Skip to main content.

Contraception et prévention | Criminalisation des séropositifs | Pouvoir médical

Il pratiquait des IVG avec le VIH

24 septembre 2008 (Journal du dimanche)

3 Messages de forum | | Votez pour cet article

Par Claire ANGOT

Les autorités françaises ont lancé mardi une alerte sanitaire à l’intention de plusieurs centaines de patientes ayant subi une interruption volontaire de grossesse dans quatre cliniques de Barcelone. Jusqu’en novembre 2007, un médecin malade du sida y aurait pratiqué des interventions. D’après la loi espagnole, le gynécologue n’était pas tenu de déclarer sa séropositivité. Les risques de contamination sont jugés faibles.

Chaque année, elles sont des milliers de Françaises, souvent conseillées par le Planning Familial, à utiliser "la filière catalane" comme dernier recours, pour subir un IVG après avoir dépassé le délai légal fixé par la loi hexagonale. En Espagne, l’IVG peut être pratiqué jusqu’à vingt-deux semaines de grossesse quand les médecins français ne peuvent plus rien faire après douze semaines.

Parmi ces patientes, 700 à 800 femmes pourraient avoir été opérés par un gynécologue porteur du virus du sida, selon les informations que la Direction générale de la santé, qui a lancé mardi une alerte sanitaire à l’attention des patientes ayant subi une IVG dans quatre cliniques de Barcelone. Ce médecin, dont l’identité n’a pas filtré, a exercé jusqu’en novembre 2007.

Les risques de transmission sont faibles, mais le ministère français de la Santé recommande aux personnes ayant eu recours à des actes médico-chirurgicaux dans les cliniques TBC, Emece, Ginemedex, et dans la Fondation Morin, de consulter leur médecin traitant. Il pourra le cas échéant leur prescrire un test de dépistage.

Aucune obligation de se déclarer séropositif

"Le ministère rappelle (...) que d’après les données scientifiques disponibles, le risque de transmission du VIH du professionnel de santé au patient peut être considéré comme faible", dit le communiqué français. En effet, l’avortement se pratique par aspiration de l’embryon, ce qui n’expose pas à un contact de sang à sang entre le médecin et la patiente.

Les autorités sanitaires françaises poursuivent les investigations auprès des autorités sanitaires espagnoles, explique le même texte, qui annonce que le ministère précisera sous peu la période d’exposition au risque.

Interrogées par El Pais, les autorités sanitaires catalanes ont indiqué être au courant depuis plusieurs mois du cas de ce médecin, mais ne pas avoir jugé utile de lancer une alerte car il n’y avait pas de risque de contamination pour les patientes. Par ailleurs, d’après la loi espagnole, le gynécologue n’avait aucune obligation légale de déclarer aux autorités sanitaires sa séropositivité, et le fait pour un médecin d’être séropositif ne l’empêche pas de pratiquer sa profession en Espagne.

Forum de discussion: 3 Messages de forum