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Associations humanitaires | Caritatif et contrôle social

C’est pour la bonne cause. La leur.

7 juin 2008 (lemegalodon.net)

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Et puis, dans cette mauvais comédie humaine où la distribution nous fait assumer et jouer les seconds rôles, égratigner par une analyse directe et sans concession, le scénario élaboré par d’autres.

Et puis témoigner, témoigner et retémoigner encore et toujours, dans le vide, pour faire couler l’encre, chauffer les disques durs. Et puis servir de paillasson ou marchepied dans l’entrée ou la montée sociale de certains. Déballer tes sentiments les plus secrets pour ces vautours, dépositaires planètaires de nos vie et de nos tronches, à l’affut de la moindre de nos faiblesses ou faille psychique pour rouvrir nos cicatrices et raviver nos douleurs.

C’est par l’originalité, la bonne mesure ou démesure que tu seras écouté à défaut d’être entendu, avant de redevenir la composante anonyme du "phénomène d’ensemble", un objet, un jouet, porteur d’un stigmate supplémentaire symptômatique, victime d’une myriade associative qui te manipule, façonne, te use et utilise dans un but expressément lucratif.

Et puis tu leur raconteras tes souvenirs, ton présent, ton futur, tu leur diras ce que tu as fait et pourquoi tu l’as fait. Sois le plus extême et le moins singulier possible. Raconte-leur tes sentiments les plus intimes, ceux qui t’ont fait et te font encore mal, réactive tes impressions, même les plus fugaces. C’est pour la bonne cause. La leur. Cesse de vouloir dire ce que tu penses. Le texte, celui qui t’éclaire "d’en haut" est déjà écrit

Et puis tu remercieras la vie, pour ces yeux que tu ouvres dès que le jour commence et ceux qui, mieux que la vermine et le temps, rongent ton âme en fouillant dans tes poubelles. De rares éclairs de lucidité furtifs, éclaireront ta vision sur ces anges pourris jusqu’au fond, jusqu’à la moëlle qui même à la lueur de tes feux follets viendront te voler quelques étoiles.

Tu fais désormais partie d’une sous-catégorie sous contrôle qui ne doit plus être porteur de ta propre réflexion.

Le travail de la modification de tes valeurs fait son oeuvre et ton manque de conscientiation te fait chanter joyeusement le même air en coeur, mais c’est seul, dans le lavabo ou le violon que tu pisses. Ta résilience ne t’a pas rendu plus fort mais plus obéissant, embourbé dans un espace restreint et sans issue comme un rat dans sa cage ou un hamster dans sa roue.

Et puis il y a nous, crétins magnifiques qui écrivons, réécrivons et écrivons encore depuis nos niches pour alimenter les gamelles des chiens gardiens et garants de notre libre expression qui s’arrête là ou commence leur liberté de censure.

Emile Chechana