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Canada | Sang contaminé

Sang contaminé au Canada : acquittement d’accusés, indignation des victimes

1er octobre 2007 (AFP)

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OTTAWA, 1 oct 2007 (AFP) - Une juge canadienne a acquitté lundi d’anciens responsables de la santé et une société pharmaceutique américaine dans une affaire de sang contaminé considérée comme le pire scandale de santé publique de l’histoire du Canada, un verdict qui a soulevé l’indignation des victimes.

Il s’agissait du premier procès au pénal concernant cette affaire qui a provoqué la contamination de plus de 20.000 personnes par l’hépatite C et d’un millier par le virus du sida à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Au moins 3.000 personnes sont décédées des suites de ces contaminations, dont 800 du sida.

La juge Mary Lou Benotto de la Cour supérieure de l’Ontario, à Toronto, a acquitté, à l’issue d’un procès de 17 mois, le Dr Roger Perrault, 70 ans, ancien responsable de la Croix-Rouge canadienne, estimant qu’il n’avait pas fait preuve de négligence criminelle.

Elle a rendu des verdicts similaires concernant deux anciens responsables canadiens de la santé ainsi que la société pharmaceutique américaine Armour Pharmaceuticals et l’un de ses responsables, le Dr Michael Rodell.

Les anciens responsables étaient accusés de négligence pour n’avoir pas empêché l’usage de produits sanguins infectés destinés à des hémophiles, et risquaient une peine maximale de dix ans de prison.

La Cour de l’Ontario ne jugeait pas de la responsabilité des accusés dans l’ensemble de l’affaire du sang contaminé, mais dans le seul cas de sept enfants hémophiles de la province de Colombie-Britannique (ouest). Ceux-ci avaient contracté le VIH après avoir été traités au Factorate, un produit de la société Armour Pharmaceuticals, destiné à aider la coagulation du sang.

Dans sa décision de 66 pages, la juge a estimé que l’examen minutieux de la conduite des quatre hommes montrait qu’ils avaient agi "de façon raisonnable, responsable et professionnelle pendant une période difficile".

"Les événements sont tragiques (...) décréter un blâme là ou il n’y en a pas, ne ferait qu’aggraver la tragédie", a-t-elle fait valoir dans ses attendus.

Des représentants des victimes ou de leurs familles n’ont pas dissimulé leur colère après la lecture du verdict. "C’est un vrai choc (...) Comment peut-elle suggérer que leurs décisions à l’époque étaient raisonnables et professionnelles ?", a lancé John Plater, de l’Association canadienne des hémophiles.

"Des gens qui ne l’étaient pas avant ont été testés positifs au VIH après avoir pris ce produit. Et ce sont ces gens qui ont laissé faire ca", a-t-il dit en précisant que trois des jeunes hémophiles étaient morts.

Me Eddie Greenspan, avocat de la défense, s’est en revanche félicité de la décision de la juge Benotto, soulignant qu’après 17 mois et des centaines de témoins, elle n’avait "pas trouvé la moindre trace de preuve" contre aucun des suspects. "Nous n’aurions pas pu rêver meilleur résultat", a-t-il dit.

Un autre procès doit avoir lieu à une date encore non précisée sur la question centrale du scandale, les médecins étant accusés de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour empêcher des personnes atteintes du virus du sida (VIH) de donner du sang et de n’avoir pas informé le public des dangers des produits sanguins

Le gouvernement canadien a annoncé l’an dernier un financement d’un milliard de dollars pour indemniser les "victimes oubliées" dans cette affaire de sang contaminé. Il s’agissait de venir en aide aux personnes qui n’avaient pas été prises en compte par un premier programme d’indemnisation.

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