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Sida : les cinq COREVIH franciliens disposent désormais de leur président

21 décembre 2007 (Reuters-APM)

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Par Romain LOURY

PARIS, 20 décembre 2007 (APM) - Les cinq comités de coordination de la lutte contre l’infection par le VIH (Corevih) de l’Ile-de-France disposent désormais de leur président et de leur vice-président, après l’élection mercredi soir du bureau du Corevih Ile-de-France Sud.

Successeurs des Centres d’information et de soins de l’immunodéficience humaine (Cisih), les Corevih, au nombre de 28 en France, constituent de nouvelles structures régionales de coordination de la prise en charge des séropositifs et de la lutte contre le VIH en général, rappelle-t-on (cf dépêche APM RLKJI003).

Leur mission est élargie par rapport aux Cisih, notamment dans le domaine de la prévention et de la prise en charge sociale. Autre nouveauté, leur composition s’ouvre largement au domaine extrahospitalier et aux associations de patients.

Parmi les cinq Corevih que compte l’Ile-de-France, contre 11 Cisih auparavant, tous sont désormais dotés d’un président et d’un vice-président.

Au terme de la dernière élection, qui a eu lieu mercredi soir, c’est le Pr Alain Sobel, chef du service d’immunologie clinique de l’hôpital Henri-Mondor (AP-HP, Créteil), qui est devenu président du Corevih Ile-de-France Sud. Il sera secondé par Nathalie Chantriot, secrétaire régionale Nord-Ouest/Ile-de-France de l’association Aides.

La première élection, organisée fin novembre au Corevih Ile-de-France Nord, a désigné comme président le Pr Patrick Yeni, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat (AP-HP, Paris), et comme vice-président le Dr Laurent Blum, du service de médecine interne-dermatologie-rhumatologie de l’hôpital de Pontoise.

A suivi le Corevih Ile-de-France Est, les deux postes étant respectivement confiés au Pr Willy Rozenbaum, du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP, Paris), et à Alain Bonnineau, président de la délégation départementale de Aides pour la Seine-Saint-Denis.

Au Corevih Ile-de-France centre, c’est le Pr Christine Katlama, du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris) et Emmanuel Château, co-président d’Act Up-Paris, qui ont été élus président et vice-président.

Jeudi dernier, le Pr Elisabeth Rouveix, chef du service de médecine interne de l’hôpital Ambroise-Paré (AP-HP, Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), et le Dr Anne-Marie Simonpoli, du service de médecine interne de l’hôpital Louis-Mourier (AP-HP, Colombes, Hauts-de-Seine) ont été élues au Corevih Ile-de-France Ouest.

"UNE REPONSE GLOBALE A LA MALADIE"

"C’est un superbe outil institutionnel" qui, grâce à la diversité de ses acteurs -hospitaliers, extrahospitaliers, sociaux et associatifs-, permettra d’apporter "une réponse globale à la maladie", s’est réjoui Willy Rozenbaum, dont le Corevih Ile-de-France Est constitue le plus important en termes de patients à l’échelle nationale.

Selon Christine Katlama, qui dirige le Corevih Ile-de-France centre, le seul à couvrir uniquement Paris, les Cisih "s’investissaient peu dans le domaine de la prévention et de la précarité", autant d’"activités très nouvelles" pour les Corevih.

Alain Sobel (Corevih Ile-de-France Sud) s’est quant à lui réjoui du "cadre plus rigide, plus formalisé" des Corevih par rapport aux Cisih, notamment grâce au règlement intérieur, au rapport d’activité annuel et à l’existence d’un comité national de suivi.

Subsiste toutefois chez lui la crainte "que cela ne marche pas" car il n’est "pas évident d’établir des partenariats entre médicaux et non-médicaux". Lors de la mise en place des Corevih, "les associatifs ont été très présents, les médecins un peu plus distants, peut-être par manque de temps", a-t-il regretté.

Patrick Yeni (Corevih Ile-de-France Nord) a indiqué que son Cisih "avait déjà commencé à travailler en perspective des Corevih". Par exemple, "nous avions décidé d’inviter en permanence un membre associatif" alors que cela ne constituait pas une obligation des Cisih, explique-t-il.

Certains des projets lancés par le Cisih arrivent à maturité, notamment en termes d’information médicale vis-à-vis des généralistes ou de campagnes de prévention auprès des séropositifs. "D’autres projets vont se mettre en place dans les prochains mois", a-t-il indiqué.

LA PLACE DES ASSOCIATIONS RECONNUE

"Le travail interassociatif a porté ses fruits et ce n’était pas gagné d’avance", a considéré le président de la délégation Nord-Ouest/Ile-de-France de Aides, Stéphane Calmon, impliqué dans le travail associatif sur les Corevih franciliens.

"La place des associations n’est pas contestée, elle est même reconnue", considère François Berdougo, d’Act Up-Paris et membre du comité de suivi des Corevih, qui a salué le travail de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales d’Ile-de-France (Drassif) en la matière.

Outre le fait que trois des cinq Corevih parisiens (Ile-de-France Est, centre et Sud) sont vice-présidés par des représentants d’associations, en l’occurrence Aides et Act Up-Paris, les cinq bureaux, composés de neuf personnes, comptent chacun entre deux et trois associatifs, note-t-on.

Les associations ont travaillé de concert en vue des Corevih, dressant ainsi cinq listes communes de représentants, qui ont ensuite été soumises à la Drassif, rappelle-t-on.

Entre autres associations, figurent dans les Corevih parisiens des représentants d’Aides, d’Act Up-Paris, d’Actions traitements, de Chrétiens et sida, d’Afrique avenir, de l’Union nationale des associations de lutte contre le sida (Unals) et de l’Association pour la recherche et la communication pour l’accès aux traitements (Arcat).

Au-delà des associations, nombre d’autres acteurs de la lutte française contre le sida (réseaux ville-hôpitaux, gynécologie, pédiatrie, etc...) ont été inclus aux Corevih, a observé le Dr Christine Barbier, médecin inspecteur de santé publique (Misp) en charge du dossier Corevih à la Drassif.

UN INTERCOREVIH REGIONAL EN PERSPECTIVE

Interrogée par l’APM, Christine Barbier, qui reste "à l’écoute de l’installation" des Corevih, a évoqué la possibilité de créer un Intercorevih régional entre les cinq comités. Bien que sa forme reste à déterminer, il s’agira d’"une structure légère", a souhaité la Misp.

Sa fonction serait d’une part de "susciter les échanges entre les Corevih", mais également de prendre des décisions au niveau régional, lors de discussions avec des structures telles que l’Union régionale des caisses d’assurance maladie (Urcam) ou l’Union régionale des médecins libéraux (URML).

Selon François Berdougo, cet Intercorevih pourrait aborder des sujets communs, tels que l’organisation des filières de soins, les prisons, la précarité ou la procréation médicalement assistée chez les couples sérodiscordants.

De même, les cinq rapports d’activité annuels des Corevih pourraient faire l’objet d’une synthèse régionale, a indiqué Christine Barbier.

Selon Stéphane Calmon, cet Intercorevih, qui jouerait "une fonction d’observatoire un peu plus global", s’impose, notamment afin de "pallier le découpage pas très pertinent" du territoire régional entre les cinq comités. Par exemple, le Corevih d’Ile-de-France Est (IIème, IIIème, IXème, Xème arrondissements parisiens, Seine-et-Marne, Essonne et Seine-Saint-Denis) lui apparaît "gigantissime".

Au niveau national, les modalités d’un Intercorevih restent également à mettre en place. Selon plusieurs interlocuteurs, leur réunion pourrait se produire dans le cadre du congrès annuel de la Société française de lutte contre le sida (SFLS). Une session consacrée aux Corevih s’est ainsi tenue lors de cette dernière rencontre, qui a eu lieu en octobre à Strasbourg.

La plupart des bureaux des Corevih français ont désormais été élus, note-t-on. En Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), c’est le Dr Jacques Moreau, du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Nord de Marseille (AP-HM), qui préside le Corevih Paca-Ouest/Corse. Il sera secondé par le coordinateur départemental de Aides dans les Bouches-du-Rhône, Hervé Richaud.

Le Corevih Paca-Est est quant à lui présidé par le Pr Pierre Dellamonica, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Archet 1 de Nice, a-t-on appris auprès de la Drass. Il est vice-présidé par Françoise Riedel, qui préside la délégation de Aides dans les Alpes-Maritimes.

Une fois le bureau constitué, la première étape pour tout Corevih consiste à rédiger son règlement intérieur et à définir des thèmes de travail, auxquels seront consacrés des groupes thématiques, rappelle-t-on.