, en réponse au constat des très fortes inégalités de santé qui perdurent en France.

La structure poursuit ainsi un objectif de "promotion de la santé", qui ne passe pas seulement par les soins mais aussi par une écoute et une approche personnalisée des patients, accueillis sans conditions, en proposant "des programmes adaptés aux personnes".

"Notre philosophie de travail repose sur un principe simple : la santé n’est pas uniquement l’absence de maladie", elle doit être "vue comme globale", explique encore la Case de santé sur son site Internet (www.casedesante.org), où elle a lancé, cet automne, un appel à tous ses partenaires, associatifs et institutionnels, comme aux représentants des collectivités locales, aux DDASS et DRASS, à l’URCAM, etc., bref à tous ceux qui pourraient lui venir en aide pour passer le cap.

Car, pour l’heure, les finances du centre sont essentiellement constituées d’une aide du Sidaction (à hauteur de 30 %) et de prêts bancaires. Une situation difficilement tenable pour son association gestionnaire, qui recherche des financements pérennes.

Pas dans les cases

Ce qui semble être mission impossible pour cette structure pourtant appréciée des habitants du quartier, associés au projet, citée en exemple dans divers colloques ou défendue par des organisations professionnelles telles que le Syndicat de la médecine générale, par exemple.

Du côté de la DRASS et de la DDASS comme de l’assurance-maladie, on reconnaît pourtant volontiers l’utilité et la qualité du travail fait à la Case de santé, qui n’est pas contestée, même si le caractère militant de sa démarche a pu lui valoir des inimitiés au sein des institutions. Mais on se retranche derrière les conditions d’attribution des subventions, allouées à des projets répondant à un cahier des charges bien précis ou une à mission clairement identifiée.

En clair, ce qui fait l’intérêt de ce centre : la transversalité de son action, pourtant synonyme de réduction des coûts au final puisque tablant sur la prévention, mais qui dépasse le strict cadre d’un centre de soins, lui interdirait donc de recevoir des deniers publics. En toute contradiction avec les recommandations officielles.