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Pérou | Sang contaminé

Sang contaminé au Pérou : l’état d’urgence dans toutes les banques de sang

24 septembre 2007 (RFI)

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Après la confirmation de la contamination par le virus du sida de quatre personnes, dont un bébé, dans des hôpitaux publics, au cours des six derniers mois, les autorités péruviennes ont déclaré l’état d’urgence dans les 240 banques de sang du pays. Selon une commission officielle réunie d’urgence, le virus du sida ne pouvait être décelé parce que le donneur, qui ignorait être porteur de la maladie, se trouvait dans une période où le virus n’était pas encore détectable. Les autorités péruviennes ont lancé des appels au calme devant l’ampleur que prend cette affaire dans les médias.

Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

Agée de 44 ans, mariée, mère de 4 enfants, Judith Rivera se serait bien passée de faire la une de la presse péruvienne. Opérée dans un hôpital public de Lima d’une tumeur à l’utérus, en avril dernier, cette femme a reçu 3 poches de sang contaminé par le virus du sida.

Depuis juillet les autorités de santé ont essayé de camoufler l’affaire en échange de promesses, non tenues, de soins médicaux. Sous la pression des médias le scandale a éclaté. Hier le ministère de la Santé a reconnu que trois autres personnes ont été contaminées. Dernière en date cette semaine un bébé de 11 mois sans oublier un jeune de 17 ans dont le cas reste à prouver. Le ministre de la Santé vient de reconnaître que la situation ne peut pas continuer comme ça, et d’autant moins que la population est prise de panique et que les volontaires manquent dans les banques de sang, aujourd’hui désertes.

Officiellement le Pérou respecte les normes internationales mais en fait il y a à peine deux ans un bon quart des dons de sang ne faisait l’objet d’aucun contrôle. Alors que les procédures de toutes les banques de sang du Pérou sont actuellement révisées, une commission internationale sera rapidement nommée pour réformer tout le système des dons de sang.

Le président s’excuse pour l’infection du sida d’une mère dans un hôpital

Le président péruvien Alan Garcia a présenté samedi ses excuses à une mère péruvienne qui a été infectée par le sida lors d’une transfusion sanguine dans un hôpital public, promettant une compensention financière.

Mme Judith Rivera, 44 ans, mère de quatre enfants, a été infectée par le VIH après une transfusion sanguine durant une opération qu’elle avait subie en avril dernier dans un hôpital d’Etat à Caliao, une ville portuaire.

Il s’agit d’une erreur extrêmement grave, a fait remarquer le président lorsqu’il a rencontré la malade au Palais présidentiel.

Mme Rivera obtiendra une compensation de 96 000 dollars du ministère de la Santé, et bénéficiera d’un traitement gratuit à vie.

En outre, le président a demandé au ministère du Logement d’offrir à la victime une maison, aux frais de l’Etat.

M. Garcia a indiqué qu’il souhaitait prouver à la société que le gouvernement assume ses responsabilités face à cette erreur et cherche à y remédier.

Il a demandé aux services de santé et au personnel médical de tirer les leçons de cette tragédie, de manière à éviter toute répétition.

Ce n’est pas la première fois que des malades sont infectés dans les établissements publics. Récemment, une trentaine de patients auraient contracté l’hépatite C dans un centre de dialyse public.

Les autorités ont déclaré un état d’urgence dans tous les centres de dons du sang et y ont entamé des inspections.