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Logement | Un local à Paris pour les familles vivant avec le VIH

Not In My Backyard : L’APES, filiale d’Astria qui gère le 1% patronal, ne veut pas de malades du sida dans ses locaux qu’elle loue aux associations

3 avril 2008 (lemegalodon.net)

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L’APES a rejeté, sans motif explicite, la demande du Comité des familles pour s’installer dans un de ses locaux.

- Lettre ouverte à Monsieur et Madame Toulemonde
- Pas de malades du sida dans mon immeuble : Témoignage d’une psychologue clinicienne, présente lors de la rencontre du Comité des familles avec l’APES

PARIS, le 3 avril 2008 (papamamanbebe.net) — L’APES, filiale d’Astria qui gère le 1% patronal, a jugé irrecevable notre demande d’un local adapté aux besoins du Comité des familles, sur décision arbitraire et sans appel de son directeur Joël Guilloux.

Depuis le 25 février 2008, le Comité des familles fait campagne pour ouvrir un local pour les familles vivant avec le VIH de Paris et sa banlieue.

Le Comité avait trouvé un local géré par l’APES, adapté aux besoins des familles, situé dans le 20ème arrondissement, où familles du quartier et élus nous avaient assuré de leur soutien et de l’intérêt de notre installation, au vu des besoins de santé et de prévention du quartier.

Deux jours plus tard, alors que le Comité devait visiter officiellement, notre interlocutrice de l’APES a appelé pour annoncer une « mauvaise nouvelle ». Son directeur, Joël Guilloux, aurait d’emblée émis un avis défavorable, et lui aurait même reproché de ne pas avoir respecté les procédures d’instruction.

Alors, pourquoi M. Guilloux a-t-il refusé de valider le dossier de demande du Comité des familles, malgré le soutien affirmé de sa chargée de développement social et urbain de l’APES, des élus locaux et de familles vivant avec le VIH dans le quartier ?

Aucun motif n’a été donné par écrit. Évidemment, comme les bailleurs sociaux, l’APES dispose de tout un arsenal pour justifier de son refus, et ne saurait avouer ou reconnaître publiquement ses réticences, exprimées sans équivoque en privé avec le Comité des familles.

En effet, à l’oral, une délégation de six personnes, y compris une psychologue clinicienne extérieure à l’association, a relevé des propos relevant du « syndrome nimby » (Not In My Back Yard, de l’anglais « pas dans mon arrière-cour »), c’est-à-dire d’une solidarité affichée avec les malades, les handicapés, ou les démunis... du moment qu’ils ne viennent pas troubler ou menacer la tranquillité ou les préjugés supposés des locataires.

Le Comité des familles s’insurge contre ce refus de l’APES et dénonces avec la plus grande vigueur les pratiques inavouées d’exclusion des personnes malades par les organismes chargés du logement.

Nous appelons les habitants du quartier des Amandiers à protester contre ces pratiques et à exiger, avec nous, des réponses aux besoins de soutien et de santé des familles confrontées au VIH.

Nous appelons Frédérique Calandra, maire du 20ème arrondissement nouvellement élue, à dénoncer avec nous ce refus, à exiger des explications à Joël Guilloux, directeur de l’APES, et à interpeller Bertrand Delanoë, maire de Paris, pour qu’il dise publiquement son refus de telles pratiques d’exclusion et de rélégation des personnes vivant avec le VIH.