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Australie | Dépistage aux frontières

Controverse en Australie sur les immigrants porteurs du VIH

18 avril 2007 (Le Monde)

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Sydney correspondance

Le premier ministre australien, John Howard, s’est attiré les foudres des organisations de lutte contre le sida en affirmant qu’il souhaitait refuser l’entrée des immigrants porteurs du VIH. Interrogé par la radio Southern Cross broadcasting, vendredi 13 avril, John Howard a déclaré : "Ma première réaction, c’est non, a-t-il déclaré. Je crois que nous devrions avoir les conditions les plus intransigeantes possible, et je sais que le ministre de la santé est inquiet à ce sujet et examine les moyens de renforcer la loi."

Il a néanmoins concédé qu’il pourrait y avoir des exceptions pour des considérations humanitaires. Le premier ministre s’exprimait en réaction aux affirmations de la ministre de la santé du Victoria, Bronwyn Pike, qui regrettait que 70 nouveaux cas de VIH, certains chez des immigrants, aient été comptabilisés dans son Etat.

Experts et associations ont vivement condamné les propos de M. Howard. "C’est une vision très limitée, il faut prendre en compte d’autres facteurs, objecte Henrike Kornër, chercheuse au Centre national de recherche sociale sur le VIH. Si ces personnes obtiennent un traitement correct, elles peuvent vivre longtemps sans que la maladie se déclare. Elles vont donc payer des impôts ici, élever des enfants."

En Australie, tout demandeur de résidence permanente âgé de plus de 15 ans doit subir un test de dépistage. Dans des cas précis, les moins de 15 ans doivent également s’y soumettre, par exemple si leurs parents sont atteints par la maladie. Selon une étude sur les immigrants porteurs du VIH réalisée en 2005 par Mme Kornër, une grande partie des porteurs du virus découvrent leur séropositivité à cette occasion seulement. "Ils sont alors déjà recalés, dans la grande majorité des cas, par le ministère de l’immigration", déplore David Puls, juriste au Centre légal sur le VIH.

Plus que le danger supposé, c’est en fait l’impact financier qui est en jeu. Le ministère de l’immigration estime que le coût du traitement à vie d’une personne séropositive est de 240 000 dollars australiens (145 000 euros). Or la résidence permanente est refusée à toute personne nécessitant des soins à vie dépassant 21 000 dollars (13 000 euros).

Le ministère de l’immigration indique que les décisions se font au cas par cas, en fonction notamment des fonds dont disposent les immigrants pour payer leurs frais de santé. (Intérim.)