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Les coulisses du Sidaction | Financement de la lutte contre le sida | Gilles Alfonsi | Pierre Bergé

Transparence du Sidaction : des progrès... continuez !

14 mai 1998 (Combat face au sida)

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Ensemble Contre le Sida admet soutenir les structures associatives

Line Renaud et Pierre Bergé sont toujours là, à n’en pas douter. Témoignages de malades et de professionnels du soin et de chercheurs ont alterné avec des appels pathétiques aux dons. Les chaînes avaient cette année le monopole de l’organisation de l’émission. Emmanuel Hirsch, Président d’Arcat Sida, en était le conseiller technique. Les responsables associatifs ont d’ailleurs été quasiment absents des plateaux, en particulier Aides. Quelques jours plus tôt, Pierre Bergé avait affirmé ne pas vouloir « prendre les téléspectateurs en otage » cette fois-ci, avec un programme unique sur toutes les chaînes. À l’heure où ces lignes sont écrites, aucune information, même partielle, n’a été rendue publique sur les sommes recueillies. La collecte est prévue pour durer plusieurs semaines.

Le bilan de 1997

La liste des financements associatifs d’Ensemble contre le sida en 1997, transmise diligemment à Combat face au sida par son directeur exécutif Hugues Charboneau, fait clairement apparaître les subventions de soutien aux structures associatives. Alors que les dirigeants d’ECS avaient toujours présenté comme critère unique de leur gestion l’aide d’urgence et directe aux malades, ils ont cette fois-ci mis à notre disposition une information plus conforme à la réalité de l’utilisation des fonds. La liste des projets et le montant des financements par association fait apparaître la catégorie « Aide à la gestion et à l’animation », qui inclut les salaires administratifs et de direction, les loyers et charges locatives de locaux administratifs, les achats d’équipements informatique et de matériel de bureau, les frais d’aménagement et d’équipement d’espace administratif et d’accueil.

Le rapport d’activité d’ECS, diffusé largement quelques semaines avant l’émission ne mentionnait cependant que la répartition thématique des crédits affectés et une liste des associations soutenues (sans indication des montants, ni du type de projet).

Plus de 36 % des 30,4 millions affectés par le Conseil d’administration d’ECS aux associations en 1997 entraient dans la thématique « Aide à la gestion et à l’animation », contre 13 % à la réduction des risques, 10 % au suivi social, 8 % pour l’accueil, 8% pour l’hébergement, 3 % aux associations étrangères... (voir diagramme ci-contre). Les subventions profitent à de nombreuses associations, mais, parmi elles, Aides et ses Comités régionaux sont logiquement privilégiés : environ 30 % des financements. Act Up Paris a reçu 700 000 francs en 1997, Arcat 1,2 million de francs. 206 projets ont été subventionnés, répartis sur tout le territoire national et en Afrique. ECS n’a rien à perdre à assumer d’être un soutien aux structures associatives. Nous verrons dans les prochains mois si ses dirigeants poursuivront leurs efforts dans le sens d’une plus grande transparence, notamment en assumant publiquement de constituer un soutien - désormais vital - pour l’existence même de nombreuses associations.

Quant à la promotion du Sidaction, l’affiche a provoqué de nombreuses réactions négatives, y compris parmi les militants associatifs. Nul doute que cette gaffe de communication aura coûté cher en termes de dons.

Gilles Alfonsi, 14 mai 1998

(1) Combat face au sida, n°1, septembre-octobre 1995 (dossier) ; n°3, janvier-février 1996 (p. 11) ; n°4, mars-juin 1996 (p. 27) ; juillet-août-septembre 1996 (p. 11) ; n°9, juillet-août-septembre 1997 (p. 13).