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Chiffres du sida | Contamination et prévention

Le VIH/sida préoccupe les populations d’origine subsaharienne

9 juillet 2007 (Actualités sociales hebdomadaires)

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"Le VIH/sida est une préoccupation majeure pour les personnes originaires d’Afrique subsaharienne résidant en Ile-de-France", selon les premiers enseignements d’une enquête, lancée en 2005, par l’Institut national de prévoyance et d’éducation pour la santé (INPES), qui en a présenté les résultats, jeudi 28 juin, à Paris.

Plus de 70 % des 1 874 personnes âgées de 18 à 49 ans interrogées dans le cadre de ce sondage ont en effet déclaré "craindre beaucoup le VIH pour elles-mêmes, loin devant d’autres maladies comme le diabète (47,9 %) ou la tuberculose (45,3 %)", selon cette recherche sur les connaissances, attitudes, croyances et comportements de ces populations face au VIH/sida.

Elles ont aussi une perception plus aiguë du risque de transmission que les autres, 42,1 % ayant reconnu avoir déjà craint une contamination par le virus, contre 28,5 % de la population générale de métropole et 34,9 % de celles des Antilles et de la Guyane, selon le dossier de presse de l’INPES.

Concernant leurs connaissances sur le VIH/sida, les Africains d’Ile-de-France sont bien au fait des principaux modes de transmission que sont les rapports sexuels sans préservatifs, les transfusions sanguines, les échanges de seringues déjà utilisées ou la transmission de la mère à son enfant au cours de la grossesse, de l’accouchement ou de l’allaitement.

Mais certaines idées reçues persistent dans une frange de cette population, 32,8 % des personnes interrogées ayant par exemple déclaré, à tort, que le VIH pouvait être transmis par une piqûre de moustique et 24,4 % en embrassant une personne contaminée.

Il est à noter que toutes les connaissances sur le VIH/sida, sa prévention, ses traitements, etc., sont "étroitement liées au niveau d’études", souligne l’INPES.

Les moyens de protection sont, eux aussi, plutôt bien repérés, avec en tête le préservatif masculin, jugé à 87,3 % comme le moyen le plus efficace pour lutter contre le virus du sida. Mais son usage reste pourtant associé à une connotation négative de relations sexuelles avec plusieurs partenaires, pour environ 40 % des populations concernées.

Préservatif masculin et test de dépistage

Son utilisation est pourtant en constante augmentation, note l’INPES, même si elle est toujours en retrait par rapport aux populations générales et antillaises au cours du premier rapport sexuel. Mais "force est de constater que le préservatif s’impose progressivement comme la norme préventive en début de vie sexuelle", souligne toutefois l’Institut.

Relativement connu (par plus de 70 % de ce public), le préservatif féminin reste en revanche, comme dans la population générale, d’un usage très marginal, seules 11,4 % des personnes interrogées l’ayant expérimenté au moment de l’enquête.

La prévention reste d’ailleurs un problème éminemment féminin, selon cette enquête, les femmes ayant moins souvent déclaré avoir utilisé un préservatif que les hommes (34,3 % contre 56,2 %), une différence qui s’explique notamment par le fait qu’elles ont aussi déclaré moins de partenaires dans l’année. Elles sont aussi plus souvent confrontées à des refus de la part de leur partenaire, pour près de 70 % d’entre elles contre 50 % des hommes.

Près de 65 % des personnes originaires d’Afrique subsaharienne vivant en Ile-de-France ont déjà fait un test de dépistage du VIH/sida, doté d’un capital confiance élevé parmi cette population, relève l’INPES, un constat qui va à l’encontre de l’hypothèse souvent avancée qu’elles y recourraient moins souvent que les autres.

Quant aux traitements, ils sont finalement peu connus de la population visée par cette recherche, seules 56,5 % des personnes ayant répondu au questionnaire en ayant "entendu parler".

Les résultats sont plus contrastés dans le domaine de la discrimination envers les personnes contaminées, car si 88,3 % des sondés se déclarent opposés à l’idée d’interdire l’école à un enfant atteint du VIH/sida, ils ne sont plus que 61,2 % à s’opposer à leur isolement à l’hôpital, et seulement 36,8 % à assurer qu’ils laisseraient leurs enfants ou petits-enfants en compagnie d’une personne contaminée.

Au final, l’INPES préconise d’orienter les efforts d’information vers trois catégories de populations prioritaires : les personnes peu ou pas scolarisées, les femmes, pour atténuer leur "plus forte vulnérabilité" face au virus, et enfin les personnes en situation de précarité sociale et administrative (sans-papiers).