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Un médecin infecté par le VIH : Trente patientes contactées pour un dépistage

16 novembre 2007 (Quotidien du Médecin)

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La Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) de l’Ardèche a contacté des patientes soignées entre 2005 et 2006 par un obstétricien aujourd’hui malade du sida. Un test de dépistage va leur être proposé.

LE CAS est rare mais impose cependant des mesures de précaution. Les services de la DDASS de l’Ardèche, informés de la séropositivité d’un soignant ayant exercé dans trois hôpitaux de la région, a contacté les patientes susceptibles d’avoir été exposées au risque de transmission du virus : « Il s’agit d’un obstétricien qui a effectué des remplacements dans les hôpitaux d’Annonay, de Privas et d’Aubenas, entre avril 2005 et août 2006 », ont indiqué les autorités. Trente patientes ont été identifiées et informées et invitées à se faire dépister. Le praticien concerné ne se savait pas séropositif. Depuis, il a cessé son activité.

Le risque de transmission du VIH au patient par un soignant lors d’un acte de soins existe mais seulement trois cas ont été identifiés et ont fait l’objet d’une publication : un cas américain et deux cas français. En 1992, aux Etats-Unis (Floride), six patients ont été contaminés par un dentiste séropositif. En France, le premier cas documenté concerne un chirurgien orthopédiste de l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye contaminé lui-même au cours de son exercice professionnel, comme l’avait révélé « le Quotidien » en 1995. Parmi les 3 000 patients identifiés comme pouvant avoir été exposés au risque, 983 ont été dépistés et un seul était séropositif. Il s’agit d’une femme, contaminée au cours d’une intervention prolongée (prothèse totale de hanche).

Le deuxième cas implique une infirmière de Noisy-le-Sec co-infectée par le VIH et le VHC et qui a contaminé une de ses patientes.

Risque très faible. Même si tous les cas ne sont pas connus, le risque demeure très faible, estimé entre 0,12 et 1,2 % au cours d’une année (500 interventions par an) et entre 0,8 et 8,1 % sur sept ans d’activité. Il concerne essentiellement les actes invasifs, tels que les interventions chirurgicales, obstétricales et dentaires.

La prévention d’un tel risque a fait l’objet d’un avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF) en juin 2005. Elle passe essentiellement par la prévention des AES (accidents d’exposition au soin) au cours des soins invasif et par leur prise en charge. Le CSHPF exclut le recours au dépistage obligatoire des soignants, qui apporterait « une fausse sécurité », suivant en cela l’avis du Conseil national du sida (décembre 2004). En revanche, il recommande fortement le dépistage volontaire du VIH chez les soignants, en particulier chez ceux amenés à effectuer des gestes à risque au cours de leur pratique. Pour les soignants infectés par le VIH et traités par ARV qui pratiquent des gestes invasifs, l’obtention d’une charge virale en dessous du seuil de détection depuis au moins trois mois est indispensable pour la poursuite de leur activité. Le recours volontaire à un passage devant une commission nationale ad hoc est recommandé. Le rôle de la commission sera de juger la possibilité du soignant à exercer son activité professionnelle, en fonction de sa virémie et de son type d’exercice, tout en assurant la confidentialité de l’avis. Le soignant ne doit être exclu systématiquement des soins sur le seul critère de sa séropositivité et les patients ne doivent pas être informés a priori de sa séropositivité.

Lydia ARCHIMEDE