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Elle attaque son patron chez qui elle avait contracté le VIH

28 mai 2008 (La Marseillaise)

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L’employée du laboratoire s’était piquée avec une aiguille infectée

Me Martine Baheux se bat au côté d’Evelyne depuis son terrible accident.

Des conflits entre salariés et patrons portant sur les conditions de licenciement, les conseils des prud’hommes en examinent à longueur d’audiences. Ils s’en nourrissent même, presque à l’excès. Mais celui évoqué hier matin à Avignon pèse particulièrement par la nature des faits. Par l’état de santé de la plaignante, victime d’un terrible accident du travail. En mai2001, Évelyne employée par le laboratoire d’analyses médicales Dialabo à Apt réceptionne comme chaque jour des conteneurs servant au transport des prélèvements sanguins et des seringues usagées.

L’une d’elles, vraisemblablement mal rangée par l’infirmière ayant effectué le prélèvement, dépasse. C’est l’accident. "Un accident bête qui aurait pu arriver à une autre collègue de travail." Évelyne se pique. Elle est tout de suite prise en charge, sa plaie est désinfectée à l’eau de javel, elle est transportée à l’hôpital d’Apt où un test HIV est effectué. Il est négatif. Quelques semaines plus tard, un autre test se révèle positif. Évelyne a contracté le virus du Sida. L’accident du travail est reconnu mais le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) saisi par la victime, désormais placée sous trithérapie, rejette la notion de faute inexcusable de l’employeur. "Nous avons fait appel de cette décision et le dossier devrait revenir à la barre du Tass prochainement à Nîmes," précise l’avocate d’Évelyne, MeMartine Baheux.

Hier matin, l’avocate sollicitait du conseil des prud’hommes des dommages et intérêts pour Évelyne, aujourd’hui âgée de 54ans et soutenue par son époux, au motif que le licenciement n’avait été réalisé en bonne et due forme. Informé en décembre2006 de l’invalidité d’Évelyne, l’employeur avait en effet un mois pour prendre une décision. "Luiproposer un reclassement ou, en cas d’impossibilité, lui signifier son licenciement" ajoute Martine Baheux. L’employeur a semble-t-il eu le tort de traîner en adressant une lettre de rupture en juillet2007. "Elle n’a pas reçu un centime depuis juillet2007," s’est indignée Me Baheux. "On ne peut pas laisser dire qu’il s’est désintéressé du sort de sa salariée. Il s’est renseigné et a cherché des voies de reclassement," a répondu l’avocate du laboratoire M e Bénédicte Anav, trouvant exorbitants les dommages demandés par la partie demanderesse. Le conseil a mis sa décision en délibéré au 14 octobre prochain.

Jean-Luc Parpaleix